Partager

Les avantages liés au statut d’opposition seraient-ils à la base du conflit larvé qui oppose aujourd’hui les partis politiques qui se sont déclarés de l’opposition? Dans tous les cas, le spectacle que nous offrent les groupes parlementaires PARENA-SADI et RPM permet désormais de jeter le doute sur la crédibilité de ce que sera cette opposition qui se dessine.

Ibrahim Boubacar Kéïta et son parti viennent de recevoir un niet catégorique de l’opposition parlementaire incarnée par le duo PARENA-SADI. Un groupe parlementaire qui, en toute franchise, a eu le courage de s’assumer pour sauver la face, contrairement à un président du RPM pendant longtemps hésitant.

Lors de la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire PARENA-SADI a été superbement ignoré, d’où son choix d’opter pour l’opposition.

A la surprise générale, le RPM qui pourtant figure dans ledit bureau, avec deux postes, a jugé bon de se rallier à l’opposition pour la simple raison que le groupe qui s’en est officiellement déclaré n’a pas été pris en compte dans la composition du bureau parlementaire.

Aussi, les Tisserands, dans une déclaration en date du 26 septembre 2007, s’insurgeaient contre le non respect du fait majoritaire dans la composition dudit bureau. Car le groupe parlementaire PARENA-SADI, fort de 9 députés, n’a eu droit à aucun poste, contrairement aux groupes parlementaires MPR et CNID, qui comptent respectivement 8 et 7 députés.

IBK, qui soutient ne pas cautionner la parcimonie, s’est aussitôt empressé de réunir autour de lui les caciques du RPM pour analyser la situation. Ils décidèrent alors de… faire appel à une déclaration de feu Kadari Bamba, et de suspendre leur participation au bureau parlementaire jusqu’à ce que soit réparé ce qu’ils ont appellé “une injustice politique délibérément créée par la majorité parlementaire”.

En effet, si Kadari Bamba vivait encore, le RPM n’allait pas faire durer le suspens sur ses nouvelles orientations politiques, depuis le retrait du groupe RPM de la législature dernière suscité par le président du RPM. Mais comme le dit l’adage, “lorsque le chat n’est pas là, les souris dansent.” Aussi, selon les observateurs, IBK a profité de l’absence de Kadari Bamba pour entraîner le parti vers sa perte de notoriété.

Les faits en eux-mêmes sont éloquents: en l’espace de 5 mois, le RPM a signé deux cinglantes défaites. D’abord à la présidentielle, ensuite aux législatives où, de 44 députés, le parti a dégringolé jusqu’à 11 élus.

Et même là encore, le parti aurait pu rester objectif dans ses démarches. Mais IBK et les siens ont préféré faire la “politique de l’autruche”, toute chose qui a faussé le jeu au sein du FDR, cet autre front regroupant les partenaires du RPM, lesquels ont vite fait de se chercher.

De la fin de l’élection présidentielle à l’élection des députés dans les instances parlementaires sous-régionales et régionales, en passant par la composition du bureau parlementaire, le RPM est resté cloué dans sa position. Et d’aucuns, d’affirmer qu’IBK voulait d’abord s’assurer de son élection au parlement panafricain avant de se prononcer. Aussi aurait-il profité de l’exclusion du groupe parlementaire PARENA-SADI pour rectifier son tir.

Aux dires d’un militant, le parti ne se serait pas laissé trimbaler de la sorte, au vu et au su d’un Kadari Bamba, s’il vivait encore. Toujours est-il que la tentative de rattrapage du camarade IBK fut un échec. Et son opération de charme à l’endroit du groupe parlementaire PARENA-SADI a été sans effet, car ce dernier ne serait apparemment pas disposé à s’encombrer d’un parti aussi turbulent que le RPM.

C’est du moins ce qu’on peut retenir de la teneur du communiqué émanant du groupe parlementaire PARENA-SADI qui, tout en se disant satisfait de la prise de position du RPM pour l’opposition, lui demande de reconsidérer sa position vis-à -vis du bureau parlementaire.

Me Amidou Diabaté, le Dr Oumar Mariko et leurs affidés auraient différemment apprécié la prise de position des Tisserands si elle avait eu lieu le jour de la composition du bureau.

Autrement dit, au duo PARENA-SADI, IBK et ses amis semblent donner l’impression d’avoir joué au médecin après la mort. Comme quoi, on ne peut pas vouloir une chose et son contraire, semble-t-on dire du côté dudit duo parlementaire. De son avis, être d’accord avec l’exclusion du groupe un moment, et ne pas l’être après frise l’inconséquence politique.

Or, la toute nouvelle opposition parlementaire a-t-elle aujourd’hui besoin d’inconséquence politique? Apparemment non !

En effet, lors d’un séminaire- atelier organisé en partenariat avec la fondation Frédérich Ebert, IBK a claironné: “On peut être 11 et être au rang des autres…On peut être 11 et s’illustrer par la qualité des débats, et cela, loin de toute parcimonie”.

Alors question : pourquoi, avec ses 11 députés, le RPM a-t-il accepté que la vedette de l’opposition parlementaire lui soit ravie par le groupe parlementaire PARENA-Sadi qui n’a que 9 députés?

Il faut donc convenir que pour un parti qui sait être objectif, le nombre d’élus ne saurait constituer un obstacle. C’est peut-être aussi pour cette objectivité politique que le groupe parlementaire PARENA-SADI n’entend pas donner l’opportunité au parti des Tisserands de venir le“divertir”.

Car, pour ledit groupe, l’attitude du RPM n’est que diversion. Mais derrière cette diversion, que cherchent réellement IBK et ses poulains? Cherchent-ils à manifester leur solidarité envers le groupe parlementaire PARENA-SADI? Ou ont-ils subitement eu le goût de s’arroger le rôle du chef de file de l’opposition?

Toujours est-il qu’il faudra, à IBK et compagnie, une autre démarche plus convaincante pour persuader, de leur bonne foi, le duo Me Amidou Diabaté- Dr oumar Mariko. Deux personnalités qui, bien qu’ayant jusque là rencontré des infortunes politiques diverses, sont pourtant loin d’être des néophytes en la matière.

Adama S. DIALLO

1er octobre 2007.