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Le programme Sasakawa-Global (SG 2000) en Afrique a vingt ans. Pour célébrer cet anniversaire d’une touche particulière, l’Association Sasakawa pour l’Afrique organise du 31 octobre au 1er novembre un symposium international à Bamako. Objectif : dresser dans une feuille de route les moyens d’inciter les petits exploitants à devenir des agriculteurs commerciaux efficaces.

En prélude à l’événement, l’Association Sasakawa pour l’Afrique, présidée par Dr. Norman E. Borlaug, prix Nobel de la paix, a organisé hier une conférence de presse à l’Hôtel de l’Amitié.

Le Dr Borlaug a fait la genèse du programme SG 2000 dont la création remonte en 1984-85 lorsque la famine a éclaté en Ethiopie. Un philanthrope Japonais, Ryoichi Sasakawa, a mobilisé des fonds pour envoyer une aide alimentaire d’urgence en Ethiopie et à d’autres pays dévastés de la région.

Prenant conscience que la combinaison de variétés de riz et de blé à haut rendement, d’apports d’engrais et de pratiques culturales améliorées avait permis à l’Asie d’échapper à la famine périodique, il décida d’examiner le problème de l’Afrique avec d’autres personnalités.

C’est ainsi qu’il prit contact avec Norman Borlaug, père de la révolution verte en Inde et au Pakistan dans les années 1960 et l’ancien Président américain Jimmy Carter.

SG 2000 est ainsi né d’un partenariat entre l’Association Sasakawa pour l’Afrique, qui dirige les activités en Afrique, et le programme Global 2000 du Carter presidential Center.

Le programme dès le départ a été financé par la Nippon Foundation du Japon, aujourd’hui dirigé par Yohei Sasakawa, le fils de Ryoichi Sasakawa décédé.

Cependant, c’est au Ghana et au Soudan que SG 2000 a lancé en 1986 ses premiers projets de transfert de technologie agricole. Ces projets visaient à démontrer que l’accès à la technologie disponible permettaient aux petits agriculteurs d’augmenter considérablement leurs rendements de cultures vivrières.

Et depuis, des projets implantés par SG 2000 dans 14 pays d’Afrique ont permis à des milliers d’agriculteurs du continent de doubler, voire de tripler leurs rendements.

Selon Shuichi Ohno, directeur exécutif de la Nippon Foundation, la transformation de l’agriculture de subsistance en agriculture commerciale en Afrique reste la priorité : « l’agriculture peut subvenir aux besoins du pays. Notre but consiste à améliorer les conditions de vie des agriculteurs. Toutefois, nous n’y parviendrons qu’à la condition que les gouvernements, les agences de coopération, les organisations internationales, les organisations non gouvernementales et les agriculteurs oeuvrent tous dans la même direction« .

Le projet Sasakawa Global 2000 a commencé ses activités au Mali en juin 1996. Pour Marcel Galiba, directeur SG 2000 pour le Mali, l’objectif primaire est de permettre aux producteurs de mettre la main sur les technologies disponibles pour une productivité plus accrue et rentable.

D’après lui, en dix ans de présence, le programme a investi 5 millions de dollars au Mali, l’équivalent de 3 milliards de Fcfa. Ne font pas partie de cette somme, les salaires des expatriés et autres dépenses externes.

Le forum de Bamako réunira les ministres des pays où opère SG 2000, ainsi que les représentants des agences d’aide, des banques de développement et du secteur privé.

F. Traoré

31 octobre 2006.