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Les Maliens de Saint-Denis en France sont en deuil suite à l’incendie d’un immeuble qui a fait un mort et plusieurs blessés.

Les parents de Bemba Koné ne pouvaient imaginer un seul instant qu’un incendie fatal allait emporter leur fils parti depuis 2003 en France à la recherche d’un mieux-être. Son corps a été rapatrié mardi.

D’après nos informations, l’incendie serait parti dans la nuit du 25 au 26 avril, d’une bougie que les occupants du « célèbre » squat de la rue Saint Michel département 93 (Saint-Denis), utilisent souvent pour éclairer leur appartement à défaut de l’électricité que la mairie aurait coupée en raison de factures impayées.

Le drame a fait un mort et de nombreux blessés dont deux de nos compatriotes qui se trouvent dans un état comateux. Le défunt, Bemba Koné, Sékou pour les intimes, était sans titre de séjour, une situation qui l’avait poussé à trouver refuge dans un squat de trois immeubles contigus de cinq niveaux occupé essentiellement par des Maliens, des Ivoiriens, des Sénégalais…

Au lendemain du drame, nos sources affirment qu’une délégation du consulat du Mali était sur place pour constater les dégâts. « Depuis ce jour, plus rien, c’est chacun pour soi dieu pour tous », déplorent-elles. Aussi, selon le témoignage d’un de nos compatriotes que nous avons joint au téléphone, la majorité des occupants de l’immeuble se trouve aujourd’hui dans la rue sans que les autorités municipales de Saint-Denis daignent apporter une solution de récasement.

« Les gens sont dans la rue, certains passent la nuit dans les garages ou dans les couloirs alors qu’en ce moment il pleut et le froid persiste », avoue, amer, notre témoin qui révèle qu’une des victimes de l’incendie, malgré son titre de séjour, a plusieurs fois vu sa demande de relogement refusée par la préfecture.

Face à cette situation en France, considérée comme un pays de droit, des Africains n’ont souvent d’autre choix que de trouver refuge dans des maisons et immeubles abandonnés. Ces maisons, sont dans la plupart des cas « inhabitables », leur système d’électrification et de plomberie étant vétuste, des situations qui les exposent à toutes sortes de périls.

Les incendies des immeubles habités par des Africains sont très fréquents en France. L’on se rappelle que l’année dernière de nombreux Africains dont quatre Maliens ont péri dans l’incendie d’un immeuble. Nos compatriotes de France seront-ils laissés à eux-mêmes ? Nous ne saurons le dire, mais toujours est-il que les autorités françaises ne font pas de leur relogement une priorité.

Amadou Waïgalo

07 Mai 2008