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Car recevoir Nicolas Sarkozy, c’est presque recevoir Jean-Marie Le Pen, ou accepter d’avoir chez soi celui qui applique les idées du Front national. Nicolas Sarkazy n’est ni plus ni moins que ça : celui qui, au soir du 21 Avril 2002, a décidé de faire ouvertement la cour aux militants et sympathisants du parti de Jean-Marie Le Pen, quitte à mettre en oeuvre leurs « délices » racistes et xénophobes.

De plus, plutôt que de les combattre, le ministre de l’Intérieur français a choisi de les adopter : ne l’a-t-on pas vu, seul (lui seul dans toute en France) approuver l’invitation faite aux membres du Bureau national du FN à Matignon en juin 2005, juste après la nomination de Dominique De Villepin.

Dans des propos qui ressemblaient visiblement à un appel du pied, le Président de l’UMP disait en substance « ce sont des Français comme les autres et on ne peut pas les écarter… il n’y a pas de bons ou de mauvais Français… ».

Le sursaut des Français, la vague humaine qui avait déferlé après le second tour, les 82% de Jacques Chirac sont loin et ne signifient apparemment rien pour le fils d’immigré blanc qu’il est.

Car en France être immigré n’est pas très grave tant qu’on a la peau blanche et qu’on est ressortissant polonais, hongrois, américain, italien… européen quoi. Mais l’immigré arabe ou noir, quelle haine !

A propos, il y a déjà une blague qui circule après l’annonce faite par Zinedine Zidane de mettre un terme à sa carrière : c’est « Après la coupe du monde, Zidane deviendra un simple arabe ».

Demain, ceux de nos dirigeants qui serreront la main de Sarkozy et souriront avec lui nous feront sûrement regretter l’épisode de fierté nationale (de fierté africaine tout court) joué par Alpha Oumar Konaré dans son refus d’aller rencontrer Jacques Chirac à Dakar.

Quelles que soient les raisons pour lesquelles Nicolas Sarkozy doit fouler notre cher pays (développement machin-machin, coopération…), nos dirigeants ne doivent pas perdre de vue que les premiers négriers, les missionnaires, les colonisateurs (ceux-là mêmes qui jetaient nos frères aux requins ou qui les vendaient exactement comme des ânes) étaient animés, à leur point de vue, de bonnes intentions civilisatrices.

Sarkozy, d’origine hongroise, ne dérogera pas à la règle. Déjà, lors de sa première visite, l’arrogant ministre de l’Intérieur français était venu demander, avec bienveillance et hauteur de vue, à notre ministre de la Sécurité de l’aider à veiller à ce que notre pauvreté et nos pauvres ne partent en France. Demain, ce qui l’amènera chez nous ne doit pas nous intéresser tant qu’il lorgnera du côté du FN.

Simple conseil à nos amis français : réfléchir par deux fois avant de donner les commandes de la France à un homme aussi agité et ne jamais oublier que même Hitler avait été élu démocratiquement.

HAIDARA ML

15 mai 2006.