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Sur le bassin du fleuve Niger, les débits prévus pour 2010 sont supérieurs ou égaux à la normale, en dehors du haut du bassin pour lequel une situation normale à tendance déficitaire est prévue.
Au cas où cette prévision se réalisait avec une bonne répartition temporelle des pluies, les productions agricoles et pastorales pourront être équivalentes à supérieures à la moyenne dans les pays du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS). Cependant, il existe un risque élevé de fortes pluies pouvant provoquer des inondations, occasionner des dégâts importants, y compris des pertes de superficies emblavées.

Ces conditions humides seront également favorables au développement des ennemis des cultures, notamment les sautereaux et les criquets pèlerins, pour lesquels la surveillance et les mesures de prévention devront être renforcées. Sur le plan hydrologique, la prévision dans le bassin du fleuve du Niger fait craindre des inondations catastrophiques. Déjà, du fait de l’occupation croissante et la dégradation du réseau hydrographique dans ce bassin, on assiste, ces dernières années, à une fréquence plus importante des inondations.

La gestion des barrages, comme celui de Manantali, devrait tenir compte de cette situation hydrologique excédentaire, probable pour la saison 2010. Les écoulements excédentaires prévus dans différentes parties du bassin du Niger font également craindre des inondations. Toutefois, cette situation excédentaire en saison de pluie dans le Niger moyen et inférieur ne devrait pas être interprétée comme une situation d’abondance absolue en ressources en eau. En effet, la prévision dans la partie amont du bassin est normale à tendance déficitaire. Ce qui pourra avoir un impact négatif sur la disponibilité des eaux dans le reste du bassin en saison sèche.

Or, c’est surtout durant cette période que la demande en eau est plus importante. Que ce soit pour la gestion du barrage de Sélingué, l’irrigation dans le Delta intérieur, la production énergétique du barrage de Kainji dans le Niger inférieur ou la navigation sur l’ensemble des tronçons. La situation du déficit pluviométrique prévue aux cotes du golfe de Guinée n’affectera pas significativement les écoulements des bassins du Volta et de la Comoé.

Sur le plan agricole, cette prévision peut, en cas de démarrage normal de la pluie, être mise à profit pour augmenter les superficies sous les cultures à haut potentiel de rendement (maïs, riz, sorgho) ou de rente (coton, arachide), en y apportant les quantités recommandées de fertilisants. Il est à noter que l’enherbement et les attaques de déprédateurs (insectes et maladies) pourraient constituer une contrainte majeure au cours de cette saison.

Il est alors nécessaire de conduire en temps opportun les opérations culturales (semis, sarclage, démariage, apport de fertilisants, traitements phytosanitaires si possible, etc.) suivant les recommandations de la recherche agricole.

Mohamed Daou

22 Juin 2010