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L’Université des Sciences Juridique et Politiques de Bamako (USJPB) est minée par la corruption. Pour passer en classe supérieur, il faut acheter la brochure de l’enseignant, s’inscrire en cours privé, mettre des pots de vins sous la table de réclamation. Cette pratique instaurée il y a longtemps par un groupe restreint de professeurs et certains étudiants a de la peine à être combattue aujourd’hui par les autorités universitaires.

L’année universitaire 2011-2012 n’a pas fait exception à la règle. Pour les réclamations, les corrections, la proclamation des résultats, les administrations des deux facultés opérationnelles de l’USJPB, la Faculté de Droit Public (FDPU) et la Faculté de Droit Privé (FDPRI) ont eu à faire face à ce réseau qui freine la bonne marche de l’université. Ces informations ont été révélées à la conférence de presse animée par le Recteur de l’USJPB, le Pr Salif Berthé, le 23 octobre 2012 sur la rentrée universitaire 2012-2013.

C’était en présence de son vice Recteur, Pr Abdoulaye Diarra ; de son secrétaire général, Massa Makan Diabaté, des Doyens de la Fdpri (Cheick Hamallah Fofana), de la Fdpu (Amadou Kéita) et d’autres personnalités du corps enseignant. Pour le Recteur, cette pratique est faite par les enseignants qui sont venus dans l’enseignement par défaut, sans amour pour la profession, qui ne savent pas où aller. Donc, a-t-il dit, ils n’ont pas l’âme de l’enseignant, ils n’ont pas la déontologie, ils se servent de l’école en monnayant leurs notes et non servir l’école. Ces enseignants font-ils cette salle besogne seuls ? Non, a dit le Recteur. Ils le font avec la complicité de certains étudiants qui acceptent de rentrer dans leur jeu. « Quand les enseignants sont corrompus, les étudiants sont des corrupteurs », a souligné Salif Berthé. Ces enseignants entachent l’image de notre structure quand bien même qu’il y a des professeurs valeureux jusqu’à présent.

« On s’est battu cette année contre ce petit groupe d’enseignants qui organisent l’Aeem autour de lui pour entraver la bonne marche des choses. On va continuer à se battre contre eux pour que la minorité n’empêche pas la majorité de travailler et d’étudier dans les bonnes conditions. On est là pour être juste vis-à-vis de ceux-là dont nous avons le sort entre nos mains: les étudiants. Cela passe par l’application des règlements qui régissent l’Université. Il faut que les enseignants aient cette conscience, cette déontologie ». Pour terminer, il a indiqué : « On veut rehausser l’image de l’université. Notre crédo est de lutter contre les mauvaises pratiques. Cela n’est pas facile quand les habitudes sont installées il y a longtemps. Mais nous allons nous donner les moyens de réduire cette situation qui ternit l’image de notre école ».

Les résultats provisoires des examens des deux facultés opérationnelles de Faculté de Droit Public (Fdpu) et Faculté de Droit Privé (Fdpri) sont connus. Au niveau du Fdpu, sur les 17.563 étudiants qui ont composé, 9.250 ont été déclarés admis, soit 52,66% de taux de réussite. A la Fdpu, 5.502 étudiants ont réussi avec succès sur les 11.977 ayant examiné, soit 45,79%. Les réclamations sont en train d’être traitées pour mettre les étudiants dans leurs droits avant de publier les résultats définitifs et les mettre à la disposition des autorités. Les préparatifs de la rentrée 2013 vont bon train, a-t-il fait savoir. Pour 2013, l’université n’accueillera pas plus 2000 nouveaux bacheliers. Cela, a expliqué le recteur, à cause du problème de place et de l’effectif déjà pléthorique de l’Université.

Hadama B. Fofana

Le Républicain du 24 Octobre 2012