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Malgré quelques problèmes ça et là, le Mali a réussi son Salon international du tourisme (Sitour). Les potentialités touristiques ont été révélées à la face du monde. Comme pour dire qu’à cœur vaillant, rien d’impossible.

Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. Le Salon international du tourisme de Bamako (Sitour) a fermé ses portes dimanche 19 octobre au Centre international des congrès de Bamako. Le Sitour, si l’on s’en tient aux propos du directeur national de l’Office malien du tourisme (Omatho), Oumar Balla Touré, a été une réussite.

Première manifestation du genre au Mali, le Salon a permis non seulement de nouer un cadre de concertation et d’échange entre les Maliens eux-mêmes et entre les Maliens et leurs homologues de la sous-région, entre les réceptifs du Sud avec ceux du Nord, mais aussi des institutions financières


Autre point de satisfaction du Salon :
c’est qu’il a réussi à faire venir une vingtaine de tour opérateurs européens et canadiens vendant la destination Afrique de l’Ouest et qui, d’ordinaire, ne sont pas faciles à mobiliser. Une première en Afrique au Sud du Sahara. Neuf pays de la sous-région, 77 stands étaient installés dans deux salles d’expositions.

Des offices de tourisme, des agences de voyages, des structures de gestion du patrimoine culturel et naturel, des établissements hôteliers, des compagnies aériennes, des sociétés de location de véhicules également. Le Salon a aussi réuni des institutions financières (Uémoa), des opérateurs de téléphonie mobile dont des actions concourent à la promotion des destinations touristiques des pays de l’Afrique de l’Ouest.

Selon les organisateurs, l’objectif global a été atteint. Puisque le Salon a permis de mettre en évidence les fortes potentialités touristiques du Mali et des pays participants et a assuré une meilleure visibilité de leurs produits touristiques complémentaires et stimuler la demande touristique.

Depuis que le gouvernement a fait du secteur du tourisme un axe de développement prioritaire, les investissements, a dit le ministre de l’Artisanat et du Tourisme, ont fortement progressé et le secteur est devenu plus visible grâce à une promotion tous azimuts.

Le Mali à en croire M. Ndiaye est devenu l’une des grandes destinations de l’Afrique occidentale. Les arrivées de touristes internationaux ont doublé en 5 ans. « Je voudrais espérer que l’organisation du Sitour permette de consolider les acquis et promouvoir davantage les nouveaux produits ».

Une destination attractive

Aussi, durant toute la saison, les manifestations se suivent à travers tout le pays mais ne se ressemblent pas. Entre le tourisme d’aventure, les séjours culturels, le tourisme solidaire, les voyages d’affaires, l’éco-tourisme, le tourisme durable… le visiteur n’a que l’embarras du choix.

Lors d’un débat télévisé de l’ORTM dimanche 19 octobre, le ministre de l’Artisanat et du Tourisme s’est dit convaincu que le salut de notre tourisme se trouve dans l’élargissement des frontières, ce qui permettrait de faire du tourisme inter-Etats une réalité dans la sous-région.

« Il existe certes des tentatives, certaines agences du Burkina qui vendent le pays Dogon ou Tombouctou et des Sénégalaises qui conduisent leurs clients jusqu’à Kayes. Mais cela n’est pas suffisant, car il faut formaliser ces liaisons, mais aussi concevoir de véritables programmes qui permettront aux touristes d’aller du Sahara jusqu’aux zones forestières et côtières » .

En définitive, le tourisme malien se structure davantage pour mieux se positionner comme une destination attractive. La visibilité des circuits touristiques et des agences de voyages est de plus en plus nette. Ces dernières se professionnalisent pour les besoins d’une activité pourvoyeuse d’emplois et de devises. Et même les guides touristiques naguère décriés par certains visiteurs prennent conscience du parti qu’ils ont à tirer du secteur.

Maintenant, ils sont mieux organisés et les responsables du secteur ont organisé plusieurs sessions de formation à leur intention. Le tourisme malien affiche en ce moment une forme étincelante et ses acteurs entendent rester le plus longtemps possible sur ce nuage.

En cela, il bénéficie de l’accompagnement d’instances internationales de la dimension de l’Organisation mondiale du tourisme et de la Banque mondiale. Le Mali est déterminé à garder sa part de marché, mieux, à prendre encore davantage de parts en vue de faire exploser ses recettes. Chantre de l’unité africaine et de l’intégration sous-régionale, le Mali partage ses ambitions dans le secteur du tourisme avec ses voisins.


Déficit de communication

Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Tout n’a pas été rose pour les organisateurs du Sitour. Il y a beaucoup de choses à parfaire. Mohamed Doumbia, administrateur du Festival sur le Niger, Moustapha Diallo, directeur de la promotion des Offices national de Guinée, Jean-Michel Juloux, président de Savanna Tours (présents dans 25 pays d’Afrique), reconnaissent qu’il y a eu un défaut de communications interne et externe.

Pour M. Doumbia, le nombre de tours opérators (une vingtaine) était insuffisant par rapport aux nombres d’exposants. « Je crois qu’il y a plus de communication à l’international qu’il va falloir faire ». Le président de Savanna Tours, venu pour développer ses ventes et rencontrer les tours opérators a dit être resté sur sa faim. « On n’a pas eu quelque chose comme par exemple organiser un Work Shop entre agences réceptives maliens et tours opérators. On a entendu qu’ils sont venus ». Pour M. Juloux, l’information n’a pas circulé à propos de l’unique soirée Work Shop. Au même moment, M. Diallo, déplorait le manque de communication au niveau de certaines activités qui ont été improvisées sans que l’information ne passe véritablement.

Mais, une certitude : le Salon s’est bien tenu. Ce n’était pas évident. Pour celui qui s’y connaît, organiser un Salon pour la première fois et de le réussir n’est pas chose facile. Pour corroborer les propos de Verschaeve Lavriane de l’Association de coopération pour le développement local des espaces naturels basé en France, qui a présenté au Sitour les actions de la bourse internationale du tourisme solidaire, les attentes ont été comblées.

Ils ont dit


Bernadette Zongo (Office du tourisme du Burkina Faso)

« Je suis très ravi de la manière dont les choses se sont passées. Il nous faut la solidarité pour que nous avancions. Pour un début, nous pouvons dire que ça va. Malgré les petits problèmes ça et là, nous retournons satisfaits ».


Le chef département communication de l’Office du tourisme (Mauritanie)

« Nous avons participé au Sitour en tant qu’invité d’honneur et nous en sommes très ravis. Je suis très satisfait. J’ai eu la chance de faire les grands salons. Mais lorsqu’on m’a parlé de Sitour, j’avais eu quelques appréhensions. Ce n’était pas évident d’organiser un Salon pour la première fois et le réussir. Malgré les quelques problèmes de badges, de personnes omises à la remise des diplômes, tout a été parfait. Les stands, les conférences et autres ».

Moustapha Diallo (directeur de la promotion de l’Office national du tourisme de Guinée) :

« Pour cette première édition, c’est vraiment un coup de maître. Pour nous, le Mali a mis les bouchées double pour réussir le salon. L’optimisme malien a payé. Ça été une opportunité pour nous pour prendre le maximum de contacts. Il y a toujours une première. Il faut faire l’analyse et avoir l’esprit critique en vue de s’améliorer pour les années à venir ».

Amadou Sidibé

21 Octobre 2008