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L’accord dit d’Alger auquel le président Keïta tient comme à la prunelle de ses yeux vient de commettre sa énième disqualification. L’on rappelle que sa signature est intervenue, en 2015, contre la volonté du peuple malien entre le gouvernement de la République du Mali et les groupes qui sèment la terreur dans le septentrion de notre pays. Cet accord était présenté par la partie malienne comme la solution à la crise sécuritaire qui secoue notre pays, depuis 2012.

C’est avec amertume que nous avons appris par voie de presse que notre armée nationale a encore enregistré des morts dans ses rangs. En effet, tôt, ce samedi 27 janvier 2018, nos forces de défense et de sécurité campées à Soumpi dans le cercle de Nianfunké ont été l’objet d’une attaque surprise et violente de la part d’hommes en armes dénommés assaillants.

La surprise fut si grande que l’armée malienne a du céder le camp sous les tirs croisés des ennemis de la paix. Le bilan est particulièrement lourd: quatorze (14) soldats maliens tués et dix-huit (18) autres blessés. A cela, il faut ajouter des dégâts matériels importants côté malien. Ce n’est que des heures après que les renforts des forces armées maliennes sont arrivés sur les lieux pour reprendre le contrôle du camp.
Ce qui ne fait plus l’ombre d’aucun doute même pour ceux qui n’aiment pas le Mali, c’est que l’accord de paix d’Alger a été le créneau idoine de l’insécurité dans notre pays. Cet accord consacre la présence sur notre sol de forces étrangères comme celles de la France, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation du au Mali (MUNISMA) et du G5 Sahel nouvellement constitué.
Le constat est amer: en dépit de la présence de ces troupes dans notre pays, la paix se fait toujours attendre et alors très impatiemment. En lieu et place de cette paix appelée de tous les vœux nos forces de défense et de sécurité ainsi que nos populations civiles du Nord et du Centre subissent de plein fouet les affres d’une guerre qui nous a été imposée par le truchement de la volonté de l’ex-colonisateur français de voir notre pays à nouveau balkanisé et soumis à sa volonté.

Cette volonté de main basse sur notre territoire est l’une des causes fondamentales de l’insécurité récurrente, voire de la guerre larvée sur notre sol. Cela ne saurait étonner quelqu’un qui jette un coup d’œil dans l’histoire des relations de la France avec notre pays avant, pendant et après la colonisation. L’un des gages du pouvoir colonial français était de construire à Tessalit une forteresse militaire pouvant permettre à la France de contrôler tout le Sahel.

A l’accord d’Alger est venus se greffer l’accord de défense entre la France et le Mali par la responsabilité du gouvernement d’IBK. Nul doute que cet accord était un moyen pour la France de museler l’armée malienne pour l’empêcher d’accomplir sa mission régalienne qui est la défense de l’intégrité territoriale du Mali.

De la signature de l’accord d’Alger, le Mali n’a pas fini de pleurer des dizaines de centaines de morts (militaires comme civils). Mais pour qui comprend les conditions de négociations des deux accords et leurs signataires, il n’est pas étonnant que le Mali n’ait pas encore connu la paix. Tout se passe depuis comme un accord tacite de paix entre l’épervier et les poussins de la basse-cour.

L’accord d’Alger, loin d’apporter la paix constitue le moyen le plus propice de transformer notre territoire en champ de bataille pour le contrôle des ressources minières et du chemin de la drogue en partance pour l’Europe et les pays africains.
Dans ces conditions, il n’est exagéré de dire que non seulement, l’accord ‘Alger a mis entre parenthèses le consentement de notre pays mais surtout fait du septentrion malien un no man’s land avéré.

Les quatorze (14) pertes s’ajoutent à une liste déjà trop longue pour que notre peuple dise enfin trop c’est trop.

Fodé KEITA

Du 29 Janvier 2018