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La quantité de déchets solides sécrétés dans le district est estimé à plus de 300.000 m3 l’an. En dehors de l’aspect inesthétique et malodorant des tas d’ordures qui se fondent de plus en plus dans l’environnement urbain, leur effet néfaste sur la santé est à redouter. D’où l’urgente nécessité de les dégager de la ville. Les groupements d’intérêts économiques (GIE) s’attellent à ce travail avec des fortunes diverses.

jpg_une-231.jpgDans la capitale, les ordures ménagères sont transportées des familles aux dépôts de transit avant leur destination finale. Le hic est que les nouvelles zones d’habitation sont dépourvues d’infrastructures urbaines viabilisées. Cette situation fait que dans beaucoup de quartiers de la ville, les rues et les places publiques sont envahies par les ordures de tous genres et les eaux usées. La limitation des moyens de la mairie du district pour faire face aux défis du développement et de modernisation des infrastructures existantes explique cette situation. Les charrettes à traction animale et quelques fois des engins vétustes sont les plus utilisés par beaucoup de GIE pour le transport des déchets des familles vers les dépôts provisoires.

La voirie avec ses camions bennes est chargée de l’acheminement vers les dépôts finaux. Ce maillon de la chaîne est très important dans le dispositif de collecte et d’évacuation des ordures. Vidange. Les charrettes s’occupent de la vidange des poubelles dans les familles. Une fois les charrettes remplies, elles se dirigent vers les dépotoirs. Les habitants nettoient les cours et conservent les ordures dans les poubelles devant leurs portes. Notre capitale est en plein chantier, aux nouveaux quartiers s’ajoutent des routes en cours de rénovation ou de création. Les jardins publics sont aménagés pour embellir la ville et surtout pour fêter en beauté le cinquantenaire de notre indépendance. Mais il y a un aspect qui semble être ignoré par les autorités de la ville : ce sont les conditions de transport des ordures ménage dans la capitale.

C’est désolant de voir qu’après 50 ans d’indépendance, jusqu’à présent la mairie ne dispose pas de moyens appropriés de transport des ordures dans la capitale.

La production de déchets s’accroît à un rythme sans précédent, dans notre pays, et leur élimination, dont les municipalités s’acquittaient sans peine auparavant, est devenue un problème environnemental majeur. Les déchets produits par une ville sont directement liés à sa richesse relative. Dans les pays riches, les déchets ont une faible densité et contiennent de grandes quantités d’emballages, de plastique et de papier. Dans les pays moins riches, ils ont une forte densité et sont très humides explique le directeur adjoint des services urbaines de voirie et d’assainissement (DSUVA), Amadou Konaké.

La DSUVA est un service déconcentré de la mairie du district. Elle s’occupe de l’évacuation des déchets solides au niveau des dépôts de transit à la décharge finale, il fait aussi la pré-collecte dans les services publiques indique le responsable de la DSUVA. Amadou Konaké attire ici l’attention sur le manque de moyens de la DSUVA pour faire face aux énormes quantités d’ordures générées par la ville de Bamako.

C’est aux collectivités de faire en sorte que tous les ménages soient des abonnés des GIE et qu’elles s’acquittent de leurs redevances. Car, les GIE offrent le service de la collecte des déchets au niveau des familles. Ce service est entièrement privé. Si rien n’est fait à ce niveau, on ne viendra jamais à bout de l’insalubrité, avise le spécialiste. Les gens continueront à jeter leurs ordures dans les rues et sur les voies publiques comme on le voit actuellement. Or, le constat est amer. Les 90 % des GIE de Bamako ne disposent que des charrettes pour faire ce travail. Aujourd’hui, la vétusté de ce matériel au niveau de beaucoup de GIE est

à la base de nombreux problèmes dans la chaîne de pré collecte. « Tous les jours les charretiers viennent ramasser les ordures devant ma concession. J’avoue qu’ils le font très mal, parce qu’ils remplissent la charrette et après c’est un problème, parce que tout tombe après eux, ça ce n’est pas un travail sérieux nous confie une autre ménagère du nom de Mariam Sylla, du quartier de Missira. En plus ils ont une drôle de façon de ramasser les ordures, ils vident les poubelles par terre et ramasse ce qui est en haut laissant les sables et autres déchet lourds soi-disant que ça rend lourd la charrette et l’âne ne peut pas tirer a-t-elle ajouté.

Le manque d’hygiène et l’insalubrité du cadre de vie sont ancrés dans les habitudes de bon nombre de Bamakois a déclaré Maïmouna Konaté une promotrice de GIE. La démographie galopante de la ville fait que les GIE doivent faire face chaque jour, des dizaines de tonnes de déchets solides en provenance des ménages, sont acheminés vers les dépôts de transit par les charretiers travaillant pour les GIE », nous utilisons les charrettes parce qu’il sont moins coûteux, et nous faisons tout ce qui est a notre pouvoir pour que les ordures soient bien ramassé. Même si les GIE font correctement le ramassage, mais si la voirie n’évacue pas les dépôts nos efforts resteront vains a-t-elle signalé. Il faut que les familles arrêtent de mettre du n’importe quoi dans la poubelle, parce qu’il y a des ordures qui sont difficiles à transporté, a-t-elle conseillé.

INSUFFISANCE DE Dé-PôtS
Drissa Diarra est un charretier que nous avons rencontré au dépôt de transit de Médina-coura communément appelé dépôt (C.F.P.). Il exerce ce métier depuis plus de six ans. « Je suis un travailleur saisonnier, dans ce métier ce qui est difficile c’est non seulement éloignement du dépôt de transit et le comportement des familles » déclare-t-il.

Selon notre interlocuteur, avec l’éloignement du dépôt de transit, il est difficile de faire plusieurs tours avec la charrette, c’est pourquoi nous remplissons la charrette et là on s’arrête à quelques tours seulement c’est plus rapide. Il est désolant de voir une charrette remplie d’ordure tombée en panne en plein milieu de la route ou dans les rues, s’indigne Tahirou Traoré, un jeune étudiant que nous avons interrogé sur la question lors de nos investigations.

« Il est temps que les GIE et les autorités municipales prennent correctement en main le transport des ordures dans la capitale », s’indigne notre étudiant.

Selon monsieur Konaté, des espaces avait été prévus pour les dépôts de transit. Mais ils ont été destinés à d’autres fins. L’idéal n’est pas les charrettes, mais des véhicules plus appropriés à la collecte et au transport des déchets, affirme le spécialiste. Cependant la manière de conditionner les ordures par les ménages n’est appropriée qu’aux charrettes.

Car, il n’est procédé à aucun tri. Tous les déchets sont mis ensembles dans la poubelle. La direction des services urbains de voirie et d’assainissement, (DSUVA) est confrontée a d’énormes difficultés pour l’assainissement à Bamako. Le service souffre d’un manque criard de matériels de travail et de matériels roulant. Le parc automobile est vétuste. L’âge des véhicules est compris entre 20 et 30 ans.

L’insuffisance et souvent l’inexistence des dépôts de transit en certains endroits est l’un des problèmes majeurs du système. Pour résorber le problème, Amadou Konaké estime que la politique de gestion des déchets urbains doit être entièrement revu et adapté, en fonction des moyens techniques, humains et financiers disponibles, en privilégiant des projets à budget réduit et des systèmes d’exploitation capables de s’autofinancer. Nous devons aller vers une modernisation du transport des ordures comme les bennes à ordures ménagères. Ces véhicules conçus pour la collecte et le transport des déchets domestiques et des déchets volumineux. C’est un des principaux outils de la collecte et du ramassage des ordures ménagères.

Ce matériel permet de charger rapidement, puis de libérer dans une décharge ou un lieu d’incinération, toutes sortes d’ordures et de déchets.

Ce matériel peut servir pendant longtemps s’il est régulièrement entretenu. Les bennes à ordures ménagères sont souvent équipées d’un rotor broyeur qui fragmente et compresse les ordures en les rendant plus facile à transporter et à dépoter.

La lutte contre l’insalubrité a des coûts. Or, aujourd’hui, ce secteur est le parent pauvre aussi bien au niveau des pouvoirs publics que dans le privé. Investir dans l’assainissement en créant des infrastructures et des équipements publiques et individuels, organiser les acteurs et coordonner les activités en impliquant tous les acteurs (pouvoirs publics, collectivités, GIE et populationnistes), sont les seules voies qui offrent une garantie à long terme pour gagner le combat.

Djouma Diabaté

24 aout 2010

L’Essor