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La classe politique nationale s’apprête à vivre une nouvelle expérience qui exclut toute idée de consensus politique. De là, on pourrait d’emblée dire que les acteurs politiques sont en train de se ressaisir par rapport à l’une de leurs grandes faiblesses, l’inconstance. Elle n’est pas un fait du hasard; il y a des motivations résidant dans les intérêts individuels et de groupes. Pendant quelques années, les acteurs politiques ont vécu dans une sorte de monotonie qui ne disait pas son nom.

L’appât du gain facile aidant, nous avons continué avec l’expérience d’un partage de gâteau au cours duquel personne n’a voulu rester en marge. Cette prédisposition en soi marque déjà le fondement du consensus politique que nous avons vécu pendant le premier mandat du président Amadou Toumani Touré qui vient de prendre fin.

LE CONSENSUS DEJA EVALUE

Cette expérience valait la peine d’être vécue, étant donné qu’elle a permis aux uns et aux autres de se faire une idée de ce que vaut le consensus politique en tant que expérience politique. Mais, on aura compris que les actions menées sous le premier mandat d’ATT ont porté leurs fruits et seraient beaucoup plus probantes avec une adhésion plus généralisée, plus profonde des parties prenantes.

Jusqu’à preuve du contraire, nul ne peut affirmer que la gestion consensuelle des affaires publiques fut une catastrophe et parvienne à apporter des arguments solides à ces affirmations. Ainsi, il ressort que le consensus politique, à la manière des autres méthodes de gestion des affaires publiques, a ses hauts et ses bas.

L’INCONSTANCE

Mais nous ne pouvons pas affirmer que ce fut le cas pendant le premier mandat d’ATT. En témoignent les protestations, critiques, voire acharnements qui se sont poursuivis à la veille des élections générales de 2007. Dès lors, la situation politique a commencé à présenter plus de lisibilité pour les observateurs avertis de la scène politique. Cependant, force est de constater que les différents partis n’ont pu être conséquents à la veille, au cours et après les élections générales de 2007.

C’est pourquoi au sein de l’opinion publique nationale, on a toujours du mal à comprendre la plupart des acteurs politiques. Les dés sont en tout cas jetés et il appartiendra à chacun, à partir de son expertise, de son intelligence et de sa capacité de mobilisation, de faire en sorte de tirer le maximum de profits de la situation qui se présente aujourd’hui.

LES INDECIS

Cela augure du fait que la situation ne sera pas facile dans un environnement politique où les partis, pour la plupart, sont assis sur deux sièges à la fois. Ainsi, il y a ceux qui sont de la mouvance présidentielle et qui sont en train de se positionner pour les élections présidentielles de 2012.

A ceux-là s’ajoutent ceux qui appartiennent à l’opposition est qui semblent vouloir persévérer dans cette voie, espérant qu’ils tireraient au bout du compte leur épingle du jeu politique. Malgré cette ambition qu’ils manifestent, ils demeurent indécis par rapport à l’option à prendre pour le futur.

Même s’ils avaient l’opportunité de participer à la gestion des affaires publiques, il n’est pas évident qu’ils se monteront suffisamment efficaces, dynamiques, puisqu’ils ont un oeil sur le présent et l’autre braqué sur l’avenir, les perspectives politiques.

Certains acteurs politiques voudraient bien faire double jeu. Mais ils ont été surpris par la tournure des événements. Le RPM est le premier représentant, pour ne pas dire le chef de file de ces partis. Généralement, on pense d’eux qu’ils soufflent le chaud et le froid.

Dans tout cela, il va de soi que la situation politique sera plus ou moins tendue au cours de ce second mandat. Et cela est de bonne guerre.

LES REGLES DU JEU MIEUX DEFINIES

Par ailleurs, avec la naissance de l’opposition, constituée surtout du Parena et du parti Sadi, les règles du jeu politique sont mieux définies.

A chacun dont de jouer efficacement le rôle qui est le sien pour faire avancer notre processus démocratique à hauteur d’attentes.

Mais, on constate que certains acteurs politiques ne sont pas suffisamment outillés, matures et psychologiquement préparés à animer l’opposition politique. Cependant, ils ont l’obligation de travailler à mieux s’adapter au contexte politique actuel, toutefois s’ils ambitionnent de conquérir le pouvoir à partir de 2012, date de la fin du mandat d’ATT.

Nous sommes à une étape de notre processus démocratique où les acteurs politiques doivent s’efforcer à éviter au maximum de chercher des boucs émissaires. Il faut qu’ils s’assument et s’investissent surtout sur le terrain afin de convaincre davantage de citoyens à rallier leur rang.

C’est à cette seule condition qu’ils pourront espérer remporter des victoires aux différentes élections.

Moussa SOW

02 octobre 2007.