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C’était lors de l’audience de la Cour d’assises du vendredi 29 février dernier. Celle-ci était présidée par Mama Diarra, avec sur le banc du ministère public, le substitut du Procureur général, Moussa Bagayogo.

L’accusée ayant reconnu les faits de coups mortels à lui reprochés, la Cour, présidée par Mama Diarra, l’a condamnée à neuf ans de prison ferme. L’information a établi les faits suivants : le 17 octobre 2006, à Tiguiya, cercle de Kolondiéba, aux premières heures de la journée, une vive dispute opposait Sanata Diallo à sa co-épouse Sandja Kouyaté, au sujet de leurs enfants respectifs. Sachant que son protagoniste devait rejoindre leur commun époux, Drissa Diakité, au champ à la demande de celui-ci, Sanata prit la résolution d’aller lui tendre un guet-apens sur le chemin, en vue de lui faire payer l’insolence osée à son endroit.

En exécution de son projet criminel, elle alla s’embusquer derrière des buissons aux abords du sentier menant au champ. Toutefois, persuadée de la condition physique dominante de sa rivale sur la sienne propre, elle s’avisa de s’armer d’un bâton, tout en comptant sur l’effet de surprise. C’est ainsi que dès que Sandjè apparut, elle lui asséna au front un coup tellement violent que sa victime s’affala pour aussitôt perdre conscience.

Certainement comblée, Sanata abandonna Sandjè à son sort dramatique et disparut dans la nature. C’est plus tard que leur beau-frère, Mahamadou Diakité, en partance lui aussi pour le champ, découvrit Sandjè presque inanimée. Il alerta aussitôt son mari Drissa Diakité, lequel se précipita sur les lieux pour la transporter par charrette au village où elle arriva encore en vie. Mais, à l’arrivée de l’ambulance de Kolondiéba, requise pour son évacuation au Centre de Référence de cette ville, l’infirmier venu à bord pour toute assistance utile, dût constater le décès de la blessée survenue entre-temps. Vingt quatre heures plus tard, Sanata Diallo dût mettre fin à sa cavale pour se rendre d’elle-même à la gendarmerie avouer son forfait.

A la barre, l’accusée a soutenu les mêmes propos qu’à l’information : «j’ai usé du guet-apens pour administrer des coups à ma victime, car de face, je ne pouvais pas la battre, eu égard au fait que nos forces sont inégales en sa faveur» a-t-elle ajouté.

Le ministère public, représenté par Moussa Bagayogo, a retracé les faits selon l’arrêt de renvoi, en mettant l’accent sur leur constance avant d’ajouter qu’à son avis l’accusée a bien mûri son coup. «Mesdames et Messieurs de la Cour, il résulte de charges suffisantes contre Sanata Diallo d’avoir volontairement porté des coups et blessures sur la personne de Sandjè Kouyaté. A cette circonstance que les coups portés et les blessures faites sans intention de donner la mort, l’ont cependant occasionnée, d’une part, et de l’autre, ont été précédés de préméditation et de guet-apens. Ces faits, prévus et réprimés par les articles 202 du code pénal, peuvent donner lieu à l’application de peines criminelles» a soutenu le ministère public avant de solliciter qu’il plaise à la Cour de déclarer l’accusée coupable.

Quant à la défense assurée par Me Aboubacar Souleymane Diarra, il a, compte tenu de la constance des faits, plaidé coupable, tout en s’évertuant de défendre la non aggravation des coups mortels avant de solliciter le bénéfice des circonstances atténuantes pour son client : «je sais que ma mission, c’est aider la justice à trancher la vérité. Les faits sont clairs. Il s’agit de coups mortels et non aggravation de coups, car aucune preuve n’a été fournie. Donc, je vous demande, mesdames et messieurs de la Cour, le bénéfice des circonstances atténuantes» a-t-il laissé entendre.

Déclarée coupable, mais avec des circonstances atténuantes, Sanata Diallo a écopé de neuf ans de réclusion criminelle.

Bandiougou DIABATE
Stagiaire

03 Mars 2008.