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Les attentes du vaillant peuple malien

Contrairement à 1992 et 2002 où des électeurs étaient dans l’embarras pour le choix des candidats, le scrutin du 29 Avril prochain n’aura enregistré que huit candidats à l’élection du Président de la République. Ceci s’explique par la nouvelle loi électorale qui a apporté des changements. En effet, le montant de la caution a été doublé, passant ainsi de 5 à 10 millions de nos francs et pour corser davantage et rendre crédibles les candidatures, le système de parrainage a été introduit. Le parrainage consiste pour un candidat à l’élection du Président de la République, d’avoir le soutien d’au moins dix députés élus à l’Assemblée Nationale, ou celui de cinq élus nationaux dans chacune des huit régions du pays et dans le district de Bamako.

Pour la course de cette année, rendez-vous Koulouba, la liste définitive des candidats a été rendue publique depuis Mardi dernier par la Cour Constitutionnelle qui a validé la liste provisoire comprenant huit des neuf dossiers déposés.

Le peuple malien se prononcera souverainement du choix de celui qui aura en charge de conduire les destinées du pays durant les cinq prochaines années. Ce choix sera fait entre Amadou Toumani Touré, le Président sortant ; Ibrahim Boubacar Keita, le Président de l’Assemblée Nationale ; Mamadou Sangaré, ancien patron de la Caisse des Retraites du Mali ; Tiébilé Dramé, ancien leader estudiantin et ancien Ministre ; Soumeylou Boubeye Maïga, ancien patron des services de renseignements du Mali et ancien Ministre ; Oumar Mariko, ancien leader estudiantin ; Mme Sidibé Aminata Diallo, universitaire et Madiassa Maguiraga, universitaire.
Parmi ces huit candidats, tous ont servi ou servent encore le pays d’une façon ou d’une autre mais la seule moins connue du monde politique semble être Mme Sidibé Aminata Diallo.

La campagne électorale qui commence officiellement le dimanche 8 Avril, sera l’occasion pour chacun d’eux, de dire en quoi son programme ou projet de société est utile pour le peuple.


Les candidats et leurs propositions

Le Président sortant, ATT, part avec de réelles chances, n’en déplaise aux mauvaises langues. En effet, entre lui et le peuple malien existe comme un pacte dont les origines se trouvent dans l’histoire récente de notre pays.

Il a permis de concrétiser en réalité, la volonté populaire exprimée lors des événements de Mars 1991 ayant abouti au multipartisme. Pour cela, même ses plus farouches adversaires lui doivent aujourd’hui quelque chose.

Après son bref passage à la tête de l’Etat, il s’est consacré à l’humanitaire, rehaussant du coup l’image de notre pays sur le plan international. Dix ans après, ATT sollicita le suffrage de ses compatriotes et c’est ce qui explique sa présence actuelle à Koulouba depuis 2002.

De son investiture du 8 Juin 2002 à nos jours, ATT a posé des actes qui seront soumis à l’appréciation et au jugement du peuple malien le 29 Avril prochain. Sa vision pour le Mali « Assurer le bien être de toutes les Maliennes et de tous les Maliens et faire du Mali un modèle de gouvernance » constitue pour lui une véritable profession de foi.

De l’agriculture à la bonne gouvernance, en passant par l’habitat, l’énergie, les nouvelles technologies de la communication, les infrastructures, l’emploi, la santé etc. des centaines de milliards de nos francs qui ont été investis dans ces secteurs sociaux hautement prioritaires. Tout cela a contribué à faire reculer la pauvreté.
C’est donc cela que ATT soumettra au verdict du peuple.

Le Président de l’Assemblée Nationale, IBK, n’est pas du tout un inconnu de la scène politique malienne. Bien au contraire ! Il détient le record à la primature de l’ère démocratique avec six années au compteur. Pendant cette période, qui ne se souvient pas de son pouvoir « samoryen » qui a constitué à « embourgeoiser » sa fonction au moment où des compatriotes cherchaient à boire seulement de l’eau potable, à envoyer des adversaires au fond des cellules. Comparez-le à Pinochet, l’actuel locataire de la primature. Sachons raison garder et ne pas nous tromper de combat.

Qu’est-ce que le Mali retient du règne d’IBK à la primature ? La bourgeoisie ? Le latin, le grec ? Tout cela ne résout absolument pas les problèmes quotidiens des Maliens. Et pis encore, ces derniers temps, l’homme s’est révélé grand violateur des textes élémentaires régissant de son parti. A ce niveau IBK et les siens ont fait preuve d’un anarchisme digne du règne de Bakounine. Ils ont foulé aux pieds la « constitution » du RPM en interdisant à certains ce qu’ils autorisé à d’autres, sanctionné des militants et responsables pour les fautes qu’ils ont eux-mêmes commises. Ils savent ce que cela veut dire. Dans ces conditions, ne sont-ils pas capables de violer la Constitution de la République ? Nous soumettons la question à l’appréciation des Maliens le 29 Avril 2007.

Mamadou Sangaré alias Blaise est un « jeune loup » de la politique malienne. Militant depuis belle lurette, il tente pour la deuxième fois sa chance à une élection présidentielle. Très populaire dans son fief électoral, Blaise ne semble malheureusement pas en mesure de rassembler les Maliens à sa cause surtout que son passage à la CRM n’a pas fait que des heureux.

Tiébilé Dramé, transfuge du CNID-FYT, il a lui aussi longtemps milité dans les mouvements de jeunesse avant d’atteindre cette maturité politique. Deux fois Ministre, il a duré dans les « grâces » des autorités avant de tomber en « disgrâce » il y a juste quelques mois. Son divorce d’avec ATT expliquerait son choix à briguer la magistrature suprême du pays. N’ayant pas une base politique sûre, il aura du mal à se faire entendre par le reste du Mali.

Soumeylou Boubeye Maïga est un « grand parmi les plus grands hommes politiques » de notre pays. Militant très engagé, il fait partie de ceux qui ont œuvré pour l’avènement de la démocratie dans notre pays. Homme politique très charismatique, depuis quelques mois il est devenu l’ « enfant rebelle » de l’ADEMA-PASJ dont il a été exclu pour dit-on indiscipline du côté de la ruche. Une chose est sûre, beaucoup de Maliens ont assez d’estime pour SBM qui apparaît à leurs yeux comme une véritable légende vivante. Mais cela suffit-il ouvrir grand le chemin de Koulouba ? La réponse sera connue à l’issue du scrutin du 29 Avril prochain.

Oumar Mariko est une autre figure emblématique de la lutte syndicale et politique du Mali. Premier SG de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali ( AEEM ), Mariko n’est pas à sa première tentative d’accéder à Koulouba. Contrairement à beaucoup d’autres candidats, Mariko dispose de plusieurs thèmes de campagne. Ses thèmes de prédilection sont entre autres la question foncière à l’Office du Niger, l’accès à l’eau potable et aux soins de santé, Trans-rail etc. Toutes ces questions sont des réalités mais l’ex leader estudiantin aura-t-il les moyens de réussir là où il a toujours échoué ? Wait and see !

Mme Sidibé Aminata Diallo est Professeur à l’Université de Bamako. Cette dame est une militante très engagée pour les questions relatives à l’école, l’environnement etc. Sa candidature s’inscrira dans les annales de l’histoire de notre pays car elle est la première femme à se présenter à une élection présidentielle malienne. Mme a certainement un grand coup à tirer de cette « partie » car elle pourra bénéficier d’un capital de sympathie et de soutien de la part des autres femmes qu’elle vient d’honorer par son courage et pourquoi pas d’autres hommes acquis à la cause féminine. Ce qu’elle proposera aux Maliens doit naturellement avoir trait à l’éducation, à l’environnement et à bien d’autres choses allant dans le sens de l’amélioration du cadre et des conditions de vie de nos concitoyens.

Madiassa Maguiraga, comme certains d’autres, n’est pas non plus à sa première conquête du pouvoir. Il a l’habitude des élections présidentielles même si son programme est « tellement intéressant » qu’il donne froid au dos. En effet, une fois Président de la République, M. Maguiraga se propose de tripler les salaires des Maliens. Même si les ressources humaines et financières le permettent, ne faudrait-il pas prendre en compte d’autres pesanteurs que nous ne contrôlons pas, en tout cas pas jusqu’ici.

A partir du 8 Avril 2007, c’est-à-dire dimanche prochain, ces huit candidats iront à la conquête du peuple malien. Il n’est un secret pour personne qu’ils n’ont pas la même chance. ATT ira dire aux Maliens qu’il a fait « ceci et cela » alors que tous les autres iront promettre « ceci et cela ». Il s’agit donc pour les électeurs, de choisir entre consolider les acquis et commencer à construire.

Diakaridia YOSSI

05 avril 2007.