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Est-ce le temps du désamour entre la mairie de la Commune V du District et le gouvernorat ? Le Ministère ? C’est le moins qu’on puisse se poser comme interrogation dans l’histoire du scandale foncier dans la zone dite des 140 m. Cet espace, situé au bord de l’axe de l’aéroport, est depuis plusieurs années convoité par certains haut placés. Mais jusque-là, la mairie de la Commune V n’a osé procéder à son morcellement pour le vendre, encore moins l’attribuer aux populations déguerpies qui continuent de revendiquer les lots dont elles avaient été spoliées.

La zone des 140 mètres, est-il besoin de le rappeler, a été vidée de ses occupants par feu Dieudonné Zallé, qui était à l’époque maire de la Commune V. Nous étions dans les années 1998- 2000.

A l’époque, selon certains témoignages, la tension consécutive au lotissement des quartiers Sabalibougou et Daoudabougou était tel qu’on a déploré des morts et des blessés au sein de la population hostile à un lotissement favorisant les plus nantis. Ceci est d’autant plus vrai que l’on a retiré des titres de propriété à certains pour les attribuer aux plus offrants. C’est ainsi que plus de quatre cent familles se sont retrouvées dans la rue, puis après à la périphérie de Bamako où ils sont recasés après avoir tout perdu de leurs parcelles dans la Commune.

Pour ce qui est de la zone située au bord de la route menant à l’aéroport, elle avait été complètement “rasée” sur instruction de la mairie qui voulait en faire un autre usage. Le blocage était venu de l’action judiciaire déclenchée. Puis, le Ministre Ousmane Sy, à l’époque, l’en avait dissuadé. L’autorité avait ordonné de surseoir à tous travaux sur le site abandonné.

C’est ainsi que durant son mandat en Commune V, le maire Demba Fané ne pouvait que contempler la zone sans parvenir à y faire quoi que ce soit. A l’élection du Maire Boubacar Bah Bill, le conseil communal hésite à procéder à un morcellement malgré la convoitise du site.

Mais depuis le début de ce mois, le site est envahi par des géomètres qui y ont procédé à une délimitation à travers le morcellement. Le hic est que personne ne sait d’où est venue la décision. Pour sa part, la mairie a fait un communiqué pour dégager toute responsabilité dans cet acte. “Bill n’a pris aucun acte allant dans le sens du morcellement du site”, confie un membre du conseil communal.

UNE BOMBE À RETARDEMENT

Avant-hier, des jeunes se sont organisés pour s’opposer à la vente de leur espace de loisir. En effet, il a été donné aux populations de voir le terrain de football situé dans la zone transformé en lots à usage d’habitation. C’est pourquoi juste après le départ des géomètres, qui ont délimité les parcelles, des groupes de jeunes se sont emparés des piquets. Ils ont tout enlevé en promettant de rééditer si on refuse d’épargner les lieux où les jeunes mènent leurs activités de distraction.

Mais depuis hier, il nous revient que la mairie a pris la décision de ne pas se mêler de cette affaire. C’est à juste raison, car le foncier, en raison des enjeux qui l’entourent, occupe une place de choix pour le Gouvernement. On peut citer les ennuis du maire Adama Sangaré et d’un maire de Kalaban-Coro.

Si le maire central jouit d’une liberté après plusieurs mois d’incarcération à la prison centrale, puis à la prison de Koulikoro appelée communément “Souban”, un mouroir selon certains. Il est à noter que le maire de Kalaban-Coro, une Commune de Kati, lui croupit toujours en prison à la maison centrale d’arrêt de Bamako. Ceci pour avoir été cité dans plusieurs gros scandales fonciers.

Ce qui se passe sur le site des 140 mètres prouve qu’entre le Ministre et le gouverneur, il y a l’un d’eux qui défie le nouveau président de la République dans sa volonté d’aller en guerre contre les spéculateurs et autres délinquants.

A suivre !

Laya DIARRA

Soir de Bamako du 6 fév 2014.