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La mairie de la commune IV a mis le couteau dans la plaie de la population de Sébénikoro (Kariabougou) en vendant leur seul lieu public. Déterminée à ne pas perdre leur terrain de jeu, la population de Sébénikoro (Kariabougou) s’est mobilisée dimanche pour manifester sa colère et barrer la route aux spéculateurs fonciers.

Les agents de la mairie de la commune IV ont été vu le samedi 16 février en train de morceler le seul terrain de football de Kariabougou, un quartier de Sébénikoro, qui sert également à la population de lieu de grandes manifestations populaires, de cérémonies sociales (funérailles et mariage), de prière pendant les fêtes de fin de Ramadan et de Tabaski. Ceci a motivé la rencontre des femmes, vieux et jeunes de Kariabougou le week-end dernier sur l’espace litigieux.

« La mairie a vendu toutes les parcelles de notre secteur. Il ne reste qu’un seul grand espace qui nous sert de lieu de réjouissance à l’occasion des grandes cérémonies. La mairie avait décidé de morceler trois lots dans l’espace. Etant donné qu’en soustrayant ces trois lots de la parcelle, il n’en restera pas grand-chose, nous nous y sommes opposés. Nous étions même prêts à payer ces trois lots si la mairie nous avait donné l’occasion », a expliqué Tamba Camara, le président de la commission de la mosquée de Kariabougou.

M. Camara a ajouté que « nos autorités communales nous avaient promis de laisser l’espace entier à notre possession. A notre grande surprise, nous avons aperçu, samedi dernier, une équipe de la mairie en train de le morceler. L’équipe a affirmé que le terrain a été vendu. Ils ont non seulement vendu trois lots, mais aussi tout le reste de l’espace. C’est cette raison qui nous a conduit à nous réunir afin de trouver instantanément une solution ».

A l’issue de la réunion, une commission composée du chef de quartier de Sébénikoro, du chef de secteur et du représentant des jeunes de Kariabougou, a été mise sur pied pour démarcher le maire de la commune IV. En attendant, les jeunes de Kariabougou pensent que la seule solution pour ne pas perdre leur terrain de football est la violence.

Selon Seydou Kéita, le président des jeunes de Kariabougou, « nous avons utilisé tous les chemins de négociation en vain. La bonne solution est de taper fort maintenant. Nous sommes désormais prêts à démolir toute construction qui sera réalisée sur notre terrain », a-t-il affirmé. Nos démarches auprès des autorités municipales pour avoir leurs versions des faits ont été vaines.

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

19 février 2008.