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Malgré une campagne électorale très en vue, les électeurs de la ville des 333 Saints ne se sont pas massivement mobilisés à la hauteur du changement qu’ils ont eux-mêmes prôné et scandé. Ainsi, à la mi-journée, soit vers 14 heures, les centres étaient calmes et les électeurs se comptaient au compte goute. C’est dans cette atmosphère que les sept candidats en lice dans la circonscription électorale de Tombouctou ont accompli leur devoir civique. Au nombre de ceux-ci, le candidat de l’ADM, Madani Tall, qui, après avoir exprimé son optimisme, a souhaité que le meilleur gagne pour le bonheur de la cité mystérieuse.

D’après les observateurs de la vie politique tombouctienne, la ville des 333 Saints vient de vivre une des campagnes électorales les plus dynamiques. Et pour cause, chacun des sept candidats aura donné le meilleur de lui-même pour occuper l’unique siège de député de la ville. C’est ainsi que, trois semaines durant, ils sont allés à la rencontre des populations pour leur apporter leur message de campagne.

Si tout s’est passé de manière » civilisée « , il faut avouer cependant que la clôture a été entachée par un incident malheureux. En effet, pour l’occupation d’un espace de spectacle, la candidate de l’ADEMA, Aziza Ben Kattra, a trainé celui de l’ASMA, Hamoudy Cheick Sidi Ahmed, à la police, à la gendarmerie, chez le gouverneur, enfin à la mairie.

Les trois premières autorités ayant avoué leur incompétence à trancher un tel différend, l’affaire a été dénouée à la mairie où la candidate de l’Adema exerce un deuxième mandat de conseillé municipale. Ce que les militants de l’ASMA ont dénoncé comme une partialité notoire. C’est donc sur cette fausse note que la campagne électorale a pris fin à Tombouctou.

D’après des sources concordantes proches des différents partis en lice, les candidats ont tous voté dans des centres où les électeurs ne se sont jamais bousculés. Ainsi, Madani Tall, le seul président de parti en lice à Tombouctou s’est présenté à 13H10 dans le centre de vote du célèbre quartier Djingareyber où il a voté dans le bureau N°4.

A sa sortie, il a déclaré à la presse : « Je suis très optimiste car j’ai pu personnellement évaluer la volonté de changement des femmes, des jeunes, des hommes et des enfants de Tombouctou. Ce changement que j’incarne ne se réalisera que si les Tombouctiens votent massivement sans compter que Dieu donne le pouvoir à qui il veut. Pour ma part, quelle que soit l’issue du scrutin, je reste disposé à accompagner le développement de la ville des 333 Saints que nous avons entamé depuis quelques années « .

Par ailleurs, il faut signaler que pour le scrutin d’hier, la ville de Tombouctou était sous une surveillance particulière. En effet, le souvenir des attentats suicides d’il y a quelques semaines a fait prendre aux autorités des mesures exceptionnelles pour la bonne tenue du scrutin. C’est pourquoi, depuis le samedi 23 novembre, les FAMA (Forces armées maliennes), les éléments de la MINUSMA et les soldats français de l’opération Serval ont multiplié les patrouilles et autres opérations de sécurisation.

Afin de ne pas se laisser surprendre par des individus malveillants, des sources militaires nous ont rapporté que des contrôles ont été effectués sur plusieurs individus aux comportements douteux, des fouilles également ont été faites dans certaines boutiques. D’après les autorités administratives et politiques, les premières tendances devraient être connues dès ce soir.Il faut rappeler enfin que les sept listes en compétition dans le Cercle de Gao sont l’ADM, le PARENA, l’URD, le RPM, l’ADEMA, l’UM RDA et l’ASMA.

Diakaridia YOSSI, Depuis Tombouctou

25 Novembre 2013.