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Elle est interprétée non seulement comme une main tendue de l’Alliance à l’endroit des autorités algériennes mais
aussi et surtout une rupture avec l’attitude d’indifférence face aux incursions des groupes terroristes islamistes sur le territoire malien.

Si les informations publiées le mercredi dernier, 27 septembre 2006, sur le « blog » de l’Alliance Démocratique du 23 mai pour le Changement se révélaient réelles, les tribus nordiques du Mali viennent alors d’entrer
dans la croisade contre le terrorisme international.

En effet, le site internet des ex-insurgés du 23 mai dernier affirme la mort de trois principaux chefs de la direction militaire du GSPC (Groupe Salafiste pour
la Prédication et le Combat) résidant au Sahara, des suites d' »accrochages mortels entre des éléments de l’Alliance et la direction militaire » du groupe salafiste.

Aucune autre source ne confirme pour l’instant ces
allégations. Mais l’annonce d’un affrontement entre les éléments du fameux GSPC et ceux de l’Alliance démocratique suscite bien d’interrogations. Les raisons de ces affrontements ne sont pas connues. A priori, les éléments
de l’Alliance n’ont pas de raisons à s’en prendre au Groupe Salafiste.

Pendant longtemps, les tribus nomades du Sahara ont été considérées comme des complices des groupuscules terroristes algériens qui s’infiltrent le
plus souvent au Mali ou au Niger pour échapper à la traque des forces régulières de leur pays. Selon la même source, l’Alliance Démocratique cherche à montrer à Alger sa bonne foi pour une bonne collaboration.

Ainsi, le geste serait une reconnaissance tacite de l’Alliance envers les autorités algériennes qui l’ont sauvé d’une certaine mauvaise passe après les événements du 23 mai 2006 au Mali.

Les Salafistes auraient donc été
une monnaie d’échange dans le no man’s land saharien. Mais si l’on en croit la principale source de l’information, l’objectif de cette opération va au-delà d’un simple marchandage entre les protagonistes sur le terrain.

Pour le « blogger« , l’Alliance veut prouver à l’opinion internationale qu’elle « n’a rien de commun avec les
Salafistes
« .

C’est effectivement un scénario plausible car une des grosses surprises de l’Alliance a été son
isolement sur le plan international.

De forts soupçons pèsent sur certains de ses plus hauts responsables d’être proches de courants islamistes orthodoxes.

En tout cas, si l’annonce n’est pas un canular, le GSPC vient de connaître une saignée profonde qui pourrait l’affaiblir pour longtemps, puisque le successeur d’El Para aurait trouvé lui aussi la mort au cours
de cette opération.

Une des lacunes de ces informations parcellaires est que du côté de l’Alliance, c’est le flou total en termes de victimes.

Soumaïla T. Diarra

29 septembre 2006.