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Sur conseil de son avocat, Me Souleymane Adama Cissé, M. Oumar Diakité, un citoyen malien vient de porter plainte au Tribunal de Première Instance (TPI) de la Commune VI contre la firme BRAMALI-SA pour intoxication alimentaire. Tout est parti de l’achat d’une boisson gazeuse de marque “Castel bière” pour ses hôtes Ghanéens en visite au Mali.

Oumar a eu la malchance de tomber sur une boisson bien capsulée mais dont le contenu était mélangé avec des résidus impures de couleur noirâtres, tantôt flottant à la surface, tantôt en mouvement. Il a eu le flair de ne pas ouvrir la bouteille avec la présence de corps étranger dans le liquide.

Rappel des faits

Quand la bouteille fut présentée à l’emblématique président du Tribunal de la Commune VI, M. Hamèye Founé Mahalmadane, celui-ci cria au scandale. Dans un Avant Décret de Droit (ADD) rendu le 25 février 2009, le tribunal de la Commune VI, statuant publiquement et contradictoirement à l’égard des parties, a ordonné le transport sur les lieux, c’est à dire dans les locaux de BRAMALI. L’objet de ce transport sur les lieux d’installation de l’usine de production est de vérifier au moyen de testeur si la bouteille de “castel” en cause a été ouverte ou pas.

Comme prévu, ce transport a eu lieu le 11 mars 2009 aux environs de 10 heures. Le président du TPI de la C.VI, M. Hamèye Founé a délégué ses pouvoirs à son adjoint, M. Oumar Traoré et Me Arkia Greffier en chef. Ils ont été rejoints par Me Souleymane Adama Cissé, avocat à la Cour, défendant les intérêts du plaignant Oumar Diakité.

Pour la manifestation de la vérité, notre enquêteur était également sur les lieux. Nous avons trouvé sur place Me Mamadou Ismaël Konaté, défendant les intérêts de BRAMALI. Sur place, nous avons été accueillis par M. Ibrahima Sangaré, responsable qualité de BRAMALI et Mme Diallo Assitan Traoré du service clientèle et les laborantins.

Oumar Traoré imperturbable

La visite a commencé aux environs de 10 heures 43 minutes. L’objet de la visite étant clair et précis, au lieu d’aller droit au but, le responsable qualité de BRAMALI nous a montré le circuit de fabrication des boissons. Le président du TPI de la C. VI, imperturbable et sachant bien pourquoi il est présent à l’usine, a répondu qu’on peut faire économie de cela et aller directement au sertissage, c’est-à-dire prouver aux moyens des techniques de vérification que la bouteille incriminée provient ou pas de BRAMALI. Ce qui fut fait.


BRAMALI. empoisonne les maliens ?

Après vérification, il a été prouvé que la bouteille en cause et qui n’a pas été ouverte contient des produits de BRAMALI. Elle a été fabriquée le 29 août 2007 à 19 heures 13 minutes et que sa date de péremption d’un an et un mois jour pour jour est le 29 septembre 2008.

Selon les laborantins de BRAMALI, le taux de gaz pour une petite bouteille de Castel est de 5,69 à 5,88. Mais la marge varie entre 5,96 à 6,54. Deux testes ont été effectués : la bouteille incriminée et une autre bouteille mise sous pression seulement un jour après. Le test effectué à révélé que le taux de gaz de la bouteille en cause est de 4,57 après une année et 6 mois après sa fabrication.

Pour la bouteille datant d’une journée, le taux de gaz était de 5,86. Pour la première bouteille, le taux de gaz perdu est de 1,02 , tandis que celui de l’autre bouteille est de 0,10. Le test de sertissage a pris fin aux environs de 11 heures 30 minutes.

Quand le tribunal se déplace

La plainte de M. Oumar Diakité, citoyen de son Etat contre BRAMALI pour intoxication alimentaire fera date dans les annales de la justice malienne et pour cause ! Selon les avocats, les huissiers, les notaires, les commissaires-priseurs et autres praticiens du droit que nous avons contactés pour leurs avis par rapport au transport du tribunal sur les lieux, il est très rare de constater un tribunal se déplacer.

Au contraire, ce sont les gens qui partent vers le tribunal, mais lorsque le tribunal se transporte pour vérifier les faits, il y a bien une intention pour la manifestation de la vérité. En tout état de cause, le tribunal de la Commune VI s’est déplacé le 11 mars 2009 pour Sénou à une quinzaine de kilomètres de Bamako.

L’appareil photo et le bloc notes de notre enquêteur confisques

Notre enquêteur, présent sur les lieux, s’est vu confisqué son appareil photo et son bloc notes à la demande de l’avocat de BRAMALI. La présence du journaliste qui ne faisait que son travail de prise de photo et de notes a mis très mal à l’aise Me Konaté.

C’est pourquoi, il a exigé et obtenu la confiscation de son appareil photo et les prises de notes. Comme si cela ne suffisait pas, il a en outre exigé que notre enquêteur soit éconduit manu militari hors de l’usine. Avant qu’il n’obtienne satisfaction, il y a eu un grand scandale dans le labo de BRAMALI.

Une mauvaise réputation

Ce n’est pas la première fois que BRAMALI reçoit des plaintes des consommateurs pour la mauvaise qualité de ses produits. L’on se rappelle que l’ancien président de l’Assemblée Nationale, M. Ibrahim Boubacar Keïta a découvert une salamandre au fonds d’une bouteille de BRAMALI.

Heureusement pour lui, il n’a pas savouré son jus. Sur le champ, il a commis un huissier de justice qui a invité les responsables de BRAMALI à s’expliquer. Le tribunal a constaté et prouvé que la bouteille incriminée provient de BRAMALI. Le verdict est attendu pour le 25 de ce mois.


Daba Balla KEITA

12 Mars 2009