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Outre l’aménagement des berges et les actions de désensablement, la sauvegarde du fleuve Niger passe aussi par l’application des textes contre les pollueurs. C’est ce qui est ressorti de la conférence de sensibilisation organisée par l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN) à Ségou.

« Et si le fleuve Niger n’existait pas, que deviendrait notre pays ?« S’est interrogé le directeur général de l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN) au cours de la rencontre de sensibilisation vendredi 17 février à Ségou. Le fleuve Niger est aujourd’hui menacé dans son existence à cause des phénomènes naturels et de l’attitude de l’homme.

Pour davantage sensibiliser les populations et les festivaliers, l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN), en marge du Festival sur le Niger, a organisé une conférence débats sur la problématique de la pollution du fleuve. Une occasion pour le directeur général de l’ABFN, Hamidou Diakité, d’éclairer la lanterne de l’assistance sur les dangers qui guettent le fleuve.

Long de 4200 km dont 1700 au Mali, avec un bassin de 570 000 km2, le fleuve Niger « renferme une partie essentielle des richesses du Mali, constitue un atout majeur pour le développement du pays« . Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Les agressions du fleuve, selon le DG de l’AFBN, font qu’il est menacé dans son existence si rien n’est fait. « C’est pourquoi il faut vite agir ».

M. Diakité a fait cas des nombreuses agressions perpétrées contre le fleuve : l’ensablement et la pollution. A ses dires, l’ensablement du fleuve réduit sa navigabilité. « Certains tronçons sont impraticables durant une partie de l’année« . Les conséquences de ces phénomènes ont un impact négatif sur les stocks de poisson, la prolifération des plantes aquatiques (jacinthe d’eau). S’y ajoutent la diminution des pluies, la réduction des capacités piscicoles, la détérioration de la biodiversité…

Les pratiques de l’homme sur le fleuve n’ont pas été occultées par le conférencier. Il s’agit, déplore-t-il, des pollutions organiques et chimiques (eaux usées domestiques et industrielles, teinturières).

L’application rigoureuse des textes

Face à ces dangers, son service est en train de mener des actions de sauvegarde à des endroits et dans plusieurs villes du pays. « Afin d’enrayer la dégradation du fleuve, le gouvernement à travers l’ABFN sécurise les berges du fleuve à des endroits sensibles par des travaux de maçonnerie« . C’est ce qui fait qu’à Ségou Markala, Mopti et Gao des berges du Niger ont été sécurisées. L’ABFN n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Des travaux d’envergure de 14 milliards de F CFA sont en train d’être faits dans la ville de Diafarabé menacée de disparition du fait de l’érosion…

L’orateur a déploré l’insuffisance de moyens financiers pour faire face aux missions assignées. C’est pourquoi il a exhorté les populations à un changement de comportement. Quelles mesures contre les pollueurs ? Pour M. Diakité, des sanctions existent contre les pollueurs. « Cela passe par la restauration de l’autorité de l’Etat« .

Pour des intervenants, les sanctions doivent être appliquées aux pollueurs. « Il faut que les textes soient appliqués dans toutes leurs rigueurs sinon la sensibilisation a trop duré« . « Nous continuerons toujours la sensibilisation, car elle reste la meilleure solution pour un changement de comportement« , a dit le directeur de l’ABFN.

La rencontre a enregistré la présence du représentant du ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, le directeur de cabinet du gouverneur de Ségou, le maire de Ségou, le directeur du festival, des chefs de service.

Amadou Sidibé

Le 21 Février 2012