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Dans quelques jours, la Cour Constitutionnelle va devoir se prononcer sur la régularité de la parodie d’élections qui s’est tenue, chez nous, le 29 avril 2007.

Saura t-elle se hisser à hauteur de mission ? C’est toute la question qui se pose désormais à son pro­pos, elle vers qui tous les regards des démocrates se tournent depuis la procla­mation scandaleuse des résultats provisoires par le Ministère de l’Administration Territoriale.

Rendre justice et rendre au peuple malien sa souve­raineté spoliée et ses suf­frages détournés, c’est ce qu’attendent les centaines de milliers de nos conci­toyens qui ont voté le 29 avril pour les concurrents du Général à la retraite Amadou Toumani Touré.

En annulant les résul­tats électoraux d’une autre époque proclamés par le général à la retraite, Kafougouna Koné, l’ami fidèle du président sortant, la Cour Constitutionnelle fera d’une pierre deux coups.

Sa sentence permettra d’abord de rendre à César ce qui est à César, en attri­buant à tous les candidats ayant pris part au scrutin présidentiel leurs vrais scores.

Elle permettra ensuite de sauver le peu de crédibi­lité qui reste à notre démo­cratie, piétinée et instrumentalisée depuis cinq longues années par ATT et compagnie, c’est à dire un clan composé de parents, de dirigeants du Mouvement citoyen, de militaires dévoués et prêts à tout pour préserver le fauteuil menacé de leur mentor.

En tout état de cause, les avocats des candidats du FDR sont décidés à faire valoir la légalité et à pro­mouvoir la vraie légitimité issue des urnes. A cet effet, ils ont monté des dossiers solidement argumentes et étayés par des preuves incontestables de fraudes massives.

Ailleurs, le seul fait qu’on ait pu retrouver des centaines de bulletins de vote en vadrouille dans le pays aurait suffi pour fon­der une décision de report du scrutin présidentiel en attendant d’y voir plus clair.

Il en est de même du constat de l’impression de cartes d’électeur en surnombres disproportionnés, source de toutes les mani­pulations, de toutes les for­faitures et de toutes les fraudes. Cette circonstance justifiait des mesures immédiates de sauvegarde rendant impossible tout usage ultérieur à des fins frauduleuses du surplus de cartes imprimées.

Au Mali, malgré les mises en garde multiples des concurrents du Général-Président, l’Administration électorale a préféré faire la sourde oreille et planifier la débâcle électorale à laquel­le le scrutin du 29 avril a donné littéralement lieu de Kayes à Kidal.

Ce qui est attendu de la Cour Constitutionnelle, ce n’est ni plus ni moins que de sanctionner, par le
moyen d’une décision sans ambiguïté, le comporte­ment peu recommandable, et à la vérité irresponsable, de cette Administration électorale, mue par le seul désir de plaire et de com­plaire au prince du jour.

Par delà, le contentieux de l’élection présidentielle actuelle, les 9 sages de la Cour ne sont-ils pas en définitive les derniers rem­parts contre la marche for­cenée vers le pouvoir auto­cratique que certains tentent d’imprimer à la vie politique de notre pays ?

Il appartient à cette cour de jouer désormais pleinement son rôle pour que vive la démocratie dans notre pays et pour que soit sauvegardée l’une des valeurs républicaines les plus sacrées : le droit du peuple à choisir librement ses dirigeants, y compris, et surtout, le Président de la République.

Birama Fall

09 mai 2007.