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Dans un rapport publié en 2008, Alioune Badiane, directeur d’ONU Habitat pour l’Afrique, désignait la ville de Saint-Louis comme la plus menacée d’Afrique par la montée des eaux. En cause, selon lui, le changement climatique, mais aussi l’ouverture d’un canal artificiel. Le recul du fleuve au profit de l’océan a fait disparaître les poissons d’eau douce. Une transformation brutale des écosystèmes, qui s’est aussi traduite par un manque à gagner pour les pêcheurs. Même conséquence pour les agriculteurs, pour qui la salinisation des terres a anéanti toute activité de maraîchage et d’élevage. Malgré les dommages qu’a provoqué le canal, aucun de ces réfugiés climatiques n’a touché d’aide financière de l’Etat, qui avait pourtant promis aux habitants de nouveaux logements. Si la brèche a épargné Saint-Louis des crues du fleuve depuis 2003, la solution n’est que provisoire. Et la « Venise africaine » reste confrontée à d’autres dangers majeurs.Aux inondations et aux dégâts provoqués par la brèche, s’ajoute un troisième phénomène naturel: l’érosion des côtes accentuée par le changement climatique. Le professeur Sy tire la sonnette d’alarme. Et préconise la construction d’ouvrages de protection pour éviter que la ville ne s’affaisse dans l’océan. « Chaque année, plusieurs maisons s’effondrent. Certaines populations sont très menacées. Saint-Louis doit réagir très vite, avant que les habitants ne se retrouvent les pieds dans l’eau ». AFP.