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Un nouveau traitement préventif du VIH Sida, recommandé par l’Organisation mondiale de la santé pour toutes les personnes à haut risque d’infection, commencera bientôt au Mali. Il s’agit de la Prophylaxie préexposition (Prep). C’est est un outil de prévention contre le VIH sida qui vient s’ajouter à ceux qui existent déjà, comme les préservatifs. Cette information a été livrée par les responsables de l’Arcad Santé Plus, une structure reconnue d’utilité publique depuis 2016 par les autorités du pays et qui lutte contre la propagation du VIH Sida au Mali. C’était lors d’un atelier à l’intention des journalistes.

En Afrique, les pays, à travers les organisations de la société civile, qui se sont battus pour l’avoir, sont le Mali, le Maroc et l’île Maurice. Pour le Mali, c’est Arcad Santé Plus, par son courage et sa détermination qui va assurer la mise œuvre du projet Prep Femmes auprès des personnes les plus exposées aux risques d’infection par le VIH. Selon les responsables de cette organisation, les professionnelles de sexes, c’est-à-dire les travailleuses de sexe (TS) seront les cibles qu’ils ont privilégiées à cause de leur taux élevé de prévalence qui est de 8,7%, selon la dernière enquête. Il s’agit donc pour eux, d’une stigmatisation positive. Cependant, elles ne sont pas les seules populations clés (les plus vulnérables). Il existe d’autres couches marginalisées qui sont entre autres, les usagers de drogue intraveineux, les hommes qui ont de sexe avec d’autres hommes et les personnes transgenres, la population carcérale.

Durant deux jours, (lundi 23 mai au mardi 24 mai) la formation était assurée par deux facilitateurs, Dr. Alou Coulibaly, directeur renforcement de capacité et Dr. Moussa Sidibé, médecin coordinateur clinique de santé sexuelle les Halles de Bamako. Ils étaient assistés de  Dr. Mariam Traoré, médecin Arcad santé plus, cheffe de projet Prep Femmes et Dr. Alpha Maky Tall, responsable chargé de plaidoyer, communication et mobilisation de ressources. Cet atelier visait à informer les journalistes et les animateurs de la presse, sur l’existence de la Prep et son intégration dans le programme de prévention combinée de la clinique de santé sexuelle des Halles de Bamako.

A en croire Dr. Moussa Sidibé, médecin coordinateur clinique de santé sexuelle les Halles de Bamako, pour accélérer la prévention et mettre fin à l’épidémie du VIH sida, l’Onusida et l’organisation mondiale de la Santé (OMS) recommandent depuis 2015 la prophylaxie préexposition (Prep) pour les populations les plus exposées aux risques d’acquisition du VIH sida. Selon lui, ça se fera dans le cadre d’un package de prévention combinée, c’est-à-dire un ensemble complet de services de prévention (les préservatifs, le conseil comportemental, et les dépistages réguliers…).

Pour Dr. Alou Coulibaly, directeur renforcement de capacités, bien que les tendances sont à la baisse dans la population générale avec un taux de prévalence de 1,1% (11 personnes sur 1000). Elles restent élevées dans des groupes spécifiques clés dans la dynamique épidémique de contamination et transmission du VIH, tels que les usagers de drogue intraveineux (UDI), les hommes qui ont de sexe avec d’autres hommes (HSH) et les travailleuses de sexe (TS) qui sont à 8,7% du taux de prévalence.

«Les lignes directrices et les résultats des recherches locales ont motivé le gouvernement du Mali à travers son ministère de la santé à inscrire la Prep dans le plan stratégique lors de la révision du protocole national de lutte contre le VIH», a-t-il fait savoir.

Avant d’insister: «La Prep est une stratégie de prévention biomédicale qui implique l’utilisation de médicaments antirétroviraux (ARV) pour réduire le risque de l’infection par le VIH chez les personnes séronégatives. Autrement dit, les personnes qui ne sont pas contaminées par le virus du Sida. Même si son efficacité est prouvée aussi bien chez les hommes que chez les femmes, l’accès à la Prep pour ces dernières, demeure difficile».

En Afrique subsaharienne les femmes et les filles représentaient environ 63% de toutes les nouvelles infections au VIH en 2020, selon l’OMS. La Prep est donc une bonne alternative pour ces femmes pour se protéger contre le VIH sida.

Moussa Sékou Diaby

Source: Le Tjikan