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L’élection présidentielle du 28 juillet suscitait davantage de crainte que d’espoir. Mais au finish, les maliens ont créé la surprise en se rendant massivement aux urnes, en dépit des conditions d’organisations précaires et des menaces d’attentat du MUJAO.

jpg_une-1979.jpg«Le peuple malien est en train de poser un acte très important pour l’avenir». C’est en ces termes qu’Aurélien Agbenonci, représentant du Programme des nations unies pour le Développement (Pnud), a formulé son sentiment sur le déroulement des opérations de vote sur le territoire malien, après la visite de quelques uns des centres du district de Bamako en compagnie du ministre de l’administration territoriale et des collectivités locales, le colonel Moussa Sinko Coulibaly.

«Le processus [électoral, Ndlr] est totalement transparent et le restera jusqu’au bout», a rassuré, pour sa part, le ministre Coulibaly. Le président de la République par intérim, Dioncounda Traoré, qui a voté au lycée Mamadou Sarr de Lafiabougou (commune IV) s’est dit « satisfait des conditions générales d’organisation du scrutin » et « pense que de mémoire de maliens, c’est le meilleur scrutin qu’on organise au Mali depuis 1960 ».

Il ne fait aucun doute que, du point de vue mobilisation des électeurs, que l’élection du dimanche 28 juillet a été une réussite étant donné qu’aucun incident majeur n’a entravé le scrutin. Le vote est «un événement fondamental dans la vie d’un pays», selon Louis Michel, chef des observateurs de l’Union européenne, qui s’était rendu, lui, à Kidal où le gouverneur a expliqué le faible taux de participation par l’absence de plus de 15.000 kidalois partis chercher refuge hors des limites de leur région.

En crise depuis plus d’un an et demi, le Mali cherche à sortir d’une période de marasme qui semblait avoir mis à genou le processus de développement économique du pays. Comment sortir de cette impasse ?
Chaque électeur avait sa recette. Malick Traoré, à la porte de son bureau de vote N°19, livre ses motivations : «C’est ma première fois de voter parce que j’ai vu une certaine sincérité dans le processus sinon, ordinairement je ne vote pas». Cet homme, d’environ 60 ans, effectue ainsi sa première participation à une élection. S M, une dame de plus de
40 ans, est l’antithèse de Malick Traoré. «Depuis 92, je vote», nous a-t-elle indiqué à la porte du bureau N°21 du même centre de vote. Mais à l’instar de M. Traoré, elle a hâte de changement. «Cette fois-ci, j’ai changé de choix de vote».

«Je suis confiant»jpg_une-1980.jpg

La seule grande difficulté de cette journée était relative au repérage, par les électeurs, de leurs lieux de vote. Cette difficulté était effective dans tous les centres de votes et concernait des dizaines de citoyens dans chaque centre. Les plus courageux parvenaient à trouver gain de cause. Mais pas tous. Ce problème était accentué par le fait que certains agents électoraux n’avaient pas reçus de liste censée être affichée à la porte de chaque bureau de vote. Mieux, il a été relevé que plusieurs bureaux de vote n’avaient pas ouvert à l’heure, certains ne l’ayant été qu’aux environs de midi. L’acheminement du matériel électoral vers ces centres étant la cause de ce grand retard.

Alors que les résultats sont attendus dans les jours à venir, tous les regards sont tournés vers les quartiers généraux de campagnes.

Le président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) qui a effectué son devoir civique au groupe scolaire Sacré cœur de Djikoroni (commune V) a dressé les priorités qui attendent le nouveau président.
Ces priorités, dit le Dr. Choguel Kokala Maïga, sont la gestion du problème du nord, l’emploi des jeunes, la restructuration de l’école, etc. Face à ces défis, «une crise postélectorale n’arrange aucun malien», a-t-il indiqué. Cet appel au calme semble être le leitmotiv de la classe politique. Soumaïla Cissé qui affirme être «confiant» expose sa méthodologie de gestion des contentieux. «Nous passerons, s’il y a des problèmes, par les voix légales», a-t-il souligné.

Les premières tendances issues des urnes et qui sont collectées par des journalistes dans les bureaux de vote et relayées en direct dans des radios privées donnent une nette avantage à Ibrahim Boubacar Keïta qui arriverait largement en tête à Bamako, Sikasso, Kayes et Koulikoro, entre autres.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 29 Juillet 2013