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La bataille de Tessalit du mardi 14 février aura, sans conteste, constitué un tournant dans la guerre que les bandits armés du MNLA nous ont imposée. Elle a été soldée par une cuisante défaite pour les » rebelles » En effet, des sources sécuritaires font état d’une centaine de morts, 50 prisonniers et 70 véhicules détruits du côté des » rebelles « . Pour qui connaît l’inclination des bandits armés à emporter leurs morts, vaille que vaille, le bilan pourrait être plus lourd. En piètres stratèges, ils sont benoîtement tombés dans le piège tendu par l’armée qui les a attirés sur elle pour mieux les faire pilonner par les hélicoptères de combat.

Un malheur ne venant jamais seul, cette défaite intervient au moment où l’étau se resserre lentement mais sûrement sur les » rebelles » au plan diplomatique. Paris, après s’être gargarisée d’illusion, a fini par se rendre à l’évidence : le gouvernement français s’est fait avoir par les voyous du MNLA. Des voyous qui ont fait miroiter à ses yeux qu’ils étaient capables de lutter efficacement contre les éléments d’AQMI, donc d’aider à faire libérer, au besoin, les otages français détenus par ceux-ci quelque part dans le Sahara malien. Les Français ont même fini par réaliser que le MNLA flirte avec certains islamistes au cas où ils n’agissent pas de concert. Que faire des alliés aussi encombrants qui, sur le terrain, s’illustrent par des dérapages sanglants ?

Les actes qu’ils ont posés, notamment les atrocités d’Aguel Hoc et les viols collectifs par eux commis à Ménaka sur de pauvres femmes, prouvent à suffisance qu’ils sont plutôt une bande d’aigris sociaux assoiffés de sang et de sexe. Les Etats-Unis, à leur tour, viennent de condamner sans ambages les actes barbares perpétrés par les bandits armés du MNLA et compagnie dont les méfaits font du mal au peuple malien et sont de nature à alliéner la marche de la démocratie malienne citée en exemple en Afrique, voire à travers le monde. Sans compter les témoignages de sympathie et de solidarité que notre pays a reçus de la part d’autres acteurs de la communauté internationale à l’image du nouveau président de l’Union africaine, le Béninois Yayi Boni. Tous ont compris qu’une déstabilisation du Mali, un pays situé au cœur de l’Afrique et héritier de vieilles civilisations, n’arrangerait personne.

Amoindris militairement, de plus en plus isolés diplomatiquement, discrédités aux yeux de ceux-là mêmes qu’ils considéraient naguère comme leurs alliés, que peuvent faire maintenant les bandits armés du MNLA ? Rien, sauf à entreprendre, avec la complicité de certains media internationaux, une campagne d’intoxication ou des actions désespérées qui ne feraient que précipiter leur chute. Il est heureux que, sur le plan de la communication, les autorités maliennes ne leur ont pas laissé le terrain de l’initiative, comme peuvent l’étayer les récents éclairages apportés sur les antennes de RFI par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Soumeylou Boubèye Maïga.

Bravo la vaillante armée dont certaines troupes comprenant même des éléments venus dela Libyequi ont mené la bataille de Tessalit sont commandées par un Touareg et un Arabe, en l’occurrence El Hadj Gamou et Ould Meidou ! Comme quoi la guerre contre les bandits armés du MNLA n’est pas une affaire de couleur de peau, mais une lutte juste contre les ennemis dela République, une minorité d’égarés qui a choisi de se mettre au ban de la société.

Yaya SIDIBE

17 Février 2012