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Les policiers de la capitale voguent actuellement sur un nuage. En moins d’un mois, ils ont enchaîné les victoires sur les bandes qui écument la capitale et perturbent le sommeil des paisibles citoyens. Ainsi, après la chute de Souleymane Papa Diarra, de Bamou Touré, de Bassidiki Touré et son lieutenant Soumaïla Traoré, un autre caïd de la pègre urbaine malienne vient de faire les frais de l’efficacité de la police nationale. Sékou Ouattara alias Nakata (en référence à un acteur japonais qui joue le méchant) vient de chuter. Ce coup fumant est l’œuvre des éléments de la brigade de recherche et de renseignements du contrôleur général Abdoulaye Sow.

Ils ont réussi l’exploit de mettre le grappin sur l’un des plus féroces compagnons de Bamou Touré. Nakata qui n’a pas été avare en révélations nous a livré les clés pour comprendre l’enchaînement des braquages et des vols dans la capitale. Après son arrestation, seul Cobra reste dans la nature. Mais Soungalo Oumar Diarra, comme tous ses collègues chefs BR des commissariats de Bamako ont juré sur l’honneur de le mettre à l’ombre très bientôt. L’arrestation de Cobra n’est donc plus qu’une question de jours, selon un inspecteur très célèbre dans la capitale.

Mais en attendant prenons connaissance des aveux de Nakata. Nos lecteurs qui ont suivi la belle série des policiers de la capitale se souviennent sûrement de certains noms et même de certaines affaires. Le 18 juillet dernier, aux environs de 4 heures du matin, la boutique de consommables informatiques Konaris sur la rue R.D.A, face à l’école fondamentale de Missira, a été cambriolée.

Le même jour vers 08 heures, le tenancier et propriétaire Mamoutou Konaté s’est présenté au Commissariat de Police du IIIe Arrondissement de Bamako. Il a porté plainte et précisé que les deux vigiles chargés d’assurer la sécurité des lieux ont été menacés de mort par des individus portant cagoule et braquant des armes à feu. Les assaillants après avoir maîtrisé les gardiens, ont défoncé la porte et se sont emparés d’une importante quantité de téléphones portables dont celui de l’un des deux gardiens neutralisés.

Armes à feu.

Faisant suite à cette plainte, les limiers du contrôleur général Abdoulaye Sow ont adressé une réquisition aux différents opérateurs de téléphonie mobile de la place. Ils ont répondu favorablement en fournissant les informations souhaitées. L’exploitation des résultats a permis de localiser Bamou Touré à Bagadadji. Il sera interpellé le 1er août par les éléments de la Brigade de recherche du commissariat de police du IIIe Arrondissement. Interrogé de façon sommaire dès son arrivée dans le bureau de la BR, Bamou Touré a reconnu avoir participé au cambriolage de la boutique Konaris.

Il citera comme complices Madou Traoré, Soungalo, Baye, Diop et Salam. Il ajoutera, plus tard, qu’en compagnie des nommés Soungalo Traoré, de Sékou Ouattara alias Nakata, Madou Traoré et Wahou, il avait également participé à l’organisation de l’évasion de Cobra à partir du Ier arrondissement.

Ces différentes opérations montées par les grands bandits ont été exécutées au moyen d’armes à feu. D’ailleurs une perquisition à domicile a permis de mettre la main sur une arme à feu de marque italienne, trois armes blanches et deux gaz anti-agression. Bamou Touré a été mis sous mandat de dépôt. Le 22 juillet, vers 15 heures, Idrissa Diakité s’est présenté à la police. Il a déclaré que ses deux boutiques contiguës au marché de Médine avaient été cambriolées.

Il a ajouté que les cambrioleurs ont emporté la somme 750.000 Fcfa et un téléphone portable. Les recherches entreprises par les éléments de la Brigade de recherches du commissariat de police du IIIe arrondissement Bamako ont abouti à l’interpellation de Toumani Sangaré alias Michel. Il vivait au marché de Médine à la date du 27 juillet dernier.

Au cours de son interrogatoire dans les locaux de la BR, Toumani Sangaré alias Michel a reconnu les faits. Il a déclaré avoir commis le forfait en compagnie des nommés Oumarou et Issa. Mais il n’a pas donné d’autres précisions sur leur identité. Il a été découvert sous sa garde à la colline du marché de Médine une somme de 395.000 Fcfa enterrée dans le sable.

Michel, le récidiviste, venait de purger six mois de prison à Bollé pour des infractions similaires. Il avait atteint la majorité au cours de cette détention. Il vient d’être conduit encore devant le Procureur de la République près le tribunal de première instance de la Commune II du District de Bamako. Il a été mis de nouveau sous mandat de dépôt. Le 02 août 2010, à 22 heures 46 minutes, Djelissolomany Sissoko, griot de son état et domicilié à Quinzambougou s’est présenté à la BR.

Il était accompagné de ses neveux Cheickna Sissoko et Cheick Makanguilé. Ils ont déclaré avoir été victimes de coups et blessures volontaires. Les agresseurs étaient armés de machettes, de couteaux et de bâtons. Les auteurs de ce forfait forment une bande de forbans dirigés par Sékou Dembélé dit Bouafitini du quartier de Bakaribougou.

Le corps ensanglanté.

Quarante-huit heures plus tard, à 21 heures 20 minutes, Adama Sangaré, ouvrier domicilié à la zone Industrielle s’est présenté à la police. Il avait le corps ensanglanté. Il a déclaré avoir été battu par une dizaine d’individus armés de manchettes et d’armes à feu. Il a ajouté que Sékou Dembélé dit Bouafitini, Bourama Traoré, Oumar Coulibaly dit Dougoutigui, Datineni, Solo, Crosbi et Modibo dit Van ont participé à son passage à tabac. Vingt-quatre heures auparavant les nommés Bouafitini, Bourama Traoré et Oumar Coulibaly avaient été interpellés.

Ils ont été conduits par les éléments de Brigade de Recherche au Commissariat de Police du IIIe Arrondissement de Bamako. Suite à l’affaire Konaris, le 03 août dernier, Sékou Ouattara alias Nakata, surnommé également « Ivoirien » a été interpellé par les éléments de la Brigade de Recherches.

Il a été conduit au IIIe Arrondissement de Bamako. Lors de son interrogatoire, il reconnaîtra sa participation au cambriolage des deux boutiques électroniques appartenant à Mamoutou Konaté. Ce commerçant est aussi propriétaire des boutiques Konaris de Djélibougou et Missira.

Nakata a affirmé avoir brisé les cadenas au moyen d’une paire de cisailles appartenant à Bamou Touré. Il a aussi révélé que Bamou Touré et Madou Traoré étaient munis d’armes à feu au cours du cambriolage. Il soutient avoir également participé à l’opération pour faire évader Cobra qui était gardé au Ier Arrondissement de Bamako. Le truand Sékou Ouattara précise avoir transporté Cobra aussitôt après son évasion à Boulkassoumbougou chez Madou Traoré.

Soungalo Traoré, Madou Traoré, Bamou Touré, Baseydou alias Wahou, Baye Diop et Sékou Ouattara sont les auteurs de plusieurs braquages récents sur des motocyclistes de la capitale, selon les aveux de Nakata. Les engins volés sont mis à la disposition d’un certain « Policikè » chargé de les écouler sur le marché noir.

Combien d’engins ont été mis dans la gibecière de la bande ? Personne ne le sait. Même Nakata avoue ne pas avoir une idée correcte du nombre. Mais le total des engins captés lors des braquages est élevé. Outre les engins, toutes sortes d’objets utiles figurent dans le butin des bandits. Le lot inclut des téléphones, de l’argent en espèces, des montres et des engins à deux roues.

Les receleurs se recrutent dans tous les milieux. Souvent les acheteurs ne savent pas qu’ils font du recel d’objet volé. En effet, les éléments de la bande sont bien connus dans leur quartier comme des personnes respectables. Personne ne peut subodorer à prime abord que la demeure de Bassidiki Touré à Kanadjiguila est la propriété d’un vulgaire criminel.

Gamer A. Dicko

L’Essor du 09 Août 2010.