Partager

Depuis le 8 septembre dernier, le Président de la République, Amadou Toumani Touré qui a entamé son sec­ond et dernier mandat a bouclé ses cent premiers jours. Un anniversaire qui est passé inaperçu et qui sous d’autres cieux, allait être fêté et analysé comme l’exige d’ailleurs la tradition républicaine. Les thuriféraires du pouvoir ATT ont-ils oublié de fêter avec faste l’événement en égrenant encore une fois de plus devant les maliens les réalisations faites par leur mentor ou se sont-ils par pudeur abstenus à cause de la sit­uation calamiteuse et alarmante qui prévaut actuellement au Mali.

Ces cent premiers jours du second mandat du Président ATT n’ont pas en effet répondu aux attentes des maliens. En lieu et place des promess­es fallacieuses et pop­ulistes tenues et des changements promis, le Malien lambda n’a connu que regret, désolation et compassion.

Aux dires du doyen Seydou Badian Kouyaté, une référence intel­lectuelle et morale au Mali, l’état de la nation est catastrophique, la situa­tion très critique. C’est pendant les cent pre­miers jours de ce second mandat que l’affaire du Nord s’est emballée faute de traitement adéquat.

C’est à la même période qu’on a assisté mal­heureusement à des assauts répétés contre la liberté de la presse. Certains zélateurs du régime sont allés jusqu’à orchestrer l’embastillement de cinq journalistes dont quatre directeurs de publication. Du jamais vu au Mali. La justice mali­enne qui s’est laissée instrumentaliser dans la dite affaire a désormais perdu toute crédibilité aux yeux des justiciables maliens.

Ces atteintes à la liberté d’expression et de presse qui ont été unanimement condamnées par la com­munauté nationale et internationale sont sans aucun doute des points noirs de la mandature d’ATT.

L’emprisonnement des élèves et des étudiants de la Faculté des Sciences Juridiques et Economiques et la viola­tion de l’espace scolaire à travers surtout la con­damnation d’un enseignant à une peine de prison pour avoir simple­ment donné un sujet de réflexion à ses élèves ne font que compléter la peinture de ce tableau sin­istre des cent premiers jours du second mandat du Président ATT.

La trêve sociale signée depuis le régime de son illustre prédécesseur et qui a per­mis de booster le développement économique du Mali a finalement été rompue à cause du dilatoire des autorités actuelles.

C’est ainsi qu’on a assisté suc­cessivement à la grève générale de l’UNTM, réputée pourtant être proche du pouvoir et surtout de la paralysie des structures sanitaires du Mali suite au mot d’ordre de grève lancé par les agents de la santé en guise de soutien à deux de leurs collègues emprisonnés dans l’affaire Me Aida Niaré.

C’est durant ces cent pre­miers jours aussi qu’on constate l’incapacité notoire des autorités actuelles à contrôler la montée vertigineuse des prix des denrées de pre­mière nécessité. Leur incapacité à organiser aussi la rentrée scolaire parce qu’à terme échu les engagements envers les enseignants n’ont pas été tenus.

Mais le plus révoltant et surtout le plus incom­préhensible, c’est le fait que depuis trois mois il n’y a pas de gouverne­ment. En effet, mêmes les ministres de la République en fonction ont fini de faire leurs car­tons et sont prêts à partir.

On pourrait ajouter enfin l’organisation d’élections législatives considérée comme calamiteuse et sur laquelle d’ailleurs le prési­dent de la Cour Constitutionnelle, Salif Kanouté a eu un jugement extrêmement sévère.

Birama Fall

19 septembre 2007.