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Contre vents et marées, les élections générales de 2012 se tiendront à date constitutionnelle échue. C’est ce qu’on relève des propos du président de la République, Amadou Toumani Touré, lors une interview accordée à Radio France Internationale (Rfi).

«Nous mettrons tout en œuvre pour que les conditions soient réunies et qu’au plus tard, le 10 juin, nous ayons un président de la République librement et démocratiquement élu». Le premier tour de l’élection présidentielle est prévu pour le 29 avril prochain et la brusque recrudescence de la tension dans le nord du pays a changé tous les regards sur cette échéance.

Comme un aveu d’impuissance face à la rébellion armée et pour preuve d’innocence d’une volonté de s’éterniser au pouvoir, idée que des citoyens lui prêtent, le président de la République confesse : «Ce problème ne finira pas demain. Par conséquent, je ne crois pas que cela soit censé de penser que la meilleure manière de rester, c’est de faire la guerre». Avant d’ajouter : «Je m’en irai et je souhaite, de tout mon cœur, que le Mali ait un président démocratiquement élu. Ce sera une victoire de la démocratie, bien plus importante que celle de la guerre».

Par ailleurs, le président reste clair face à ses adversaires notamment ceux qui expriment le vœu d’un report des élections. «Le plus mauvais service que l’on puisse rendre à notre pays, c’est de ne pas les organiser» a-t-il dit affirmant que cette décision ne violera nullement la constitution malienne. «Quoi qu’il arrive sur le terrain, la mission fondamentale des forces armées est d’organiser des élections libres et transparentes» a expliqué le président de la République. Selon lui, le Mali n’a jamais été laxiste avec le groupe terroriste d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) qui «vient de tuer 70 jeunes maliens». Il s’agit notamment des meurtres qui ont récemment eu lieu à Aguel Hok.

En affirmant les efforts du Mali dans le combat de cette organisation, le président de la République souligne par ailleurs, la complexité de la tâche. Selon lui, Aqmi est une organisation «internationale et interrégionale» dont le combat requiert un engagement conjoint des pays de la bande saharo-sahélienne. «Pour combattre Aqmi, un seul pays n’a pas les moyens suffisants… Nous devons planifier et dégager des textes juridiques avec les pays de la région et occuper, avec nos armées, toute cette zone» a-t-il expliqué.

La zone reste également un espace de prédilection des trafics illicites notamment de drogue. Selon le président ATT, des complicités se seraient érigées entre ces trafiquants et le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad), mouvement engagé dans une guerre de sécession contre l’armée nationale depuis le 17 janvier dernier.

Seydou Coulibaly

Le 24 Février 2012

© AFRIBONE