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Dans le Nord du Mali, les djihadistes utilisent le prétexte de la charia pour assouvir les désirs criminels : sévices sexuelles, trafics de femmes et de drogues, enrôlement d’enfants- soldats dans les unités djihadistes… tout ou presque du comportent des maîtres du Nord les éloigne des principes de l’islam, une religion de paix.

Huit mois après la prise des principales villes du Nord Mali, le monde découvre avec stupeur le véritable visage des seigneurs de l’islam radical. De Tomboctou à Gao, en passant par Kidal jusqu’à Douentza, les populations subissent les exactions imposées par les mouvements terroristes : viols, enrôlement d’enfants dans les unités djihadistes, trafic de femmes et de drogue… C’est le triste bilan que dénoncent plusieurs rapports d’experts ainsi que la presse locale nigérienne. Cette dernière rapporte que deux islamistes du groupe du Mujao ont été pris en flagrant délit dans une affaire de mœurs sexuelles le lundi dernier à Tombouctou.

L’Agence nigérienne de presse précise que les deux hommes ont été pris, apparemment sur dénonciation, dans une habitation située non loin d’une station essence, en flagrant délit de viol, selon les informations recueillies par des témoins oculaires. Pour l’heure, même s’il y avait aucune confirmation pour savoir si les victimes avaient été forcées, il n’en demeure pas moins que la sœur d’une d’entre elles s’est par ailleurs confiée à la presse en indiquant que sa sœur âgée de 21 ans avait été amenée de force par deux hommes aux alentours de 19h alors qu’elle revenait d’une course. Les informations relevant de cas de mœurs sexuelles sont fréquentes depuis le début de l’occupation islamiste qui prône l’instauration de la charia au Nord du Mali.

Dans la même veine, des informations confirmées à Gao stipuleraient que des jeunes femmes sont vendues pour moins de 1.000 dollars. C’est l’un des témoignages rapportés par le Sous-secrétaire général de l’ONU aux droits de l’homme, rentrant d’une visite de 4 jours dans le pays. Les femmes seraient vendues et forcées à se remarier, s’alarment les ONG de défense des droits de l’homme. L’envoyé de l’ONU rapporte également que les groupes terroristes, sont en train d’établir des listes de femmes en vue de les forcer à se marier.

Les terroristes « achètent également des enfants aux familles pour en faire des soldats, en échange de 600$ (466Ä) par enfant », a expliqué Ivan Simonovic, qui a dépeint un « tableau sombre » des informations qui parviennent du Nord. Ces deux informations renseignent sur le véritable visage des nouveaux occupants du Nord-Mali (AQMI et MUJAO) devenant ainsi les tristement célèbres partisans de l’application, de la loi islamiste (la charia) à Gao et Tombouctou.

L’Unité de Fusion et de Liaison (UFL), un mécanisme de Renseignement de huit pays de Sahel, ne cesse d’attirer l’attention des décideurs politiques et militaires sur les tentatives d’exploitation des préceptes de l’islam par les terroristes et leurs relais au Sahel à l’effet de gagner la sympathie des populations de l’espace commun. Les différentes manifestations populaires anti-terroristes organisées à Gao et Tombouctou confirment la prise de conscience des citoyens. D’après l’Agence nigérienne de presse, des témoignages recoupés à Gao font état du recrutement récent par le MUJAO d’une vingtaine d’adolescents. Ceux-ci vont être initiés aux activités terroristes.

Agés entre 13 et 16 ans, ces recrues qui ne possèdent aucune expérience « militaire », s’occupent depuis leur recrutement, de la préparation de la nourriture pour les éléments armés. Ils sont mêmes exploités sexuellement par les chefs terroristes qui font recours à cette méthode pour déstabiliser psychologiquement les victimes et les apprivoiser. Cette pratique aurait cours depuis le mois de mai dernier, sur instruction des chefs terroristes. Des membres du MUJAO sillonnent périodiquement, les mosquées, les marchés et les lieux publics à Gao afin de convaincre les adolescents à adhérer à l’action terroriste, indiquent plusieurs sources.

Un récent communiqué de presse de l’UNICEF a révélé que « l’Agence onusienne aurait reçu des informations selon lesquelles des groupes armés dans le Nord du pays recrutent des enfants à des fins militaires ». Dans l’ensemble, on estime à 175 garçons, âgés de 12 à 18 ans ont été directement associés à ces groupes armés dans le Nord.

Saturnin N. COULIBALY

Sidwaya

Source: Lefaso.net
18 Octobre 2012