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Si Félix Houphouët Boigny était encore en vie, il aurait eu 103 ans ce 18 octobre 2008. C’est pour cette raison que le plus grand des artistes mandingues a décidé de rendre hommage au Père de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire, à travers une série de concerts qui l’a mené du 17 au 19 Octobre 2008, d’Abidjan à Bouaké, en passant par Yamoussoukro la capitale. Trois jours d’hommage du Lion du Manding à Houphouët ont suffit à la presse locale pour exprimer toute la fierté du peuple d’Eburnie, au nom de son Père fondateur, à l’endroit du Sorcier Blanc du Djoliba.

L’étape d’Abidjan qui marqua le début de cette tournée a vu plus de 5000 spectateurs faire le déplacement pour vivre en direct leurs émotions. Des émotions, l’artiste en a distillées à suffisance à la salle Anoumambo, pleine comme un œuf, d’inconditionnels. De 22h 30 à minuit, il gratifia le public de 10 de ses titres, en non stop, dans une atmosphère carnavalesque qui transforma le Bercy Ivoirien en Night Club géant.

Tous les morceaux étaient repris en chœur par les cinq mille spectateurs qui en ont eu largement pour leur argent (10 000F et 15 000F pour les réservations). Le clou de la soirée fut le morceau merveilleusement interprété en duo par la diva Aicha Koné et Salif Keita qui émerveilla le public. Plusieurs autres artistes ayant chanté Houphouët ont également pris part à ce concert hommage.

Ainsi le King Gadji Celi « réveilla » le Père fondateur en faisant danser la salle avec son morceau fétiche « Sénégal 92 ». Daouda le sentimental, Tchaga, le fils d’Aicha Koné, ont tous joué leur partition à la réussite de ce méga concert hommage. Mais l’honneur vint à Salif Keita, l’idole des foules de clore ce spectacle féerique dont tout le monde souhaitait la prolongation au-delà de minuit, hélas ! Cette même nuit, l’équipe poursuivit son périple vers la Capitale Yamoussoukro et Bouaké dans le centre Nord du Pays.

Pour ne pas se faire conter l’événement, le Président de l’Assemblée Mamadou Koulibaly et plusieurs membres du Gouvernement dont Amadou Koné de l’Intégration Africaine, étaient de la partie.

A Yamoussoukro, la fête hommage prit l’allure d’une messe dans la fondation Félix Houphouët Boigny. Contrairement à Abidjan, la fête est allée au-delà de minuit. Selon un responsable de notre communauté résidant dans la ville, qui a également suivi l’artiste jusqu’à Bouaké, le « Prince du Mandingue » a tout simplement émerveillé le grand public qui s’était déplacé très nombreux pour rendre hommage au Fondateur de Yamoussoukro.

Devant les autorités politiques et administratives de la capitale, Salif Keita a égrené son riche répertoire aux couleurs du riche patrimoine du Mandé. Ce fut sa façon à lui de rendre hommage à l’Apôtre de la paix chez lui et dans sa ville natale, Yamoussoukro.

L’étape de Bouaké qui boucla cette belle tournée hommage fut tout aussi riche en émotion que les deux précédentes. En ce sens que l’étape de cette ville, emblématique de l’ex-rébellion ivoirienne, fut demandée par le premier Ministre himself, pour faire participer la population de la ville, durement éprouvée par six années de guerre à cette fête hommage au Père fondateur de la Côte d’Ivoire.

Notre source nous apprend que la population de la capitale du centre a réservée un accueil digne d’un chef d’Etat à Salif et son orchestre. Le concert qui s’est déroulé le dimanche soir fut un vrai récital. Dans le fief des forces nouvelles, l’artiste a magnifié le sage de l’Afrique qui manque cruellement à son pays.

Cette longue tournée de l’artiste est tombée à point nommé, puisque les Ivoiriens ont soif de paix et ils avaient besoin de se ressourcer, à travers l’hommage que Salif Keita vient de rendre à celui qui décrétait dans son pays la paix comme une religion, toute sa vie durant.
De Gildas, correspondant du Républicain à Abidjan.


23 Octobre 2008