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La fièvre de la scission gagne les rangs de l’Union des patriotes pour la République (Urp) avec la démission, vendredi 9 mars dernier, de l’honorable Touré Safiatou Traoré, 1ère vice-présidente du parti, député à l’Assemblée nationale élue en commune III du District de Bamako. Deux jours plus tôt, la 1ère vice-présidente du parti et une frange importante du bureau politique de l’Urp s’étaient désolidarisées de l’adhésion du parti au sein de l’Adps (Alliance pour la démocratie, le progrès et la solidarité) favorable au candidat Modibo Sidibé. Un double coup dur pour ce parti, très actif dans l’animation de la scène politique malienne.

Les événements se sont précipités à l’Union des patriotes pour la République en milieu de semaine dernière. En l’espace de 72 heures, le parti des doigts en V éclate en lambeaux.

Tout est parti de la signature, le samedi 3 mars 2012, de l’accord d’alliance dénommée Adps pour soutenir la candidature de Modibo Sidibé à l’élection présidentielle du 29 avril prochain. L’Urp semble avoir cet accord sur fond de crise interne, car dès le 7 mars, un noyau représentatif du bureau politique du parti manifeste sa désapprobation vis-à-vis de la décision. En effet, dans un communiqué officiel, les signataires Mme Touré Safiatou Traoré, 1ère vice-présidente, Dr Youssoufa Maïga, secrétaire général, Boubacar Amadou Traoré, secrétaire général adjoint et conseiller communal, Mme Touré Aïssata Touré, présidente des femmes, Oumar Maïga, secrétaire aux relations extérieures, Modibo Macalou, Secrétaire à l’éducation et Salé Cissé, 3è secrétaire à l’organisation se sont désolidarisés de ce qu’ils qualifient de « prise de position unilatérale ».

A l’entame du communiqué dont nous avons reçu copie, les signataires mentionnent : « Nous, fondateurs et membres du bureau politique de l’Urp, signataires de la présente déclaration, constatons avec beaucoup d’amertume la signature de l’accord d’alliance du samedi 3 mars pour soutenir un candidat à l’élection présidentielle du 29 avril 2012 ».

Même si le nom du candidat en question n’est pas expressément dévoilé, l’on sait que l’Urp fait partie de l’Adps qui a organisé, mardi dernier, une conférence de presse pour motiver les raisons de son soutien à Modibo Sidibé.

Les effets de ce désaveu n’étaient pas encore totalement estompés quand survint, 48 heures après, la plus mauvaise nouvelle pour l’Urp : la démission de la 1ère vice-présidente.

Cette démission de l’honorable Touré Safiatou Traoré, adressée au président du parti, a été déposée le vendredi 9 mars avec bordereau d’envoi et constat d’huissier.

Les termes de la lettre sont sans équivoque : « C’est avec beaucoup de consternation et de regret que j’ai appris la signature non consensuelle d’un accord d’alliance du parti avec un candidat à l’élection présidentielle du 29 avril 2012. Vous conviendrez avec moi, M. le président que de telles pratiques au sein d’un parti, sont de nature à compromettre son fondement. Par conséquent, je ne serai plus en mesure de militer au sein du parti… ».

Cette démission est perçue par nombre d’observateurs comme un coup dur et une énorme perte pour l’Urp. Car, la député de la commune III est l’âme et l’épine dorsale du parti au plan de la mobilisation d’électeurs.

Safi gagne toutes les élections auxquelles elle se présente ; même contre les grands partis, à l’image des législatives 2007 où elle a mis tout le monde d’accord.

Question en suspens : quel est l’avenir de l’Urp ?

Sékou Tamboura

13 Mars 2012