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Malgré le rejet par deux fois, par la direction nationale du contrôle financier, du dossier de construction d’une maison à un niveau pour l’ancien Premier ministre, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, la direction des finances et du matériel (DFM) de la Primature est en train de faire du forcing pour qu’il passe en violation des textes. La DFM de la Primature est accusée de magouilles.

jpg_une-792.jpgL’ordonnance n°91-018/P-CTSP modifiée par l’ordonnance n°02-50/PRM du 4 juin 2002 fixe le régime des émoluments et indemnités du Premier ministre de la République du Mali. L’article 3 précise : « Le Premier ministre bénéficie en outre de la gratuité du logement et des fournitures d’eau, d’électricité et de téléphone. Les domestiques attachés à l’hôtel du Premier ministre sont à la charge de l’Etat. (…)« . En d’autres termes, le Premier ministre fait le choix d’un logement que l’Etat prend en charge. Toute construction de logement est illégale et ne saurait engager l’Etat malien. Les Premiers ministres qui se sont succédé ont respecté ces textes. Mais, avec le Premier ministre, Mme Cissé, Mariam Kaïdama Sidibé, une autre interprétation ou violation de l’ordonnance a été faite et vite décelée par la direction nationale du contrôle financier du département de l’Economie, des Finances et du Budget.

De quoi s’agit-il ? Avec le changement des directions administratives et financières (Daf) en direction des finances et du matériel (DFM), Mme Maïga Mariam Aïssata Koïta a la chance d’être nommée DFM par son amie et Premier ministre Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé. Sûre de son amitié, avec le chef du gouvernement, la DFM de la Primature interprète les textes de l’article qui donnent la gratuité du logement au Premier ministre : en construisant une maison pour cette dernière sur les fonds publics.

Un dossier est monté par ses soins. Il fait ressortir une dépense de plus de 22,8 millions de F CFA pour les travaux. Un tel montant ne pouvant être débloqué sans l’avis de la direction nationale du contrôle financier, la directrice des finances et du matériel de la Primature achemine le dossier à la direction nationale du contrôle financier (département des Finances).

Les financiers le rejettent « pour dépense non autorisée sur les fonds publics ». Déterminée et voulant coûte que coûte que le service donne son quitus, Mme Maïga se déplace personnellement pour déposer en mains propres le dossier une seconde fois. Les financiers ne paniquent pas, ils le rejettent une deuxième fois. N’ayant pas eu d’écho favorable, la DFM décide de passer à la vitesse supérieure.

Dans sa stratégie d’obliger les contrôleurs financiers à la suivre dans sa magouille, Mme Maïga saisit le secrétaire général du département de l’Economie, des Finances et du Budget, Abdoulaye Touré sur la question. Si ce dernier accepte que le dossier passe, il sera très difficile pour la direction nationale du contrôle financier de le rejeter.

La DFM de la Primature, censée moraliser les dépenses, ne serait pas à sa première pratique de manque à l’orthodoxie financière.

Amadou Sidibé

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Un agent encombrant

En poste à la Daf de la Primature jusqu’à sa nomination comme contrôleur des services publics, le 24 août 2011, Aldjouma Maïga, inspecteur des finances, ne cessait de terroriser les agents de son service. Sa mutation a été accueillie avec un ouf soulagement par ses anciens collaborateurs. Quelle ne fut la surprise des agents de voir M. Maïga refuser de regagner son lieu d’affectation. Les raisons ? Selon nos sources, M. Maïga et Mme la Daf s’adonnaient à des pratiques peu catholiques. Aldjouma serait son homme. Acculés et intimidés, les agents de la DFM ont exprimé leur ras-le-bol le 23 mai.

Ils ont rencontré le chef de cabinet (Primature) pour lui expliquer les calvaires que leur font subir Aldjouma Maïga « qui refuse de partir ». Convoqué par le chef de cabinet, M. Maïga a été invité de regagner son poste au risque d’être considéré comme démissionnaire. Le 12 septembre 2011, une attestation du contrôleur général des services publics atteste que l’encombrant agent de la Primature a pris service.

Cet écrit d’Amadou Gadiaga, n’était que de la poudre aux yeux du chef de cabinet de la Primature. Aldjouma Maïga, selon plusieurs sources, même muté travaille toujours avec la Daf. L’homme est visible dans les locaux de la Daf de la Primature à chaque descente. Les masques ont commencé à tomber. M. Maïga serait le pivot pour ne pas dire le co-Daf.

A. S.

Les Echos du 7 Juin 2012