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Mais l’excision et le mariage précoce sont des pratiques profondément ancrées dans certaines communautés. Par exemple, l’excision toucherait 96 % des femmes dans la Région de Sikasso, 97 % dans celle de Kayes et 99 % à Koulikoro.

Une campagne de sensibilisation est actuellement en cours dans la Région de Sikasso. Le lancement de cette campagne qui se fait par le théâtre, a regroupé la semaine dernière à Sikasso, les autorités régionales, les représentants du Programme national de lutte contre la pratique de l’excision, les responsables de l’UNICEF, des services techniques de la région, de la société civile et des associations et ONG œuvrant dans le domaine de la promotion de la femme.

Initiée Programme national de lutte contre la pratique de l’excision en partenariat avec l’UNICEF et les services techniques de la promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, cette campagne de sensibilisation s’inscrit dans le cadre de « la quinzaine d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles ».

Pendant une quinzaine de jours, à travers une pièce de théâtre intitulée « le dernier couteau », des acteurs donnent de larges informations sur les méfaits de l’excision et du mariage précoce. La campagne couvrira la ville de Sikasso et les 28 villages du cercle.

A travers cette pièce de théâtre, les acteurs vont interagir avec le public et construire avec lui des messages forts sur la prévention de l’excision.
La cérémonie de lancement de la campagne a été marquée par plusieurs interventions. Le représentant de l’UNICEF, Zakaria Adam, a confirmé que l’excision constitue de nos jours un réel problème de santé publique à cause de son ampleur et de ses conséquences graves sur la santé et l’intégrité physique de la femme.

Sa pratique peut engendrer, a-t-il précisé, de graves conséquences comme l’hémorragie pouvant aboutir à la mort. Les infections à répétition, les déchirures, l’infertilité, les fistules, les complications de la grossesse et de l’accouchement, la liste des effets néfastes de l’excision est longue.

Cette campagne multimédia de communication en cours est soutenue par l’UNICEF. Elle entend renforcer du dialogue social par l’expression théâtrale « participative ». L’initiative traduit aussi l’engagement au niveau communautaire pour la lutte contre la pratique de l’excision et la suppression du mariage précoce.

Le gouverneur de la Région de Sikasso, Mamadou Issa Tapo, a estimé que la pratique de l’excision bien que remontant à la nuit des temps, ne se justifie plus et doit être abandonnée pour le bonheur et le bien-être de nos sœurs et filles. Le chef de l’exécutif régional a invité les responsables, tant au niveau public que communautaire, à s’investir pour l’abandon systématique de la pratique dans la région.

F. DIABATE

AMAP-Sikasso

Essor du 05 Février 2009