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Pour tous ceux qui ont connu l’actuel président de la Fédération Malienne de Football (FEMAFOOT), M. Salif Keïta, c’est ce footballeur adulé, fin stratège, dribbleur et buteur, qui a débuté au Mali avant de boucler sa carrière de footballeur aux Etats Unis.

Après ses débuts au quartier de Ouolofobougou, en Commune III, Salif Keïta débarquera au Réal de Bamako où l’équipe joua et perdit la finale de la Coupe des Clubs champions en 1966, face au Stade d’Abidjan (RCI). Après cette amère défaite, “Domingo” (comme on le surnomme), décide de partir en France pour le professionnalisme, plus précisément à Saint Etienne en 1967, où il débarque le 14 Septembre de la même année.

Après des débuts difficiles, Salif Keïta marquera son premier but contre Monaco, deux mois après son arrivée à Sant Etienne. Son premier doublé sera face à Ajaccio. Ainsi, ce fut le début d’un long succès. Grâce à “l’Enfant de Ouolofobougou”, Saint Etienne décroche trois titres de champion, de 1967 à 1970, et une Coupe de France en 1970.

Mais malgré son apport, Salif Keïta sera moins rémunéré. Aussi, en Juin 1969, le torchon va brûler entre le joueur malien et son équipe. Se rendant compte qu’il est mal payé, Salif a voulu partir coûte que coûte. Face à ce bras de fer, le président de Saint Etienne de l’époque, M. Richer, obtient, de la Fédération Française de football, la suspension de Salif pendant 6 mois et 3000 FCFA d’amende.

Après avoir purgé sa peine, libre de tout engagement, Salif signe à l’Olympique de Marseille (OM) en 1971. Son premier match avec Marseille a été contre Saint Etienne, où Salif prendra sa revanche en inscrivant 2 buts. Le score final fut de 3 à 1 en faveur de Marseille. Après avoir marqué ses 2 buts, à la fin de la partie, Salif effectua un tour d’honneur en levant son bras en signe de salut vers l’endroit où se trouvait le président de Saint Etienne, M. Rocher.

Alors l’intéressé, M. Rocher obtient de nouveau, de la Fédération Française, une nouvelle sanction contre salif, avec 3000 FCFA d’amende et une suspension de quelques matches. Malgré tout, l’homme (Salif) continue de percer, et tout le monde ne parle plus que de lui. Ainsi sera-t-il surnommé “la Perle noire“. A l’OM, il va inscrire 29 buts en une saison. Et sur 5 saisons, il va inscrire… 125 buts.

Salif Keïta, symbole du patriotisme et du nationalisme

Mais Salif Keïta sera victime de ses succès en football. Grâce à ses talents, son coup d’oeil et ses accélérations, les responsables de l’OM vont lui demander de prendre la nationalité française. Ce que Salif refuse catégoriquement. “J’ai refusé de prendre la nationalité française, car j’avais estimé que je ne serai pas le premier Malien, voire Africain, à faire cela. Je voulais servir d’exemple à mon pays et à mon continent, car le Mali comptait beaucoup sur moi”, s’était-il justifié. Ce qui lui a valu les foudres de tous les Français. Il sera alors traité d’ingrat, d’égoïste…

Les Français -surtout les Stephanois- venaient de trouver ainsi une occasion de haïr davantage celui qui venait de rater la CAN 1972 au Cameroun pour blessure. Face à cet acharnement du public français, Salif émigre à Valence, en Espagne, où il passe 8 saisons, et où il sera même Meilleur buteur du Championnat espagnol.

Notons que Salif Keïta détient le record du Meilleur buteur africain, avec 42 buts. En 1977, il quitte l’Europe pour les USA à Boston, puis à Jackson-ville en 1980. Parallèlement, il suit des cours de marketing. Après 1980, il décide de mettra fin à sa carrière de footballeur et organisera son Jubilé à Dakar, Conakry, Abidjan et Bamako.

En mars 1991, il est nommé délégué auprès du ministre des Sports. En Mars 1993, il crée l’Hôtel Mandé, puis un centre de football qui va porter son nom, où l’équipe accède en Ligue 1 en 1997. En 2005, il est élu président de la FEMAFOOT, après le départ forcé de Tidiane Niambélé.


Sadou BOCOUM

03 Novembre 2008