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Trois mois après la grande mobilisation du peuple malien pour élire le Président de la République, les électeurs ont décidé de bouder les urnes pour l’élection des députés. L’affluence était relativement faible dans les bureaux de vote de Bamako, dimanche 24 novembre 2013. Cette ambiance morose des électeurs, qui reflète les réalités de la campagne législative, provoque déjà un sentiment d’inquiétude pour les futures municipales.

Après avoir constaté la morosité de la campagne pour les législatives, l’on comprend aisément les raisons de la faible affluence des électeurs devant les bureaux de vote. Il convient de souligner que la campagne législative n’a pas connu d’engouement et de ferveur. Comme résultat, les électeurs ont décidé de bouder les urnes pour l’élection des députés. L’indifférence de la population n’est plus à démontrer. En tout cas, plusieurs témoignages expliquent cette froideur des électeurs.

Entre déception et inquiétude

Face aux comportements des hommes politiques, on peut craindre une nouvelle montée de l’abstention des électeurs. Pourquoi cette législative a été boudée par beaucoup d’électeurs? Un sentiment d’impuissance et d’incompétence des députés, explique Adama Traoré, gérant de station service. «En vérité, en quoi ces élections peuvent nous être utiles ? Puisque tous ceux que nous avions élus dans le passé ont fini par tourner le dos à nos préoccupations. En tout cas, ça sera les mêmes scénarios et les mêmes comportements. Les hommes politiques maliens resteront à jamais déconnectés de la vie quotidienne de la population», déplore-t-il.

A noter que l’abstention ne se résume pas seulement à une perte d’appétit politique. Car, il y a aussi une abstention militante. Pendant la période de campagne, les candidats engagés dans la course ont avancé plusieurs types d’arguments pour être convaincants, mais le jour du scrutin, le désintéressement des militants à travers presque tout le territoire national laissait à désirer.

Au centre de Sogoninko groupe I, le candidat de la liste Fare/Yèlèma, Seydou Amadou Touré, après avoir constaté les réalités du centre, déplore l’affluence qui, selon lui, n’est pas au rendez-vous. Et d’ajouter que «c’est un problème de sensibilisation et d’éducation des populations. En réalité, le problème se pose au niveau des partis politiques qui n’ont pas joué pleinement leur rôle par rapport à la sensibilisation de leur militant afin de les préparer pour le vote. Le gouvernement fait des efforts en allouant des allocations aux partis politiques dans le but de former et d’éduquer les militants et sympathisants». Les voies qui mènent à l’abstention sont multiples.

Pour Sidiki Goïta, mécanicien-conducteur de bulldozer, certains actes posés par le Président de la République IBK témoignent son abstention. «Je ne vote plus. Car on pensait qu’avec l’arrivée d’IBK, le problème allait être résolu. Le Mnla est toujours armé à Kidal». En outre, une enseignante que nous avons rencontrée au centre de vote de l’école du Progrès en commune VI, partage, sous le sceau de l’anonymat, le même avis que Sidiki Goïta. Selon elle, le manque d’engouement s’explique d’une part par le fait que les électeurs dénoncent les alliances contre-nature entre les formations politiques dans les différentes circonscriptions électorales.

es alliances, selon elle, sont la continuité du système politique dénoncé et va à l’encontre du changement souhaité par le peuple. Aussi, elle rajoute que «le peuple malien, qui inspirait à un changement, a été déçu des premières décisions du Président de la République. Ces décisions portent essentiellement sur la libération des criminelles du Mnla et autres terroristes. Mieux, le Président de la République va jusqu’à dire qu’il est prêt à libérer d’autres si c’est le prix à payer pour que les Maliens puissent avoir la paix».

Du côté des pouvoirs publics, la promesse de mobiliser «tous les moyens nécessaires» pour en assurer la réussite a été au rendez-vous. Pourtant, le jour des élections, on ne se bouscule pas devant les bureaux de vote.
Le ministre de l’Administration territoriale, Moussa Sinko Coulibaly, après avoir rempli son devoir de citoyen à Sogoninko groupe 2, bureau 4, reste optimiste pour la circonstance. Toutefois, il précise que le manque d’affluence est un peu général.Et d’ajouter: «La situation peut changer. Nous espérons que avant la fin de la journée, nous auront un bon taux de participation».

Ibrahim M.GUEYE


Circonscription électorale de la Commune V : Les électeurs boudent les urnes

Contrairement au scrutin présidentiel, qui a enregistré un taux de participation record depuis l’instauration du multipartisme intégral au Mali, les élections législatives n’ont pas répondu aux attentes. Au centre Sacré Chœur, situé à Bacodjicoroni ACI en Commune V, l’affluence, à 10h, était morose. Quelques rares votants. Parmi eux, beaucoup de proches des différents prétendants au palais de Bagadadji. Idem pour les centres de vote de Daoudabougou, Torokorobougou, Badalabougou, Kalabancoura et Kalabancoro.

Au centre Sacré Chœur, selon I. Diakité, président du bureau de vote n0 11, sur 400 inscrits, le taux de participation ne dépassait guère les 8%. On enregistre seulement 32 votants aux environs de 10h. Le coordinateur du centre, M. Danioko, n’a pas caché sa satisfaction quand à l’organisation du scrutin : «tous mes agents électoraux étaient là avant 8h, ainsi que tout le matériel pour le bon déroulement du vote. La présence des forces de sécurité était visible», s’est- il réjoui.

Au niveau de Daoudabougou I, le coordinateur, Niankouté Coulibaly, a indiqué qu’il y a 9016 inscrits au niveau de son centre où à 8h déjà, les agents électoraux, les mandataires et les forces de sécurité étaient sur place. Même constat à Kalabancoura où le coordinateur, Douga Sissoko, signale l’existence de 75 bureaux de vote, 499 électeurs par bureau.

A Badalabougou, le coordinateur, Abdoulaye Traoré, était heureux, car l’organisation est, dit-il, à hauteur de souhait. Tous les agents électoraux, les mandataires et les forces de sécurité sont venus avant 8h. Dans ce centre, sont inscrits 132 000 électeurs repartis dans 33 bureaux de vote. Les quelques problèmes constatés çà et là c’est surtout le manque de fiche. Un personnage a marqué le centre par sa présence. Il s’agit de l’ancien Premier ministre, Soumana Sako.

Au nombre des facteurs qui expliquent la faible affluence qui a été constatée ce dimanche, on retient la déception face au problème du nord, les candidatures contre-nature, mais surtout la méconnaissance de l’enjeu du scrutin. A en croire le 3ème adjoint du maire de la Commune V, Amadou Ouattara, membre du Bureau national du parti du tisserand, le manque d’affluence se passe de tout commentaire.

Il est lié au problème du septentrion, notamment Kidal qui semble échapper au pouvoir central. Aussi, le Malien lambda ne sait pas que le sort du Président est lié à l’Assemblée nationale. Sans majorité, il n’a pas les coudées franches. Et en fin, indique-t-il, la majorité des votants qui sont les femmes ont d’autres chats à fouetter le dimanche qui est une journée dominicale.

Badou S.KOBA


Législatives en commune II ET III : Les électeurs ont manqué le rendez-vous

Dans le cadre du déroulement des élections législatives, nous avons sillonné plusieurs centres de vote dans les communes II et III du District. Même s’il n’y a pas d’incidents majeurs signalés, on a enregistré la faible mobilisation des électeurs.

Ce dimanche 24 novembre 2013, ils étaient plus de 6 millions de potentiels électeurs sur toute l’étendue du territoire national, appelés à élire leurs représentants à l’Assemblée nationale. Mais en communes II et III du district de Bamako, ils ont boudé les urnes.

En commune III :

Les quelques 82.000 inscrits de la commune étaient vivement recherchés par les 18 candidats. Mais au passage de notre équipe de reportage, ils ne répondaient pas au rendez-vous.

Au centre de vote de l’Ecole fondamentale de Bolibana, composé de 9 bureaux de vote, les opérations ont commencé dans un désordre total. Pendant que le vote avait commencé dans certains bureaux à 8 heures, les délégués de plusieurs candidats cherchaient à rejoindre les bureaux aux environs de 9 heures. Selon lesdits délégués, ce désordre a été créé par le coordinateur, Mahamane Traoré, qui les aurait empêchés d’être dans la salle afin, dit-il, de frauder en faveur d’un candidat.

Faux, rétorque le coordinateur Traoré. Toutes les conditions ont été réunies pour le déroulement d’un scrutin crédible. Seulement, expliquait-t-il, conformément à la loi, les 4 assesseurs et le président étant présents dans les bureaux, le retard ou l’absence des délégués ne pouvait constituer un handicap pour le démarrage du vote. «Le seul problème que j’ai constaté était l’absence de deux présidents de bureaux qui ont été remplacés par les doyens des assesseurs comme le prévoient les textes», a-t-il dit.

Dans le bureau n°1 du même centre, le président Yacouba Doucouré a indiqué que les bureaux ont été ouverts à l’heure indiquée.

Les 12 bureaux de vote du centre ABC de Badialan II attendaient désespérément les électeurs. «Malgré l’ouverture des bureaux à 8 heures, l’affluence est morose», se plaint le coordinateur, Moussa Keïta.
Quant au président du bureau n°2 dudit centre, Check Mohamed Keïta, il ajoutera qu’il n’y a pas de comparaison possible entre l’affluence autour de ces élections et celle que nous avons sentie lors de la présidentielle. Faut-il le souligner, dans les bureaux, on enregistrait l’absence notoire des délégués de plusieurs candidats.

Au centre de Ouolofobougou-Bolibana, où il y a 14 bureaux, son coordinateur, Boubacar Diarra, a martelé que les matériels électoraux ont été disponibles à temps, permettant le bon déroulement des opérations. Cependant, il a déploré la timidité de l’affluence.

Au bureau n° 12, le président Ibrahim Kansaye s’est dit satisfait du déroulement du vote sur le plan de l’organisation matérielle. A 12 heures, son bureau n’avait enregistré qu’une centaine de votants sur plus de 400 inscrits.

Dans le bureau n° 02, le président Sidi Zouboye a soulevé l’arrivée au compte-gouttes des 470 électeurs attendus.

En commune II

Dans cette commune, les 108.668 inscrits n’étaient pas visibles dans les centres de vote.

Au centre Mamadou Diarra de Médine, le coordinateur Samba Fomba a fait savoir que les opérations se déroulent normalement dans les 33 bureaux de son centre. «A part les petits problèmes d’isoloirs signalés dans 4 bureaux qui a causé un léger retard de 15 minutes, aucune difficulté pouvant empêcher le scrutin n’a été décelée», a-t-il précisé. Là aussi, aux environs de treize heures moins le quart, il regrettait la faible mobilisation de la population.

Selon Modibo Traoré du bureau n°11, le vote a commencé à 8 heures. Mais aux environs de 13 heures, sur 492 inscrits, on enregistrait que 51 votes.
Au bureau n°32, le président Modibo Diabaté n’a pas signalé d’incident. Toutefois, il déplorait aussi la morosité de la mobilisation des électeurs. Car sur 492 inscrits, à 13h, son bureau était à 52 votants.

Au centre de Missira, il y avait un silence de cimetière. Dans les 25 bureaux, certains assesseurs étaient entrain de dormir faute de client, pardon d’électeurs. Au bureau n°11, le président Yanaodiou Doumbo et son équipe étaient dans toutes les conditions requises. Mais, les électeurs se faisaient encore attendre. A 13 heures passées, sur 499 inscrits, seulement 70 avaient voté.

Oumar KONATE

Le Prétoire du 25 Novembre 2013


Législatives en Communes III et IV : L’engouement n’était pas à l’ordre du jour

Les élections législatives 2013, à la grande différence des élections présidentielles, ont été marquées dans l’ensemble par une meilleure préparation. Cet état de fait s’est traduit sur le terrain par une meilleure organisation. Malheureusement, l’engouement qui avait marqué la présidentielle n’était pas à l’ordre du jour en Communes III et IV.

Au centre Hamdalaye marché, qui, fort de ses 59 bureaux de vote, passe pour l’un des plus grands centres de notre capitale, les forces de sécurité et les éléments de la protection civile étaient les premiers à se déployer sur les lieux. Ensuite, le Président du centre de vote et les délégués de la CENI sont arrivés sur les lieux, aux environs de 6 heures 30 minutes.

Suivis peu après par les accesseurs, les délégués des partis politiques et les observateurs nationaux et internationaux. C’est à huit heures précises que le vote a démarré, mais très timidement, puisque les électeurs arrivaient au compte-goutte.

Au centre ABC du Badiallan II, le démarrage s’est fait dans un ordre parfait, mais, côté affluence, c’est la même morosité qui prévalait. Cependant, ce début de matinée fut marqué par le vote d’Abdel Kader Sidibé, l’un des candidats. Celui-ci, au sortir du bureau de vote, a déclaré: «on est en début de journée, les femmes, qui constituent le gros des électeurs, font tout d’abord le marché, et ce n’est qu’aux environs de 14 heures qu’il y aura de l’affluence».

Par rapport à la ferveur qui avait marqué les élections présidentielles, il dira: «l’enjeu de l’élection présidentielle était très important, après les grands bouleversements que notre pays a connus, chaque Malien était pressé de se prononcer à travers son vote». Pour conclure, Kader Sidibé s’est dit confiant, avant d’ajouter qu’on ne s’engage pas dans une élection si l’on n’est pas sûr de gagner.

A l’école fondamentale de Bolibana, le Président du centre de vote, Traoré Mahamane dit Mamou, a déclaré que les opérations de vote avaient débuté normalement. Aux environs de 6 heures 40 minutes, le personnel, ainsi que tout le matériel, étaient sur place. Les assesseurs ont fait le constat de l’absence de deux Présidents de bureaux. Ces derniers, a-t-il affirmé, ont été remplacés par les deux doyens parmi les accesseurs. Seul problème soulevé, les nombreux transferts et les personnes qui ont des cartes NINA mais dont les noms ne figurent pas sur les listes des bureaux de vote.

C’est ici qu’Adama Sangaré, un autre candidat à la députation, a voté. A sa sortie, il s’est déclaré très content d’accomplir son devoir civique avant de rendre grâce à Dieu. «Ce que je vois dans cette cour, les hommes et les femmes prêts à voter de façon régulière, augure de bonnes choses. Nous prions Dieu que cette journée se termine dans le calme».

En Commune IV, c’est la même morosité qui prévalait au démarrage des opérations de vote, en dépit de la bonne organisation. Au Lycée Mamadou Sarr, jusqu’aux coups de 10 heures, les électeurs arrivaient au compte-goutte. Cette même situation prévalait à l’école publique de Sebenincoro où un Président de bureau, Boubacar Maïga, nous a confié que, sans IBK et Moussa Mara en lice, les électeurs en Commune IV ne se bousculent pas pour aller voter. La mobilisation en tant que telle, selon lui, dépend de la tête du candidat.

Pierre Fo’o Medjo

Le 22 Septembre du 25 Novembre 2013