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L’engage citoyenne est une qualité qui se fait rare au Mali. Or, le socle de tout développement est basé sur la société civile. Samérou Diallo, est un jeune engagé pour la cause de la Commune I. Il est le coordinateur de l’Association Démocratie 101, membre de plusieurs autres associations comme Dugu Yeelen, IFE-Mali, Cine-Droit Libre Mali.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous engager pour la cause de votre Commune ?
Samérou Diallo : Je suis de la Commune I, c’est la Commune où nous avons rencontrés toutes sortes de difficultés pour essayer de faire revenir les élus locaux sur le chemin de la bonne gouvernance. On n’avait plus le choix en tant que jeune de la Commune. J’ai fait mon enfance à Sikoro, étant le premier quartier du District de Bamako. On a tendance à croire que Sikoro, ce sont les histoires des Niaré. Pour nous, ce n’est pas seulement une question d’autochtone pour contribuer au développement d’un quartier. C’est partant de ce constant que nous nous sommes engagés en tant que jeune depuis, 2007-2008 pour mobiliser seulement les gens à aller payer leurs taxes de façon volontaire. On refuse d’aller les taxes que jusqu’à ce qu’on ait un enfant et la mairie vous dit de payer les 3 mille francs CFA pour avoir l’acte de naissance de ton enfant, le volet 3. La loi est contre ça, le volet 3 est gratuit.
C’est pour cela que nous nous sommes engagés, chaque année, à faire une campagne de sensibilisation citoyenne pour mobiliser les jeunes à aller payer les taxes volontairement. C’est un défi au sein de mon organisation, chaque année, tout le monde paye ses impôts et taxes et leur permettent également de prendre à toutes activités de l’association. Nous initions des activités citoyennes pour contribuer au développement du quartier. De Sikoro, nous sommes partis à Baconi, Boulkasobougou. Actuellement, nous sommes dans les 9 quartiers de la Commune I. Au-delà de payer les taxes, nous nous sommes dit qu’il y a un problème fondamental à Bamako, pas seulement en Commune I, mais partout. Il s’agit de celui des espaces publics dans des quartiers. Nous avons tendance à comprendre que ces espaces publics existent plus. L’autorité communale dès qu’elle est à la mairie, la première des choses est de morceler ces espaces et de les vendre comme elle veule. Alors, nous avons commencés ce combat en 2009. Nous avons pu sauvegarder au moins 5 espaces à Sikoro et d’autres dans la Commune I. ces points sont de défis pour nous. Et nous invitons nos autorités locales à revenir sur le chemin de la gouvernance, parce que nous nous sommes là pour vous surveiller comme du lait sur le feu.

Quelles ont été les difficultés rencontrées et comment vous les avez surmontées ?
SD : Premièrement, l’autorité communale refuse de nous rencontrer. Elle pense que nous sommes là pour les critiquer. Nous ne pouvons pas parler de gouvernance sans pourtant critiquer ceux qui sont à la tête. Ce sont eux, qui sont à la tête aujourd’hui. Demain, ils peuvent être des citoyens comme nous aussi nous pouvons être des dirigeants à leur place. Donc, il faut accepter qu’on vous critiquez pour proposer des solutions. Mais elle nous fuit. Nous voulons créer des cadres d’échanger pour leur permettre d’expliquer ce qu’elle a comme problème. L’autre difficulté, c’est la population en tant que telle, les citoyens refusent d’aller payer leurs taxes et disent que c’est une question de ceux qui sont allés à l’école. Alors que le développement n’est pas seulement une question de ceux qui sont allés à l’école. Il doit être inclusif et participatif. C’est vrai, le travail est difficile pour nous, mais pour nous sommes en train de commencer à sensibiliser la population pour qu’elle puisse adhérer à l’idée que nous avons et leur faire comprendre que tout ce que nous en train d’entreprendre de contribuer au développement du quartier.
Nous avons aussi un problème lié à la politique. Si une telle autorité est dans un parti politique et que le parti est implanté dans le quartier. Ce sont les militants de ce parti-là qui se retournent contre nous. Ils disent que nous ne sommes pas contre X ou Y, mais nous nous sommes contre un système dont X ou Y est sensé diriger ou mettre du changement. C’est ça l’objectif que nous nous avons. Les difficultés, nous n’en manquons pas, mais comment les surmontent ? Nous surmontons ces difficultés-là à travers notre engagement. Parce que nous avons un idéal. Nous ne nous décourageons jamais et c’est notre créneau.

Pour un Mali uni et apaisé, quels sont les conseils que vous avez à donner à la population et particulièrement à la jeunesse ?
SD : Pour un Mali uni, je dirai d’abord à nous les jeunes de se former et de s’intéresser au développement de nos communes. Tout développement commence par les quartiers et les Communes… Cette chaîne ne doit pas être brisée. C’est-à-dire que nous pensons que c’est le président qui est au sommet et c’est à lui de tout faire. C’est vrai, il doit donner un bon exemple, mais moi étant le citoyen, qui est en bas, doit se rendre compte que ça commence par moi d’abord. C’est à moi d’imposer un système au président qui est en haut. À mon avis, un Mali uni et apaisé doit commencer par un engagement propre à nous-même et par une citoyenneté active.
Il faut mettre en place un système de gouvernance qui va nous permettre de demander des questions de recevabilité à nos dirigeants. Ils doivent savoir qu’ils ne doivent rester les bras croisés et attendre chaque fois qu’on leur pose des questions. Mais ils doivent avoir le courage de revenir à la base et de dire ceux qu’ils ont faits et ceux qu’ils doivent faire. Pour un Mali uni et apaisé, il faut le respect des textes. Il faut aussi lutter contre la mauvaise gouvernance, parce que c’est elle qui est à la base de tout ce qui est comme recommandation, réclamation. Les dirigeants doivent faire ce mea-culpa et revenir à la base et se poser des bonnes questions. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Qu’est-ce que je dois faire pour que je puisse être à l’attente de mes populations. Nous ne devons pas avoir des hommes forts, mais des institutions, parce que l’homme est appelé à partir et ce sont les institutions qui demeurent.
Jacques Coulibaly