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Et de trois pour le Front pour la démocratie et la République (FDR). Ce regroupement politique a à son compteur trois candidatures déclarées à la présidentielle du 29 avril 2007 depuis samedi dernier. Après IBK (RPM) et Tiébilé Dramé (Parena), Soumeylou Boubèye Maïga a été investi candidat au nom de Convergence-2007, le 24 mars 2007 au CICB.

La symbolique des dates est forte à Convergence-2007. L’investiture de Soumeylou Boubèye Maïga le 24 mars est loin d’être fortuite. Cette date représente l’une des journées qui ont marqué les répressions sanglantes de mars 1991, qui ont précédé la chute du régime de Moussa Traoré ouvrant la voie au multipartisme.

Un rappel historique de l’événement a été fait dans un film documentaire retraçant les journées folles de mars 1991. Boubèye lui-même en sa qualité d’acteur, a indiqué dans son allocution d’investiture, qu’il s’agit, d’une date mémorable. Selon lui, ce jour-là, Bakary Karambé pour l’UNTM, Me Demba Diallo pour l’AMDH, Abdrahamane Baba Touré pour l’Adéma, Me Amidou Diabaté pour le Cnid, Me Drissa Traoré pour le Barreau, Hamadoun Ba pour l’AEEM ont apporté à Koulouba, au chef de l’Etat de l’époque, au nom de la Coordination des associations et organisations démocratiques, les revendications du Mouvement démocratique. La même journée, dans l’après-midi, les premiers morts ont été enterrés au Carré des martyrs à Niaréla.

Ce rappel qui vaut tout un discours a été greffé à la déclaration de candidature de Soumeylou Boubèye Maïga. Ce dernier a fait savoir, qu’il y a quelques mois déjà, il avait répondu favorablement à l’appel à candidature d’hommes et de femmes sur toute l’étendue du territoire national en disant qu’il était prêt et disponible. « C’est avec confiance et détermination que je serais candidat aux élections d’avril 2007 pour changer la vie de ceux qui souffrent. Pour redonner un sens à l’action publique. Pour œuvrer à combler le compromis social sur les valeurs démocratiques et républicaines ».

Le candidat de Convergence-2007 inscrit sa candidature dans un devoir de mémoire et une obligation de fierté envers leur lutte commune et envers tous ceux dont le sacrifice leur a permis d’être là aujourd’hui. Il a rendu hommage à des camarades disparus ou en vie et a appelé ses compagnons à se saisir du flambeau des anciens d’autant plus que, selon ses dires, « la situation du Mali est préoccupante ».


Dégringolades nationales

Pour Soumeylou qui dépeint un tableau peu reluisant de notre situation socio-économique, le pays est fragilisé à 70 %. Il met au compte de la décennie 1992-2002 les 80 % des réalisations solides de notre pays. Aujourd’hui, dit-il, 7/10 de personnes vivent dans l’extrême pauvreté, sans revenu. La zone cotonnière est caractérisée par le surendettement.

Le système scolaire est en décadence et les jeunes condamnés à l’errance. Plus de 60 % des ressources engagées dans le secteur ne parviennent pas à destination. L’indice de 2,9/10 fait figurer le Mali parmi les pays à fort taux de corruption. Au plan extérieur, la voix du Mali s’est progressivement tue entraînant le déclin de l’autorité et de l’influence de notre pays ainsi qu’une faible aptitude à protéger nos compatriotes vivant à l’extérieur, a signalé Soumeylou.

Les défis à relever à ses dires visent, entre autres, à restaurer la puissance publique, par la renaissance de l’autorité et de l’impartialité de l’Etat, la réhabilitation de la mission de service public et le renforcement de la morale et de l’éthique publiques. A promouvoir « une République une et indivisible mais plurielle ».

A passer à une nouvelle étape du processus de décentralisation à travers une plus grande responsabilisation des collectivités territoriales notamment en matière d’aménagement du territoire, d’investissements et de relations extérieures, favorisant ainsi l’émergence de pôles régionaux véritablement compétitifs.

« Au-delà de cette salle, je voudrais m’adresser aux vrais militants de l’Adéma, à tous les militants aujourd’hui en deuil de leurs partis respectifs. Je sais votre indignation et votre tristesse devant la démission et l’abdication. Je sais aussi que vous comprenez et soutenez notre combat qui est une étape de notre lutte commune pour une véritable démocratie pluraliste fondée sur les partis politiques forts, crédibles, seuls remparts contre toute forme de dérive. C’est pourquoi, je ne doute pas un seul instant de votre soutien et de votre mobilisation à nos côtés ».

Il a laissé entendre sur ces notes : « La situation doit changer. La situation peut changer. La situation va changer ». Il en est d’autant plus convaincu qu’il fait sien le slogan : « la force du changement est en chacun de nous ».

27 mars 2007.