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En réponse aux difficultés conjoncturelles et structurelles du Mali pour faire face à la crise alimentaire, le Premier ministre Modibo Sidibé a décidé de prendre le taureau par les cornes. C’est ainsi qu’il a conçu et mis en œuvre un programme ambitieux dénommé “Initiative Riz”. Au titre de la campagne agricole 2008-2009, le Mali devrait avoir l’autosuffisance alimentaire en riz en produisant 1 618 323 tonnes de riz paddy, largement au dessus des besoins nationaux estimés à 90 000 tonnes.

Le reste de la production, soit 100 000 tonnes devrait être exporté. Si la campagne agricole a été une réussite avec un taux de réalisation de 100, 36%, la commercialisation pose problème. Les consommateurs payent aujourd’hui le kg du riz à un prix largement au dessus de leur bourse. Les spéculations sont passées par là car, les commerçants sont devenus des producteurs et les producteurs des commerçants.

L’initiative riz sabote !

Il n’y a aucun doute, la campagne agricole 2008-2009, surtout en ce qui concerne le volet initiative riz a atteint un taux de réalisation de plus de 100%. Le riz a bien donné avec une bonne pluviométrie répartie dans le temps et dans l’espace. Outre la clémence du ciel, le gouvernement a consenti d’énormes efforts en subventionnant les engrais et les semences.

Il a également recruté 102 nouveaux agents pour l’encadrement des producteurs. Ces efforts ont suscité l’engouement de plus d’un pour la culture du riz. Des coton-culteurs ont abandonné la production du coton au profit du riz. De Kayes à Tombouctou en passant par Ségou, Sikasso, Mopti pendant l’hivernage, on voyait des champs de riz à perte de vue.

Les efforts du gouvernement lui ont coûté environ 12 milliards de francs CFA. Pour compenser ces efforts, le prix du kg du riz devrait être à la bourse de tous les Maliens. Mais hélas ! Les commerçants sont devenus des producteurs et vice versa. Conséquence, l’initiative riz est en passe d’être saboté. Le riz coûte aujourd’hui plus cher au marché par rapport à la même période de l’année dernière.

Les commerçants et les producteurs dos au mur

Le gouvernement, conscient de la menace et des difficultés des consommateurs, a mis les producteurs et les commerçants face à leur responsabilité. Un protocole d’accord tripartite : gouvernement-producteurs-commerçants a été signé le 7 février 2009.

C’est le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce qui a signé ledit protocole d’accord au nom du gouvernement, tandis que c’est Bakary Togola de l’APCAM qui a engagé les producteurs et Jeamille Bittar de la CCIM, au nom des commerçants céréaliers.

Par ce protocole d’accord, les producteurs se sont engagés à livrer le riz à 250 F le kilo aux commerçants qui, à leur tour, doivent céder le même kilo aux consommateurs à 300 F CFA. Pour faire partager l’information, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), M. Jeamille Bittar a convié tous les céréaliers à une assemblée générale le 10 février 2009 dans la salle de conférence de la CCIM.


L’appel du gouvernement aux commerçants

L’occasion était également bonne pour Bittar de parler du 1er Salon International pour les Transports en Afrique de l’Ouest (SITRAO) que le gouvernement organise du 12 au 15 mars prochain, de la 4ème Conférence Islamique de l’OCI du 25 au 27 février 2009 à Bamako, de l’organisation d’un voyage d’affaires en Iran très prochainement ainsi que de nombreuses facilités de dédouanement des véhicules initiés par le gouvernement. Les commerçants sont invités à prendre part à toutes ses activités.

Daba Balla KEITA

12 Février 2009