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Après le réaménagement technique en profondeur du gouvernement le jeudi 9 avril 2009, le président de la République a présidé le premier conseil des ministres le mercredi 15 avril au Palais de Koulouba.

Dans la continuité de la mise en oeuvre des actions du Projet de Développement Economique et Social (PDES), Amadou Toumani Touré a instruit à l’équipe gouvernementale de limiter les déplacements à l’extérieur et de s’impliquer dans l’organisation des élections communales du 26 avril prochain.


Le terrain doit commander l’action gouvernementale

Il semble que Mme Diarra Mariam Flantié Diallo n’attendait que le mot d’ordre du Président de la République pour descendre dans l’arène politique. Dès le lendemain du premier conseil des ministres, le jeudi 16 avril dans l’après-midi, elle était sur le terrain de la commune III du District de Bamako pour le lancement de la campagne électorale des indépendants du Mouvement Citoyen.

Il faut souligner que la ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo est la 5ème vice-présidente du Comité Exécutif National (CENA) du Mouvement Citoyen (MC). Ceci n’explique-t-il pas cela?

Si Mme Diarra Mariam Flantié Diallo était sur le terrain des élections communales le jeudi 16 avril en battant campagne pour la liste des indépendants du Mouvement Citoyen, le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, le Général Kafougouna Koné, à son tour, était à Bougouni pour s’enquérir de l’état de préparation des législatives partielles dans le Banimonotié, un travail qu’il fait habituellement en périodes électorales.

Pendant le week end écoulé, d’autres membres du gouvernement étaient à l’intérieur du pays en campagnes électorales auprès des candidats de leurs formations politiques. Est-ce de cette manière que les ministres entendent s’impliquer dans l’organisation des élections communales du 26 avril prochain?


N’y a-t-il pas amalgame?

En tout cas, le mercredi 15 avril dernier, ATT a dit ceci aux ministres : “Votre champ d’action doit être d’abord l’intérieur du pays. Nous avons besoin d’être à côté de nos populations. Les missions à l’extérieur seront revues et corrigées. Il faut que nous soyons exemplaires dans la gestion et la probité”.

Quoi de plus normal que le déplacement du ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales pour s’assurer de la bonne organisation d’une élection en tant que chef d’oeuvre des opérations électorales?

Mais quand d’autres ministres colorés politiquement descendent dans l’arène politique pour battre campagne, nous disons qu’il y a amalgame. Il est vrai qu’un portefeuille ministériel est politique, mais dans notre cas, il a été dit qu’un ministre, une fois nommé, est en mission du gouvernement et non de son parti.


Les missions du gouvernement

Selon la Constitution, le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation et dispose de l’administration et de la force armée. Le gouvernement est responsable devant l’Assemblée Nationale dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 78 et 79. Le Premier ministre est le Chef du Gouvernement: à ce titre, il dirige et coordonne l’action gouvernementale.

Il assure l’exécution des lois. Sous réserve des dispositions de l’article 46, il exerce le pouvoir réglementaire. Il est responsable de l’exécution de la politique de défense nationale. Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres. Il supplée, le cas échéant, le Président de la République à la présidence du Conseil et du Comité prévus à l’article 44. Il le supplée pour la présidence du Conseil des Ministres, en vertu d’une délégation expresse et pour un ordre du jour déterminé.

Les actes du Premier ministre sont contresignés, le cas échéant, par les ministres chargés de leur exécution. Avant d’entrer en fonction, le Premier ministre et les ministres doivent remettre au Président de la Cour Suprême la déclaration écrite de leurs biens. Cette déclaration fait l’objet d’une mise à jour annuelle. Les dispositions de l’article 35 ci-dessus sont applicables aux membres du Gouvernement.

Les fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à l’échelle nationale ou locale, de tout emploi public ou de toute activité professionnelle et lucrative. Une loi organique fixe les conditions dans lesquelles il est pourvu au remplacement des titulaires de tel mandat, fonctions ou emplois.

Le remplacement des membres du Parlement appelés au Gouvernement a lieu conformément aux dispositions de l’article 63.


Daba Balla KEITA

21 Avril 2009