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L’ouverture de ce grand rendez-vous scientifique a été présidée par le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, au Centre international des conférences qui avait revêtu ses plus beaux atours pour la circonstance. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Premier ministre Modibo Sidibé, de membres du gouvernement, de ministres venus d’autres pays, de représentants du corps diplomatique, de sommités de la recherche.

Les pays africains doivent faire beaucoup en matière de recherche en santé. Il faut qu’ils investissent dans ce domaine pour s’assurer un avenir meilleur, c’est-à-dire le développement.

La recherche, dans une vision globale, est perçue dans l’esprit et la lettre comme un impératif de développement qui requiert la disponibilité des ressources humaines et financières mais aussi des structures. Cet état de fait nécessite l’engagement des pouvoirs publics africains et l’accompagnement des partenaires techniques et financiers.

La rencontre de Bamako entend créer un cadre de concertations et d’échanges sur les préoccupations essentielles des pays en matière de recherche et sur les priorités à définir en vue de répondre aux différentes aspirations en matière de bien-être sanitaire.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a souligné combien l’organisation de ce forum procédait de la volonté d’asseoir une culture de la recherche en santé en Afrique. En effet les stratégies de santé publique et de soins du 21è siècle, sont basées sur des « évidences scientifiques » et l’Afrique se doit de maîtriser la science et la technologie, a noté le chef de l’Etat.

Il a souligné que la mobilisation de la communauté scientifique africaine comme recommandée par le 19è congrès des hommes de sciences en Afrique, est nécessaire pour relever certains défis sur le continent. Il s’agit des fardeaux endémiques que sont le paludisme, le Vih/Sida et la tuberculose mais aussi des virus émergents comme les fièvres hémorragiques et la grippe aviaire et d’autres épidémies liées aux changements climatiques.

La recherche pour la santé est une exigence de développement, comme l’atteste l’exemple des pays développés et émergents. Ceux-ci ont compris que la recherche reste la base du progrès donc forcement du développement à bien des égards.

La recherche pour la santé intègre une large vision. Elle met à contribution toutes les initiatives ou actions destinées à répondre aux besoins des pays en terme d’amélioration de la santé de nos populations.
Les recherches permettent de développer des stratégies efficaces de lutte contre les maladies par exemple, mais aussi d’orienter les décisions des autorités. Fort de ce fait, les résultats de la recherche doivent être pris en compte.

Le docteur Luis Gomes Sambo, directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), s’est chargé de lire le discours de la directrice générale de l’OMS, Mme Margaret Chan.

Il a relevé que notre pays dispose d’un atout capital : sa politique consacrée à l’accès équitable aux soins de santé comme une ambition nationale, une forte demande de la base pour des soins de qualité et de proximité.

Pour Walter Erdelen, le directeur général adjoint de l’UNESCO, les recommandations du forum seront cruciales pour la recherche mondiale. A cet effet, il a rappelé l’obligation morale d’avoir des résultats à Bamako. « Mais ceux-ci ne peuvent être atteints que si nous sommes créatifs », a-t-il averti.

Le rendez-vous bamakois ambitionne de débattre de grandes questions liées à la recherche pour le développement de la santé et l’équité. Les discussions dans les panels creuseront ces aspects.

« Quel héritage laisserons-nous à l’issue de la réunion de Bamako ? » s’est interrogé de Gill Samuels, la présidente de Global Forum Health Research ou Forum mondial sur la recherche pour la santé, en insistant sur les immenses attentes que le forum soulève. « L’impact et la qualité de nos travaux seront jugés à l’aune des innovations. L’égalité en matière de santé est une priorité », a dit Gill Samuel.

Dans la même veine, la représentante du Conseil de la recherche en santé pour le développement (COHRED), Aissatou Touré a évoqué les progrès réalisés en matière de recherche. L’intérêt pour la recherche pour la santé s’est accru ces dernières années parce que la recherche est une stratégie essentielle qui peut nous aider à atteindre la santé pour tous de façons différentes, a-t-elle noté.

Après ces différentes interventions, un film sur les institutions de recherche au Mali a été projeté. Ce documentaire donne une indication intéressante de notre potentiel de recherche en terme d’institutions ou de centres de recherche, mais aussi de ressources humaines.

Les organisateurs ont ensuite briefé le chef de l’État sur la future Maison de la recherche. Cette institution sera bâtie sur 3 500 mètres carrés dans l’espace santé de Yirimadio, (c’est-à-dire le futur complexe hospitalier). La construction de l’édifice coûtera 1,8 milliard Fcfa.

B. DOUMBIA

Essor du 18 novembre 2008