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C’est parti pour le second mandat du président Amadou Toumani Touré. La formation du gouvernement vient de mettre fin à un suspense longtemps entretenu par les opposants au pouvoir ATT. Au-delà de ceux qui ont opté d’animer l’opposition politique, au sein de la population générale, nombreux sont ceux qui avaient hâte de voir le nouveau gouvernement en place. C’est une question d’en avoir le coeur net, ou de savoir sur quel pied danser.

Comme il fallait s’y attendre, les uns étaient animés par le souci d’avoir l’opportunité de se positionner dans l’appareil de l’Etat, quant aux autres, ils prient pour que ce soit le déluge, simplement parce qu’ils ne prennent pas part à l’action gouvernementale. A ce rythme, on est en droit de les appeler des aigris, ceux là mêmes qui se croient le centre du monde.

POURQUOI BRADER L’IMAGE DU MALI ?

Ainsi, certains sont en train de brader l’image même de la patrie au profit de leurs intérêts sordides Pourquoi veulent-ils alors faire croire aux populations qu’ils aiment ce pays et ne souhaitent que le bonheur du peuple?

Cela nous renvoie à un mauvais souvenir à un moment où on disait qu’il y avait une sorte de confusion entre les différentes définitions que les uns et les autres avaient de la notion de peuple. De là, ne pourra-t-on pas affirmer que certains, faisant croire à l’opinion publique nationale qu’ils se battent pour l’approfondissement de notre processus démocratique sont en réalité en train de tenter de nous faire reculer dans notre processus.

D’ores et déjà, il parait impérieux de ne pas tellement se fier à certains propos d’opposants qui ne font que présenter une image terne de notre démocratie, de notre pays de nos concitoyens qui sont des hauts cadres du pays.

UNE PERCEPTION ERRONNEE DE L’OPPOSITION

En Afrique, fort malheureusement, on croit ferme que, animer l’opposition signifie mettre en cause tout ce qui se passe, se fait par les pouvoirs publics, y compris dans le sens de l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations, toutes sensibilités confondues. Mettre le baton dans les roues en quelque sorte.

Le fait d’être exclus de la gestion du pouvoir par les plus hautes autorités du pays en dit long sur leur anxiété, leur inquiétude et parfois leur ingérance, voire leur méchanceté généralement gatuite. IIs considèrent à tort que c’est cela leur devoir.

Avec le second mandat du président Amadou Toumani Touré, il importe que l’opposition, si nécessaire, soit-elle, se soucie en particulier de l’intérêt de l’ensemble de la population. Autant on dit que le pouvoir est appelé à avoir des difficultés, autant l’opposition elle n’aura pas la tâche facile. Ses animateurs, à n’en pas douter, seront entre le four et le moulin, à la recherche d’informations susceptibles de les aider dans leur combat quotidien.

QUELLE CREDIBILITE POUR L’OPPOSITION?

Du coup, il se pose la problématique de la crédibilité même d l’opposition politique au Mali, notamment dans le contexte actuel. Dans l’ensemble, tous sont contents de la reprise de l’opposition politique, espérant que cela pourra élargir la marge de manoeuvre tant de l’opposition, du pouvoir quede la popultion elle même. Les débats contradictpoires sont, en effet vitaux pour le processus démocratique.

Dans tous les cas, même pendant le premier mandat du président Amadou Toumani Touré, nul ne peut affirmer qu’il n’y a pas eu de débat politique. Au contraire, il y a eu beaucoup d’animations à l’Assemblée Nationale et certains débats avaient franchi le seuil du raisonnnable, voire de la morale sociale. Le débat politique, envers et contre tout, va refaire surface.

ON SAIT QUI EST QUI

Nous devons avoir comme souci leur sérénité dans l’intérêt des différentes forces qui se sont données les mains pour louer le rôle de contre-pouvoir. Comme l’avait en son temps après les élections présidentielles M. Tiémoko Sangaré, présentement ministre de l’Agriculture:”Il faut qu’on fasse attention car, on sait qui est qui, qui a fait quoi”.

Cette phrase, en son temps, n’est pas tombée dans l’oreille de sourds. Ceux à qui elle s’adressait avaient en son temps mesuré toute la portée de ces propos.

Quelques mois après ce que l’on pourrait ainsi appeler des confrontations, la voie est libre pour un exercice des droits et libertés démocratiques, mais qui s’exercent dans des conditions déterminées par la loi en vigueur en République du Mali.

Espérons simplement que les uns et les autres aient bien compris cela, tiré les leçons d’un passé récent et ce dans l’intérêt de tous.

Moussa SOW

09 octobre 2007.