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Lors de l’atelier sur la loi SR et ses textes d’application que le Population Refrence Bureau a organisé à Dakar du 4 au 6 mai derniers en partenariat avec l’Association sénégalaise pour le bien-être familial (ASBEF), il est ressorti que les populations ne sont pas informées sur le vote des lois, notamment dans le domaine de la santé de la reproduction où les questions restent très sensibles.

Famara Sarr, ancien président du Réseau des parlementaires en santé et population, a souligné la nécessité de légiférer en intégrant les croyances et les réalités qui existent. A ses dires, les obstacles ne sont pas seulement juridiques. « Nous sommes confrontés à des obstacles socioculturels, des obstacles spécifiques à certains terroirs ou certaines ethnies ».

A la lumière des débats, il est apparu qu’il est plus que nécessaire, pour nos Etats, de faire un état des lieux pour une meilleure application lorsque la loi est votée. « Si au Sénégal, la loi a été adoptée et promulguée et que le texte d’application tarde à être adopté, il en est de même au Mali et au Burkina pour ne citer que ceux-ci », a-t-il précisé.

 » Nos autorités signent et ratifient des conventions internationales notamment sur les questions sociales particulièrement sur la santé, alors qu’elles savent qu’on ne peut décider de choses importantes comme la santé de la reproduction sur le dos des populations sans les informer », a dit Mme Ngoné Ndoye, présidente de la commission santé du Sénat du Sénégal.

Elle a ajouté qu’il est plus facile de parler aux populations sur ces questions, de prendre en compte leurs cultures, leurs réalités et leurs valeurs, les amener à adhérer et à respecter les lois votées. « Il s’agit tout simplement de sensibiliser les populations avec des arguments qui mettent en avant le souci de leur bien-être en matière de santé et d’équilibre social », a-t-elle indiqué.

A l’en croire, cela permettra aux populations de s’approprier les campagnes pour aller vers un cadre législatif et réglementaire. « Mais, si le processus est inversé, l’application reste difficile parce que les gens n’aiment pas être frustrés dans leurs valeurs et leurs réalités », a-t-elle précisé.

D’où la nécessité d’un argumentaire sur les questions sanitaires, pour amener les populations à comprendre et à adhérer à la planification familiale. Lorsqu’on fait une loi, le premier pas, c’est d’abord une campagne d’information et de sensibilisation, surtout pour des questions aussi sensibles que la santé de la reproduction, avec notamment la planification familiale, les mutilations génitales, les avortements, a dit la sénatrice.

 » La nouvelle démarche de l’institution dont je suis membre consiste à accompagner les votes de lois par une campagne de sensibilisation à la base et sur le terrain afin de faire un travail de suivi et d’évaluation pour les budgets mis à la disposition de l’exécutif », a informé Mme Ndoye.

Idrissa Sako

13 Mai 2010.