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Du 14 au 18 décembre prochain, le Mouvement séparatiste du Polisario organisera à Tifariti son 12e congrès.

Tifariti est une localité qui se situe dans la zone tampon (un no man’s land) déclaré officiellement en 1990 à l’issue de l’adoption du plan de règlement par les Nations Unies. Il faut aussi ajouter que les arrangements techniques établis par la MINURSO pour assurer le plein respect du cessez-le-feu, proclamé le 6 septembre 1991, devaient lui permettre de veiller à ce que la zone dite : «à l’Est du Mur», évacuée par le Royaume du Maroc, soit exempte de toute présence militaire ou installations civiles.

C’est sur cet espace de no man’s land que le Polisario veut organiser des rassemblements en faisant déplacer des centaines de personnes et en assurant leur encadrement par des éléments militaires, habillés en civil pour la circonstance.

Dans ses manœuvres de diversion, le Mouvement séparatiste du Polisario est aidé par son principal et traditionnel soutien (l’Algérie). Déjà, le secrétaire général de l’ONU a tenu à faire savoir aux responsables du Front Polisario que le fait de vouloir organiser son 12e congrès dans la zone tampon en faisant déplacer des centaines de personnes et assurer leur encadrement par des éléments militaires, habillés en civil pour la circonstance «constituent une violation de l’accord militaire N°1» (rapport S/2005/254 du 19 avril 2005 et S/2007/207 du 30 avril 2007 et «contribuent une exacerbation des tensions sur le terrain et peuvent provoquer une détérioration de la situation le long du mur de défense» (rapport S/2005/648 du 13 octobre 2005).

En choisissant d’organiser les festivités de son 12e congrès dans une zone tampon de surcroît sous le contrôle de la MINURSO, le Front Polisario reste donc fidèle à sa stratégie de défiance systématique de la légalité internationale. Faut-il en effet rappeler que suite à la proposition marocaine concernant le projet de l’autonomie pour les provinces du Sud – projet faut-il le souligner qualifié de sérieux et de crédible par la communauté internationale à travers la résolution 1754 du Conseil de sécurité – des négociations directes furent ouvertes entre les différents protagonistes dans ce conflit sous l’impulsion des Nations Unies : Maroc, Polisario et Algérie. Objectif : déboucher sur une solution politique consensuelle sans altérer la souveraineté marocaine.

C’est ainsi que deux rounds de négociations ont eu lieu à Manhasset (New York) avec la participation de tous les protagonistes. Un troisième round est également prévu au cours de ce mois de décembre 2007.

C’est donc en prévision de cette rencontre que le Mouvement séparatiste du Polisario et son principal et traditionnel soutien (l’Algérie) en manque d’inspiration et complètement en déphasage avec la géopolitique actuelle veulent mettre à profit ce 12e congrès prévu à Tifariti, en instrumentalisant politiquement l’événement pour prétendre à une représentativité de la population sahraouie.

Mais la réalité sur le terrain a aujourd’hui complètement changé. La population sahraouie aspire plus que jamais à la paix et, dans ses rangs, le Front Polisario ne représente plus qu’une fraction limitée et minoritaire de la véritable population originaire de la région du Sahara. Le constat qui s’impose est qu’aujourd’hui la très grande majorité de la population de la région vit au Maroc et participe à la vie politique, économique, sociale et culturelle du Royaume du Maroc.

L’ambassadeur du Royaume du Maroc au Mali, son excellence Idriss Fadhil, représentant personnel du Roi Mohamed VI, a aussi tenu à faire entendre la position de son pays par rapport à la tenue du 12e congrès du Polisario à Tifariti situé dans la zone tampon.
Dans une correspondance datée du 4 décembre 2004 signée de l’ambassadeur Idriss Fadhil et déposée à notre rédaction, il ressort ce qui suit : «l’organisation du congrès avec faste par le Polisario et par son principal soutien inconditionnel et traditionnel des autorités algériennes est destiné à détourner l’attention des observateurs sur les conditions déplorables et misérables des séquestrés de Tindouf en Algérie dues notamment aux détournements de l’aide humanitaire à des fins politiques».

Toujours selon l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Mali, son Excellence Idriss Fadhil «le déplacement contre leur gré, des populations encadrées par des éléments militaires habillés en civil, dans une zone dangereuse, constitue une manœuvre éhontée et une violation grave et un déni flagrant des droits de l’homme les plus élémentaires de ses populations exhibées à des fins politiques médiatiques».

Et de conclure enfin «que le danger qui guette la dynamique de paix par les manœuvres du Polisario et de l’Algérie qui visent à instrumentaliser politiquement la tenue de ce congrès et à torpiller la dynamique positive engendrée par l’initiative marocaine de l’autonomie risque de casser le processus de négociation entamé à Manhasset (New York)».

Il y a donc sans nul doute des arrières pensés politiques véritables derrière ce pseudo congrès qui doivent aujourd’hui être mises à nu. Les actes de provocation du Polisario et de l’Algérie visant à déstabiliser le processus de négociation en cours sous l’égide des Nations Unies ne divertiront personne. La marche vers une solution politique consensuelle, sans altérer la souveraineté marocaine, est désormais enclenchée et elle est irréversible.

Birama Fall

07 Décembre 2007.