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Dans le programme “African perspective” de la prestigieuse radio “British Brodcasting Corporation” BBC, notre compatriote Salif Keïta était l’invité esclusif pour une émission d’environ 30 minutes. La perle rare de la musique africaine, pendant les 30 minutes, a parlé d’un peu de tout concernant sa carrière, sa vie, les difficultés rencontrées par-ci et par-là.

Né d’une famille noble Keïta, considérée comme les descendants directs du très puissant Soundiata Keïta, Salif après avoir longtemps trimé, a trouvé son chemin d’artiste dans un monde particulièrement basé sur le respect du nom de famille, de l’honneur, de la dignité et de la considération due au rang dans la société.

Des souffrances

Etant un albinos dans la société africaine cela n’était pas une chose facile, surtout au Mali et pire dans un village reculé avec les traditions des ancêtres. A propos de cet état de fait Salif Keïta, dira : “J’ai beaucoup souffert de mon état d’Albinos. Et toutes ces souffrances m’ont permis de voir le monde d’une autre manière de comprendre beaucoup de choses et de savoir voler par mes propres ailles.”Si j’étais noir, j’allais sans nul doute devenir un instituteur quelque part dans un village reculé”, a -t-il ajouté.

Par rapport à la condition des chanteurs dans notre société, Salif Keïta, dans un langage franc dira: “Ici au Mali, les gens n’ont pas de considération pour les artistes (chanteurs), car autrefois, dans les royaumes et les empires, se sont les gens de la basse classe, sans titre ni autorité qui chantaient pour le roi et les nobles de la cour royale. Alors que rien ne pouvait se faire sans ces griots dans la vie du royaume. Et aujourd’hui, les chanteurs sont considérés comme des gens qui ne sont sérieux.


Un plaisir et un choix

Malgré son apparence physique (Albinos) qui le défavorisait par rapport aux autres enfants de son âge, Salif Keïta a dû faire son choix très tôt aux yeux de sa (noble) famille. Toute chose qui l’obligera à abandonner la concession familiale. A propos de ce choix, il a dit : “J’aimais la musique bien avant que je ne commence à chanter. J’étais amoureux de la musique. Vous savez, Dieu ne peut pas donner tout à une personne, il m’a donné juste ce dont j’avais besoins”, a-t-il dit.

Plus qu’un chanteur, Salif Keïta est un philosophe, car le géni de la musique malienne tire son inspiration de toutes ces souffrances qu’il a vécues durant des années entières. Aujourd’hui devenu une star mondiale, Salif Keïta, au-delà de la musique, se bat pour aider les enfants en situations difficiles, particulièrement les jeunes Albinos pour qu’ils ne souffrent pas autant que lui dans leur tendre enfance.


De la politique et de ses oeuvres

En ce qui concerne le monde politique, Salif pense que les hommes politiques d’Afrique ne sont pas sérieux et qu’il faut un changement de mentalité. Interrogé par rapport à la plus belle oeuvre qu’il a réalisée, Salif repondra simplement: “Vous savez, c’est comme si vous demandiez à une mère de montrer son enfant qu’elle aime le plus. J’aime toutes mes oeuvres, car elles représentent toutes la même valeur pour moi. Chaque chanson est quelque chose dans mon coeur que je pense partager avec le monde extérieur”.

En tout cas, cette inspiration divine fait la fierté de tout un pays malgré l’hostilité d’une famille toujours attachée à certaines réalités traditionnelles.

Moussa KONDO (Stagiaire)

28 Juillet 2008