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Qui ne connaît, n’a vu ou entendu parler du célèbre monument qui trône à Bamako aux croisement des « Six routes » : l’intersection des rues qui passent devant les locaux de la Mairie centrale du District de Bamako, le Carrefour des jeunes (ex Bamako Club), le Ministère de l’éducation Nationale, le siège de PMU-Mali, le Commissariat de police du 1er arrondissement, la Chambre de commerce et d’industrie, ainsi que la Régie des chemins de fer ? Il est difficile pour toute personne ayant visité Bamako de répondre par l’affirmative. De même, combien de personnes sont-elles à même de raconter son histoire ? Peu, très peu, j’en suis sûr, y compris les illustres Conseillers, Travailleurs municipaux ou communaux et Maires qui se sont succédés au niveau de la Mairie de Bamako, la ville des 3 caïmans. Alors, lisez, pour votre propre gouverne !!!

Le monument de Bamako et de Reims

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Pour ce monument érigé à Reims, les dates suivantes sont à retenir :
– Octobre 1922, pose de la première pierre en présence d’éminentes personnalités et acteurs de la ville, de la région, du pays et du continent,
– Juin 1924, le marquis Melchior DE POLIGNAC informe le maire de la régularisation de la cession gracieuse à la ville du site du monument de 173,75m2.
– Juillet 1924, inauguration du monument de Reims sous la présidence de Edouard DALADIER, ministre des Colonies.

En 1940, lors de la 2ème guerre mondiale, le Monument est jugé et condamné par les Allemands et connaîtra un autre sort.

A la fin à la 2ème guerre mondiale, le monument sera remplacé par une autre réalisation non moins intéressante et évocatrice de passés et faits d’armes glorieux.
Le Monument aux « Héros de l’Armée Noire », significative oeuvre sculpturale, édifié à Reims est la réplique exacte de celle édifiée à Bamako exactement le 3 janvier 1924.

La ville de Reims, après celle de Bamako

Réalisé en France en 1922 par un sculpteur et un architecte et transporté à Bamako via Dakar, c’est important de le noter, cette oeuvre magnifique constitue à elle seule, une page entière de l’histoire coloniale.

Le monument est constitué de cinq soldats noirs et d’un soldat blanc tenant un drapeau, symbolisant ainsi le compagnonnage entre les «tirailleurs» et les soldats de l’armée de la « Grande France ».

Est-ce nécessaire de rappeler ou de justifier que :

– sur les 80.000 soudanais alignés sur les fronts de bataille 15 à 20% resteront sur le champ d’honneur ainsi que des milliers de blessés et d’infirmes à vie ;
– le continent africain, alors comportant plusieurs colonies françaises, était le lieu privilégié et indiqué pour garder de manière sûre le trésor français à l’abri des envahisseurs : Bamako ou Kayes sont ils demeurés en reste ?
– pour l’effort de guerre sollicité par la métropole, le soudan, par le volume et la quantité de son don, a occupé une place importante ;
– pour le ravitaillement en denrées alimentaires des troupes africaines plus connus sous le nom de tirailleurs sénégalais, le village de Tienfala s’est fait distingué.

Le village de Tienfala

Situé à une trentaine de kilomètres de Bamako sur la voie ferrée Dakar-Niger, le village de Tienfala comme celui de Massala (Koulikoro) était très connu à l’époque. _ Un des points de départ de l’office du Niger, Tienfala doit sa réputation à la production immense de riz qu’il fournissait pour la nourriture des guerriers.

Un proverbe de chez nous ne dit-il pas que : « un sac vide ne saurait se tenir debout ». Nourriture par excellence de l’africain, le riz est la denrée qu’il fallait trouver aux troupes pour résister, surtout à un moment qu’il était difficile en Europe de penser « semence, culture et récolte » tout étant champ de guerre ou potentiel champ de guerre.


Erection du monument à Bamako

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Le monument a été érigé sous le patronage de MM. Millerand, Président de la République française, Poincaré, Président du Conseil, Albert Sarraut, Ministre des Colonies, Merlin, ancien gouverneur général de l’AOF. Ont assisté à la cérémonie les chefferies et notabilités de Bamako.

Fruit de l’aide et des souscriptions des communes de France et des amis des troupes noires françaises sur l’initiative du Général Archinard, ancien Commandant supérieur du Soudan français, le monument a été inauguré le 3 janvier 1924 à Bamako.

On notait la présence de personnalités comme: MM Carde, Gouverneur Général de l’AOF ; Claudel, Général de division, Commandant supérieur des troupes de l’AOF ; Touzet, gouverneur des colonies ; Terrasson de Fougères, lieutenant-gouverneur par intérim du Soudan Français et M. Olivier était gouverneur titulaire de la colonie.

Quels sont les acteurs de cette œuvre ? Que signifie-t-elle ?

(à suivre…)

FCAEK, Architecture

maliarchitecture@yahoo.fr

Sources documentaires :
– archives nationales du Mali
– archives France d’outre-mer
– documents sur la ville de Reims
– fonds privés