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La filariose lymphatique, plus connue sous le nom d’éléphantiasis, est une maladie transmise à l’homme par la piqûre de moustiques. Autrement dit, la transmission se fait d’une personne malade à une personne saine par la piqûre de moustiques. En 2004, les données de la cartographie sur la maladie, validées par l’OMS, ont confirmé la présence de la maladie dans toutes les régions avec un taux de prévalence global de 7,07 %.

Deuxième cause d’incapacité permanente, les manifestations cliniques d’éléphantiasis sont surtout les hypertrophies (grossissement énorme au niveau des jambes, des seins ou des organes génitaux). Sur le plan psychosocial, la maladie est cause de stigmatisation, de stress familial. Elle entraîne une perte économique importante puisque le malade est incapable d’être productif, d’où une baisse de revenus.

Selon Dr. Soumaré Massitan Dembélé, coordonnatrice du Programme national d’élimination de la filariose lymphatique, le traitement est possible avec l’association de deux médicaments : l’ivermectine et l’albendazole. Ces médicaments sont utilisés à titre préventif et curatif.

Les deux complications de la maladie sont l’éléphantiasis et l’hydrocèle chez les hommes, c’est-à-dire, du liquide qui entoure les testicules. Selon la coordonnatrice du Programme de lutte, les deux médicaments indiqués plus haut sont utilisés uniquement pour détruire le microbe au départ. « Mais, ils ne peuvent pas ramener la partie gonflée au niveau initial ».

A un stade très avancé, affirme Dr Soumaré, le traitement avec les comprimés pré cités sont inefficaces et un acte chirurgical ne peut pas ramener le membre affecté à son état naturel. En clair, les deux produits peuvent détruire les microbes, mais ne réparent pas les dommages occasionnés.

L’éléphantiasis est cause majeure de souffrance et d’incapacité surtout physique. Or, toute la population malienne est exposée à la maladie. Là où le bât blesse, si l’on en croit la responsable du Programme national d’élimination, c’est que sa structure connaît un retard dans la mobilisation des ressources pour distribuer gratuitement les médicaments mis à leur disposition par les partenaires.

Pendant ce temps, le Burkina Faso, en est à sa 4e année de traitement à travers une distribution gratuite. Selon la coordonnatrice, le gouvernement de ce pays a débloqué cette année 200 millions de F CFA à l’effet d’assurer la distribution gratuite des médicaments dans le pays.

Au vu des résultats, le Programme s’est fixé un seul objectif : éliminer l’éléphantiasis en tant que problème de santé publique au Mali d’ici 2015. Pour atteindre cet objectif, il entend mettre l’accent sur le traitement de masse et la prise en charge des incapacités. Encore faut-il que les moyens suivent.

Mohamed Daou

15 février 2006.