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Qui ne connaît, n’a vu ou entendu parler du célèbre monument qui trône à Bamako aux croisement des « Six routes » : l’intersection des rues qui passent devant les locaux de la Mairie centrale du District de Bamako, le Carrefour des jeunes (ex Bamako Club), le Ministère de l’éducation Nationale, le siège de PMU-Mali, le Commissariat de police du 1er arrondissement, la Chambre de commerce et d’industrie, ainsi que la Régie des chemins de fer ? Il est difficile pour toute personne ayant visité Bamako de répondre par l’affirmative. De même, combien de personnes sont-elles à même de raconter son histoire ? Peu, très peu, j’en suis sûr, y compris les illustres Conseillers, Travailleurs municipaux ou communaux et Maires qui se sont succédés au niveau de la Mairie de Bamako, la ville des 3 caïmans. Alors, lisez, pour votre propre gouverne !!!


Le Monument aux Héros de l’armée noire coloniale :

Ce superbe monument, gloire à l’armée française d’alors, en lui seul constitue toute une page entière de l’histoire coloniale. En traversant océans et mers, il est arrivé à Bamako par transport ferroviaire, via Dakar avant d’être érigé le 3 janvier 1924 en son emplacement actuel, lors d’une mémorable cérémonie, sous le patronnage de haute personnalités françaises comme :
– M. Alexandre Millerand, Président de la république française ;
– M. Raymond Poincaré, président du Conseil ;
– M. Albert Sarraut, ministre des Colonies ;
– M. Jules Carde, Gouverneur Général de l’AOF ;
– M. Martial Merlin, ancien gouverneur général de l’AOF ;
– M. André Touzet, gouverneur des colonies ;
– M. Terrason de Fougères, lieutenant – gouverneur par intérim du Soudan français ;
– M. Olivier de Sanderval, gouverneur titulaire de la colonie ; et
– M. Henri-Edouard Claudel, Général de division Commandant supérieur des troupes de l’AOF .

La présence de ses hautes personnalités est toute une preuve de l’importance de ce monument dans le cadre de reconnaissance des services rendus par nos ancêtres, les braves « Tire ailleurs » pardon, tirailleurs sénégalais au service de la Grande France.

Et comme le disait l’autre : en témoignage de la reconnaissance envers les enfants d’adoption de la France, morts en combattant pour la « liberté et la civilisation ».

C’est le lieu de rappeler que sur 80.000 tirailleurs alignés sur les fronts européens, en plus des milliers de blessés et d’infirmes à vie, 15 à 20% resteront sur le champ de bataille, mieux d’honneur.


Et les Sofas de Samory dans tout cela ?

Méconnu de la population et surtout des hommes de la Culture et des Arts, ce monument est à tort reconnu sous le nom des « Sofas de El Hadj Samory Touré », ce grand opposant à la pénétration coloniale et stratège de la célèbre tactique de la terre brûlée. Oui, les anciens vous en diront plus.

Ce serait une abération de croire qu’à l’aide des souscriptions consenties par les communes de France et les amis des troupes noires françaises, sur initiative du Général Archinard, ancien Commandant supérieur du Soudan français, que les colons érigeraient un si bel et significatif ouvrage à la gloire de leur farouche ennemi qu’à été l’Almamy Samory Touré.


A propos de ce monument de Bamako et de Reims …

Il est constitué d’un socle rectangulaire en granit rapporté, spécialement d’Afrique pour la circonstance.

Sur ce socle, sont gravés les noms des principales batailles au cours desquelles, les troupes africaines avaient été engagées au cours de la 1ère guerre mondiale.

Le socle est surmonté d’un bronze représentant un groupe de cinq soldats africains du corps d’armée colonial, rassemblés autour d’un drapeau français porté par un soldat blanc, symbolisant ainsi le compagnonnage entre les tirailleurs et les soldats de l’armée française.
Que faut il comprendre avec ce chiffre 5 contre 1 des auteurs de l’ouvrage ? Est-ce la véritable proportion des soldats engagés sur le front de guerre ? Allez-y savoir et n’oubliez pas de me tenir au courant, afin que je partage avec vous mes informations recueillies auprès des sources des auteurs !

Inscriptions sur le monument…

Au-delà de la date de 1924, aux quatre angles du monument, sont inscrits les noms des lieux où durant la première guerre mondiale (1914-1918), les tirailleurs sénégalais se sont illustrés.

Nord- Ouest : Verdun

Chemin des Dames

Alsace

Champagne


Sud -Est : Orient


Maroc

Cameroun

Togo

Nord- Est : Yser

Arras

Dardanelles

Somme

Sud- ouest : Marne

Reims

Château Thierry

Aisne

(à suivre…)

FCAEK, architecture

maliarchitecture@yahoo.fr

Sources documentaires :
– archives nationales du mali
– archives France d’outre-mer
– documents sur la ville de Reims
– fonds privés