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Il y a un an jour pour jour, commençait la bataille de Konna qu’après un bref espoir de victoire, notre armée a perdue. Une défaite, elle aussi provisoire. Car dans une promptitude rare dans l’Histoire moderne, François Holande, engageant la vie des soldats français, vola au secours de notre nation humiliée.

Que nous était-il arrivé de si brusque et de si radical pour que la vitrine que nous étions se lézardât ainsi ? On est tenté de croire Laurent Bigot quand il disait que le 11 janvier 2012 avec l’attaque de Menaka et les mois horribles qui ont suivi, c’était la façade qui s’est effondrée et que l’Etat lui-même avait foutu le camp depuis plus longtemps. Nous nous devons de tirer les leçons des hontes répétées. Nous devons le faire non contre X ou Y mais pour que plus jamais nous ne donnions à la risée du monde un pays auquel chacun d’entre nous doit quelque chose. Las ! Les nations ont la mémoire courte et jamais le sauveur d’une nation ne reste longtemps en grâce.

Les Français ont chassé les Américains après 1945. Et nous avons-nous nos problèmes avec la France après notre libération. A propos de Kidal où Hollande accueilli dans une hystérie sans pareil à Tombouctou le 2 février dernier est suspecté de vouloir préparer la partition du pays qu’il a libéré. Et où pour bien des Maliens, le Mnla, un des principaux sinistrés de la guerre du Nord -qui lui est imputé- passe pour être le bénéficiaire du butin de la campagne malienne. Alors que pour l’Algérie et le Niger, pays stratégiques s’il en est, il est hors de question d’avoir un Etat touareg à leurs portes ?

Paris n’est même plus au dessus de cet hérésie, à en croire de grands responsables politiques maliens. Konna, un an après, vient rappeler la nécessité de remettre la balle à terre, de vérifier toutes les prémisses, avant d’en tirer des conclusions. Dans la même veine, Paris a aussi un devoir : c’est de ne pas laisser une petite poignée d’aventuriers déchirer la belle page de fraternité écrite avec le sang de Damien Boiteux et des autres tombés sur le front du Sahel. Celui du seul Général Hollande et simplement pour qu’ici plus personne ne soit violé, amputé ou flagellé.

Adam Thiam

Le Républicain du 10 Janvier 2014