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BRUITS SOURDS

Les événements du 22 mars avec leur corollaire d’insécurité ont plongé notre pays dans un marasme économique sans précédent. Le secteur économique a été frappé de plein fouet. Les entreprises qui alimentent les caisses de l’Etat par leurs taxes et impôts ferment les unes après les autres et/ou licencient leur personnel. Le Trésor public, la banque de l’Etat, est à sec. Il ne peut plus faire face au paiement des salaires des fonctionnaires. S’il a tenu jusque-là, c’est parce que les salaires payés entre mars et avril étaient déjà budgétisés.

L’Etat est désormais obligé de se tourner vers les banques privées pour payer ses agents. Ainsi le salaire du mois de mai 2012 a été réglé par une banque de la place. Les mois à venir risquent d’être durs pour tout le monde, car bien malin est qui sait combien de temps les banques pourront tenir encore. Dans des entreprises, à défaut de compresser le personnel, des avantages en nature et en liquide ont été coupés ou diminués pour tenir le coup.

Tiéna Coulibaly dans les pays du Golfe : le fric à tout prix

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, Tiéna Coulibaly, est à la recherche d’argent frais pour renflouer les caisses de l’Etat désespérément vides. Depuis quelques jours, le locataire de l’Hôtel des finances a pris son bâton de pèlerin en direction des pays du Golfe persique. Objectif : trouver de « l’aumône » dans ces pays pour donner quelques bouffées d’oxygène aux finances publiques.

Les entreprises nationales tournant au ralenti, les impôts et les douanes ne peuvent plus faire face à leurs objectifs de recettes annuelles. Pis, notre pays est sur le ban de la communauté internationale à cause de l’irruption des militaires sur la scène politique. Les aides bilatérales et multilatérales ont été coupées. La Banque mondiale a gelé plus de 600 milliards de F CFA d’aide à notre pays.

Insécurité : les banques tiennent leur CA à l’extérieur

« L’argent a horreur du bruit », dit l’adage. Rarement les conseils d’administration des banques se tiennent en dehors de notre pays. Mais depuis quelque temps, certaines banques de la place à capitaux mixtes tiennent leur conseil d’administration hors du Mali, loin des regards indiscrets. Selon nos informations, la situation d’insécurité trouble le sommeil des banquiers. Le Mali est devenu un bateau sans gouvernail. Des militaires, qui se croient tout permis, rançonnent ou tentent d’arrêter qui ils veulent sans motif valable. Le gouvernement dans son impuissance pond juste un communiqué pour se désolidariser de ces arrestations sans mandat d’arrêt.

Tombouctou : Ançar Eddine interdit la ville au MNLA

Les combattants du Mouvement national de libération de l’Awad (MNLA) sont interdits de séjour dans la ville de Tombouctou armes au poing ou munis de leur drapeau. Ançar Eddine et MNLA les deux grands occupants du Nord, qui tentaient un moment de signer un accord pour créer un Etat au nord du Mali ne se sont pas entendus sur l’application de la charia. Depuis lors, Ançar Eddine, qui a son siège à Tombouctou, traite le MNLA de mécréant et ne veut plus sentir ses combattants. Si ceux-ci veulent rentrer dans la ville des 333 Saints, ils sont contraints de laisser armés et bagages à l’entrée de la ville. L’application de cette nouvelle décision a dégénéré en bagarres rangées entre les deux mouvements il y a quelques jours. Dans cette bataille, des combattants du MNLA ont été tués.

ORTM-Amap : le PM pour la rotation des reporters

« Chat échaudé craint l’eau froide », dit un autre adage malien. Depuis l’éclatement de la désormais affaire Aïssata Ibrahim Maïga, présentatrice du journal télévisé à l’ORTM, qui a été choisie pour couvrir le déplacement du Premier ministre à Alger, Paris, Nouakchott, Cheick Modibo Diarra veille lui-même au grain. Pour éviter qu’il ne soit plus accusé de s’immiscer dans le choix du reporter de l’ORTM (surtout lorsque celle-ci est une femme), le chef de gouvernement de pleins pouvoirs a décidé que les journalistes de l’ORTM et de l’Amap doivent l’accompagner par rotation dans ses missions officielles hors du pays. Ainsi, pour son départ au Burkina Faso la semaine dernière, une nouvelle équipe de journalistes l’a suivi.

IBK-Mali 2012 : les présumés assassins de Dioncounda Traoré dans les rangs

Le regroupement IBK-Mali 2012, du nom d’Ibrahim Boubacar Kéita, président du Rassemblement pour le Mali (RPM) et candidat à la présidentielle avortée du 29 avril 2012 a tenu un forum de sortie de crise le samedi 24 juin. Y ont participé tant à l’ouverture qu’à la clôture des membres influents de la Coordination des patriotes du Mali (Copam). Le président de la Copam, Hamadoun Amion Guindo, Younouss Hamèye Dicko, Boubacar Bouaré, président de « Yéré wolo ton » se sont faits remarquer dans la salle.

Boubacar Bouaré, président de « Yéré wolo », arrêté dans l’agression du président de la République Dioncounda Traoré et remis en liberté provisoire la semaine dernière reste toujours égal à lui-même. Il s’est confié à la presse en menaçant qu’il n’est pas d’accord avec la prorogation du mandat des députés. Selon lui, « ces derniers vont quitter l’Assemblée nationale au soir du 29 juillet 2012″. Voilà les mêmes propos va-t-en-guerre proférés contre Dioncounda Traoré par les mêmes membres de la Copam qui avaient tenté de l’assassiner et qui se retrouvent au Forum d’IBK-Mali 2012. Quelle coïncidence !

Les Echos du 26 Juin 2012