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La mauvaise conjoncture économique qui sévit dans le monde entier pose d’énormes défis à nos pays. En effet, cette crise menace de paralyser les économies, plongeant des millions des personnes dans la pauvreté, accentuant la misère et mettant en danger la vie, le bien-être et l’avenir des plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants. Ceux-ci ont donc besoin de protection sociale.

Leur cas est jugé suffisamment alarmant pour mériter l’organisation d’un forum national sur la pauvreté des enfants et la protection sociale. Cette rencontre s’est ouverte hier au Centre international des conférences de Bamako.

La cérémonie d’ouverture était présidée par le Premier ministre, Modibo Sidibé et s’est déroulée en présence des présidents d’institutions de la République, des membres du gouvernement, du directeur régional de l’Unicef pour l’Afrique de l’ouest et du centre, Gian Franco Rotigliano, du coordinateur résident du Système des Nations unies, Joseph Byll Cataria, des chefs de missions diplomatiques et consulaires.

Les partenaires techniques et financiers et les agences de coopération, les bureaux de l’Unicef au Cameroun, au Burkina Faso, et au Niger étaient représentés.

L’initiative de ce forum constitue une nouvelle preuve de l’engagement des décideurs à réduire les inégalités persistantes. Outre les professionnels du développement social, la rencontre regroupe les représentants des partenaires techniques et financiers, les membres de la société civile, les acteurs du monde de la protection de l’enfance.

Organisé sous l’égide du ministère du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées et la représentation de l’Unicef, ce rendez-vous est un cadre d’échanges propre à affiner la recherche de solutions pour le bien-être de l’enfance dans notre pays. Il traduit ainsi en actes concrets, les réponses aux questions des politiques sociales en faveur des enfants.


L’extrême pauvreté en progression

Le représentant résident de l’Unicef au Mali, Marcel K. Rudasingwa, a consacré l’essentiel de son intervention à la vulnérabilité des enfants face à la récession économique.

« La crise économique mondiale a des conséquences diverses et variées sur les enfants. Souvent retirés de l’école pour aller au travail ou pour aider leur famille, ou souffrant de malnutrition, car la nourriture devient de plus en plus rares, les enfants paient souvent un lourd tribu à la conjoncture », a-t-il constaté.

Pour ce qui concerne notre pays, le représentant résident de l’Unicef a révélé que la proportion d’enfants vivants dans l’extrême pauvreté est passée de 41,5 % en 2006 à 48,9 % en 2009, avec une progression plus importante dans les zones urbaines. La malnutrition chez les enfants de 0 à 4 ans est passée de 27,5 % à 33,8 % sur la même période.

« Ces situations, même si elles sont parfois temporaires, ont très souvent un impact permanent sur le développement du pays et l’avenir de ces enfants. La crise actuelle peut non seulement ralentir les progrès vers la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement, mais également annuler ou avoir un impact négatif sur les indicateurs sociaux liés aux enfants », a analysé Marcel K. Rudasingwa, tout en réitérant l’engagement de l’institution qu’il représente à accompagner notre pays dans son combat pour le développement et la promotion du droit des enfants.

Le ministre de la Solidarité, du Développement social et des Personnes âgées, Sékou Diakité, a indiqué que la problématique de la protection sociale, ainsi que définie dans la politique nationale se caractérise par sa transversalité et la diversité de ses acteurs.

Les concertations régulières entre les différents acteurs dans un souci de synergie devront, par conséquent, continuer de caractériser le processus de conception des politiques et programmes de protection sociale ainsi que leur mise en œuvre et leur suivi.


De nombreux acquis

A ce propos, il a évoqué les reformes imprimées par notre pays dans le cadre de la sécurité sociale à travers l’amélioration de la gestion des institutions en charge du domaine.

« Notre pays a accompli de gros efforts depuis quelques années pour l’amélioration de la vie des couches défavorisées. La mise en place de l’assurance maladie obligatoire dont le démarrage effectif des prestations est prévue à partir de 2010, la mise en place du régime d’assistance médicale, la gratuité effective de la prise en charge de la césarienne et les actions en cours pour la mise en place d’un système de couverture des risques et calamités agricoles, sont entres autres initiatives à saluer,« , a noté le ministre.

De nombreux acquis sont également enregistrés dans le domaine de la défense des droits de certaines catégories spécifiques de population : les femme, les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées.

Evoquant les actions concrètes menées dans ce sens, le ministre a cité l’institution du Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion, la création de la Banque malienne de solidarité, le programme de logements sociaux, la gratuité de certaines prestations de santé pour les femmes et les enfants.

Le Premier ministre Modibo Sidibé a souligné la pertinence de l’initiative de ce forum qui se tient dans un contexte international de crises avec de multiples corollaires. Cet environnement exige des gouvernements des pays aux ressources limitées comme le Mali, la recherche et la mise en œuvre de stratégies, politiques et programmes d’intervention appropriées.

« C’est conscient de l’urgence à satisfaire la forte attente des populations à un mieux-être, que le président de la République a proposé à notre pays, le Projet pour le développement économique et social, en vue d’imprimer une impulsion volontariste à la dynamique de croissance et de développement. Cela, en parfaite adéquation avec le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté et avec les Objectifs du millénaire pour le développement », a indiqué le chef du gouvernement.

Modibo Sidibé a par ailleurs souhaité que les travaux de ce forum ouvrent des nouvelles pistes pour alimenter le renforcement des politiques de lutte contre la pauvreté, notamment celle des enfants à travers un système de protection sociale qui devra davantage prendre en compte le souci de la juste répartition du fruit de la croissance.

La rencontre durera trois jours et se déroulera autour de quatre thèmes principaux : « pauvreté des enfants et inégalités« , « transferts des revenus et réduction de la pauvreté« , « protection sociale et les enfants en Afrique de l’ouest et du centre« , « hausse des prix des denrées alimentaires et l’impact sur l’alimentation des enfants ». Les discussions doivent aboutir à une meilleure articulation des actions des différents acteurs intervenant en faveur des enfants. C’est comme cela que l’on assurera leur protection sociale.


Doussou DJIRÉ

Essor du 13 Mai 2009