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Cette situation qui provoque des grincements de dents chez les usagers voire une indignation, annonce toute la problématique des places en hospitalisation dans les hôpitaux.

Il est courant de voir les malades s’entendre dire qu’il n’y a pas de places en hospitalisation. Sur la question nous avons approché la direction de l’hôpital Gabriel Touré pour avoir les informations utiles ou les précisions nécessaires.
A cet effet, le directeur de l’établissement, le Dr Abdoulaye Néné Coulibaly, explique que cet état de fait ne dénote nullement d’un refus. La déontologie médicale exige d’administrer des soins à tout le monde. Mais si le médecin estime qu’il ne peut le faire dans les conditions requises, il est en droit d’en référer à d’autres structures où ces conditions peuvent être réunies pour le patient, précise le patron de Gabriel Touré.

Il faut rappeler à ce propos que même les grands spécialistes des questions médicales s’accordent à dire que le médecin n’a pas obligation de résultats. Il peut guérir parfois mais il doit s’employer à toujours soulager le malade.
La problématique des places en hospitalisation touche tous nos établissements hospitaliers mais durement les deux gros bras des soins de 3è niveau de référence.

Il s’agit de l’hôpital du Point et Gabriel Touré. Ce dernier établissement est, nous le rappelons à toute occasion, victime de sa position géographique parce que situé en plein cœur de la capitale, l’établissement est plus accessible pour les Bamakois. En plus de cette réalité têtue, il y a la démographie galopante qui rentre également en ligne de compte.

Face à toute cette sollicitation, Gabriel Touré s’emploie dans la mesure du possible. Il est loin de pouvoir répondre à toute la demande en hospitalisation avec seulement 396 lits au total. Certains de ses services comme la réanimation n’en comptent que 10 seulement. En outre, le cas des malades de la traumatologie qui dépasse la moyenne d’hospitalisation de 3 jours généralement, joue sur la disponibilité. Certains d’entre eux restent souvent 45 jours.

Pour mettre mieux en exergue ce malaise en disponibilité de lits, le directeur de Gabriel Touré a fait un petit calcul. Selon les estimations, il est possible que 0,025% d’une population ait besoin de soins à l’intérieur d’une structure hospitalière. Or aujourd’hui Bamako qui compte un peu plus de 1 million d’âmes, peut se retrouver avec 2500 personnes dans cette situation. Même avec les deux grands hôpitaux du Point G et Gabriel Touré qui ont une capacité d’accueil de moins 1000 lits à eux deux, on est loin du compte. Il est tout à fait indiqué qu’un hôpital doit avoir environ 500 à 1000 lits.

Il convient de préciser que les cas d’urgence chirurgicale sont systématiquement pris en charge. La loi hospitalière adoptée dans notre en 2002, consacre cette disposition. Des kits d’urgence (trousses de médicaments nécessaires pour une intervention) sont disponibles au niveau de toutes les structures hospitalières.

Préoccupation essentielle. La question de disponibilité de lits est une préoccupation essentielle de Gabriel Touré et des autres établissements hospitaliers. Ils partagent presque la même réalité et vivent les mêmes difficultés en la matière.

Mais depuis un certain temps, les pouvoirs publics déploient des efforts immenses afin que nos CHU répondent toujours aux exigences énormes des hôpitaux modernes. En plus de ces actions, les directions des hôpitaux s’attachent à une réorganisation interne pour combler certaines insuffisances. Ainsi, une gestion concertée de l’hospitalisation, en tout cas pour ce qui concerne Gabriel Touré, est mise en œuvre. Deux mesures ont été prises à ce niveau.

Abdoulaye Néné Coulibaly note que la première concerne le logiciel du bureau d’entrée qui a été modifié pour prendre en compte les données d’hospitalisation. Ceci aura le mérite d’avoir une indication quotidienne de la disponibilité en terme de lits. Mais ce travail est fait en coordination avec les majors des différents services qui sont au début et à la fin du processus d’hospitalisation. La deuxième mesure est relative à la mise en place d’une commission de contrôle et suivi, en charge de passer de salles en salles les matins pour faire également le point à son niveau avec les majors.

Une autre disposition a été d’amener le service des urgences, à s’informer tous les matins de la disponibilité de places au niveau des différents services. Ainsi, le malade pris en charge en urgence peut être directement orienté vers le lit identifié dans un processus coordonné.

Mais parfois il y a une incompréhension sur la question de place. Le Dr Abdoulaye Néné Coulibaly tient à lever toute équivoque à ce niveau. La place peut être disponible mais pas adaptée, observe-t-il. A titre d’exemple, lorsque c’est une place dans une salle d’hospitalisation de femmes, elle ne peut accueillir un homme et inversement. La morale médicale est contre le fait de mettre ensemble les deux sexes.

Le directeur de Gabriel Touré déplore l’insuffisance de la communication à l’interne qui permet de résoudre beaucoup de problèmes. Il assure que des efforts seront faits pour que les services se parlent.

Une autre difficulté de l’hospitalisation reste la référence des malades mentaux. Parfois, la Protection civile, selon la direction de l’hôpital, envoie cette catégorie de patients dans un établissement qui ne dispose pas de service de psychiatrie. Or ces malades ne peuvent être mis avec les autres dans les salles d’hospitalisation.

Au niveau de Gabriel Touré, la problématique des places joue même sur le programme opératoire. Par exemple en chirurgie générale, il y a 6 chirurgiens qui doivent normalement opérer tous les jours mais faute de place, ils programment les interventions trois jours par semaine. Ainsi le programme opératoire déborde forcément.

Aujourd’hui l’ambition est de s’engager dans l’amélioration des choses. Il est envisagé, explique le directeur de Gabriel Touré, de casser et de faire un grand pavillon d’hospitalisation de R + 3, c’est-à-dire rez-de-chaussée plus 3 niveaux. Ce qui permettra de mettre environ 150 lits de plus. Le financement pour les études architecturales de cet édifice est déjà acquis sur le budget spécial d’investissement (BSI).

En attendant les malades doivent continuer à prendre leur mal en patience. Mais ils doivent aussi comprendre que l’hôpital ne gagne rien en refusant de les hospitaliser. La triste question de places en hospitalisation est une réalité. Il n’y aucune mauvaise foi à ce niveau.

B. DOUMBIA

Lutte contre le Sida : L’approche locale

Les efforts fait au niveau communautaire, local et national pour réduire la propagation du VIH et atténuer les effets de l’épidémie ont abouti à d’indéniables progrès qui constituent aujourd’hui une lueur d’espoir. La prise de conscience de plus en plus grande dans la coordination et le suivi de la lutte tant au niveau national que régional nécessitent un changement d’approche, si l’on veut réaliser de bons résultats dans la lutte contre la pandémie. C’est un exercice d’explication fait par le secrétaire exécutif du Haut conseil national de lutte contre le VIH/SIDA, Malick Sène.

Selon Malick Sène, les approches dominantes du VIH et du Sida ont eu tendance à se concentrer sur les aspects épidémiologiques liés aux comportements sexuels sans tenir compte de l’environnement socio-économique plus global. « Il y a très peu d’orientation conceptuelle ou de programme pour faciliter l’effectivité de la multisectorialité, de l’intersectorialité dans le contexte global de politique de décentralisation », a indiqué Malick Sène. Or le document cadre de lutte contre le Sida (2006/2010) vise à promouvoir un environnement favorable à l’appropriation, la durabilité et la bonne gouvernance de la lutte.

Pour faciliter l’effectivité de l’appropriation de la lutte par toutes les parties prenantes en vue de consolider la durabilité et la gouvernance de la lutte, une approche systémique de l’intégration du VIH et du Sida à tous les niveaux semble être la stratégie la plus indiquée. Pour Malick Sène, cette appropriation est nécessaire à la compréhension des uns et des autres.

Car les ressources extérieures (insuffisantes), constituant l’essentiel du trésor de guerre dans la lutte contre la pandémie, ne sont pas inépuisables.
Un jour ou l’autre, elles vont s’arrêter et le financement interne prendra le relais. C’est pourquoi, avant l’arrêt de ces subventions extérieures, il faudrait que la riposte nationale s’organise en conséquence, pour palier d’éventuelle surprise.

« L’organisation de la réponse régionale est nécessaire pour faciliter l’émergence et la consolidation d’un environnement régional, local, communal et communautaire pour l’appropriation de la lutte par les parties prenantes clés et par voie de conséquence renforcer la pérennité de la lutte dans un contexte favorable de bonne gouvernance« , a précisé Malick Sène qui dira que notre pays qui bien que n’ayant pas une longue histoire organisationnelle de lutte contre la pandémie, fait déjà figure d’école dans la sous-région.

Les conseils régionaux et surégionaux ont pour mandat d’assurer la coordination multiscetorielle de la politique de lutte contre le Sida menée au niveau régional, local, communal et communautaire ; veiller à l’intégration de la lutte contre le VIH et le Sida dans les plans de développement régionaux, locaux et communaux ; faire le plaidoyer pour la mobilisation des ressources humaines et financières et suivre les programmes d’intervention dans les limites de sa compétence territoriale.

A O. DIALLO

Essor du

11 Novembre 2008