Partager


Dans la nuit du vendredi 22 au samedi, des éléments de la police du 9 e arrondissement ont lancé des gaz lacrymogènes sur la mosquée et le domicile du président de la commission de la mosquée faisant des blessés. Le muezzin de ladite mosquée a été interpellé.

Le jet de gaz lacrymogène est consécutif à l’opposition des habitants de Sébenicoro Kairabougo aux travaux de morcellement entrepris par les autorités municipales de la Commune IV le 16 février dernier de l’unique espace public situé derrière le commissariat du 9 e arrondissement. Déterminés à préserver la zone qui leur a été réservée comme espace vert, des jeunes de Kairabougou se sont attaqués le jeudi 21 février à la dizaine de chargements de sables, graviers et moellons déposés par un « prétendu propriétaire » de la parcelle litigieuse.

L’argument développé par les jeunes est que l’espace public a été indûment vendu par la mairie de la Commune IV alors qu’il est réservé pour servir de terrain de football, de lieu de manifestation publique et de prières collective. Le Vendredi, 22 février, à l’heure de la prière du crépuscule, a affirmé un résident du quartier, des porteurs d’uniforme ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des fidèles musulmans qui s’étaient regroupés pour la prière.

« Nous ne savions pas les motifs réels de cette intervention des forces de l’ordre », nous a confié sous l’anonymat une victime. Au même moment, nous a-t-il révélé, le domicile du président de la commission de la mosquée a connu le même sort que celui de la mosquée. La conséquence de cette descente policière s’est soldée, aux dires de notre interlocuteur, par 2 blessés légers dont les frais de traitement ont été pris en charge par la population.

Selon nos sources, le muezzin de la mosquée, un certain Bagayoko avait été interpellé par le commissariat du 9 e arrondissement, le vendredi aux environs de 16 heures. Les jeunes choqués par cette arrestation ont failli organiser une expédition punitive sur le commissariat. Ils en ont été dissuadés par des sages qui croient jusqu’ici à une solution négociée.

Dans la dernière correspondance du maire, adressée au président de l’Association des populations de Sébénicoro récasement, Kairabougou, Sibiribougou, Kalambanbougou, le maire Issa Guindo a fait savoir que par décision N 1387/GDB-CAB du 19 novembre 2007 l’îlot JH du lotissement de la zone N°1 du recasement de Sébenicoro a été changé pour servir d’Unité de transformation pour les besoins de Madame Diallo Oumou Sissoko. Le maire explique dans sa lettre, que la décision municipale fait suite à l’arrêté N° 063/GDB-CAB du 1 er novembre 2007 du gouverneur du district de Bamako qui a changé la vocation de l’îlot JH initialement prévu comme place publique.

Devant la gravité de l’affaire et décidé à se faire entendre, la population s’est réunie le dimanche 24 février à l’école de la « Fraternité » pour commenter la réponse à la lettre qu’ils ont envoyée au maire et dans laquelle est faite une demande d’agrandissement de l’espace public, mais également les mesures à prendre pour la suite de l’affaire.

« Ils vont devoir nous tuer tous avant de s’emparer de l’espace » , ont affirmé des résidents très remontés contre l’attitude des autorités qui à leurs dires sont à la solde des spéculateurs fonciers. « Nous pensons que le quartier appartient d’abord à la population qui doit décider de son avenir. Mais nous n’allons pas nous laisser faire », ont vigoureusement protesté certains qui ont promis de se faire entendre très prochainement.

Amadou Sidibé

26 février 2008.